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Du Heil Hitler au eye-liner

Lise-Marie Ranner-Luxin
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Lise-Marie Ranner-Luxin
Directrice de la rédaction
Fondatrice du site, Lise-Marie aime la culture et sa ville Paris. Elle a travaillé dans la presse magazine féminine et informatique ainsi que dans la mode....
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Berlin en pleine crise de nerfs. Sven Liebich, 54 ans, militant néonazi multirécidiviste et ancien gourou de groupuscule d’extrême droite, s’est rebaptisé Marla-Svenja et réclame désormais son transfert… en prison pour femmes. L’ex-« chef en uniforme » des défilés nostalgiques du Reich joue la carte du changement de genre, facilité depuis un an par une réforme voulue par l’ex-chancelier social-démocrate Olaf Scholz, battu aux dernières législatives.

Néonazi en léopard : Liebich refait le coup du travesti politique

Cheveux peroxydés, sac à main à chaînette et rouge à lèvres écarlate, l’ex-haranguer des foules racistes s’est présenté devant le tribunal comme pour un sketch de mauvais goût. Celui qui traitait hier les personnes trans de « parasites » et de « tapettes » brandit ses nouveaux papiers d’identité pour exiger des conditions de détention plus douces. Le voilà aujourd’hui en blonde platine, léopard moulant et rouge à lèvres criard, réclamant son ticket d’entrée… en prison pour femmes. Marla-Svenja, a trouvé le moyen de transformer sa peine en show politique. Opportunisme ? Provocation ? Les deux sans doute.

Car le but est clair : se moquer de la loi sur le changement de genre, régulièrement conspuée par l’extrême droite. Sauf qu’ici, la caricature s’invite derrière les barreaux. Les associations LGBTQ+ y voient surtout une tentative grossière d’instrumentalisation, motivée autant par la haine que par l’envie de quitter les cellules pour hommes.

Travesti pour la cause… ou pour le confort ?

Condamné en 2023 pour ses éternelles pitreries fascistoïdes, l’ancien chef de bande à croix gammées a flairé la combine. Une loi allemande de 2024 permet de changer de genre à l’état civil par simple déclaration. L’extrême droite la hait, lui s’en délecte : « Regardez vos réformes, je m’en sers pour aller draguer les conditions de détention des femmes », balance-t-il, hilare, à ses suiveurs.

Quand la provocation tourne en dérision la loi

Résultat : tempête politique à Berlin. L’AfD jubile, dénonçant une « absurdité légale » et un « effet pervers » de la réforme. Les Verts, à l’inverse, défendent le texte bec et ongles. Valérie Wilms, députée écologiste et figure trans, fulmine : « Ce n’est pas une transition, c’est un crachat sur nos droits. » et tempête contre « une récupération ignoble ». À droite, ça patine. La CDU, au pouvoir, veut maintenir Liebich derrière les barreaux masculins tout en bricolant des garde-fous légaux. Quant à l’AfD, elle jubile, exhibant le cas Liebich comme preuve vivante de l’« absurdité woke ». Le ministère de la Justice s’est prononcé pour que le condamné reste enfermé avec les hommes, tout en promettant d’« ajuster » la loi, peut-être via un contrôle médical ou psychologique.

Berlin en guerre culturelle permanente

L’affaire dépasse les murs de la taule. Elle résume la fracture allemande : une société qui s’ouvre aux identités multiples, et une extrême droite qui transforme chaque avancée en sketch pour faire reculer le curseur. Liebich n’en est qu’un clown de plus, mais un clown qui réussit son numéro : faire trembler la scène politique.

En attendant, la justice doit trancher sous quinze jours. Avec, en filigrane, une question brûlante : où finit la revendication, où commence la provocation ? En Allemagne, le cas Liebich a déjà ravivé une guerre culturelle où l’extrême droite raffole de détourner les combats qu’elle déteste.

Sources :

Euro News

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Fondatrice du site, Lise-Marie aime la culture et sa ville Paris. Elle a travaillé dans la presse magazine féminine et informatique ainsi que dans la mode. Grande fan du New Yorker, Vogue et Harper’s Bazaar, c’est de ces prestigieuses revues qu’elle s’est inspirée pour créer Rapporteuses.com, des revues avant-gardistes qui ont contribué à l’émancipation des femmes, en matière de mode, de société, d’art et de littérature.
Un commentaire
  • Néonazi en léopard Le meilleur pied de nez contre le wokisme, en plus il est mignon il va bien s’amuser pendant ces 18 mois de prison.

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