À Bruxelles, le 22 octobre 2026, The Okwelians, think tank camerounais, a tenté de déplacer le centre de gravité des relations entre l’Afrique et l’Europe. À l’approche du huitième sommet entre les deux continents, l'organisation défend l'idée politiquement ambitieuse que les Africains ne doivent plus être les spectateurs des investissements qui engagent leur avenir. © DR / The Okwelians

Le Cameroun veut bousculer les règles du jeu entre l’Afrique et l’Europe

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À quelques jours du sommet Russie-Afrique organisé les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, une autre bataille diplomatique se jouait à Bruxelles. Le 22 octobre, The Okwelians, think tank camerounais présidé par Jacques Jonathan Nyemb, réunissait diplomates, responsables européens, entrepreneurs et acteurs de la société civile autour d’une question décisive : comment sortir d’une relation Afrique-Europe encore trop souvent pensée à travers le prisme de l’aide et des intérêts européens ? Avec plus de 3 500 membres répartis dans 19 pays, cette organisation entend faire entendre une autre voix : celle d’une Afrique qui ne veut plus seulement accueillir les investissements, mais participer à la définition de son avenir économique.

Il y a quelque chose de révélateur dans le calendrier. À quelques jours d’intervalle, Bruxelles et Moscou ont accueilli deux séquences diplomatiques qui racontent, chacune à leur manière, la compétition d’influence dont le continent africain est devenu l’un des principaux terrains. Les 22 octobre, à Bruxelles, des représentants européens et africains se retrouvaient à l’initiative de The Okwelians, un think tank camerounais, tandis que le 28 et 29 octobre, le sommet Russie-Afrique organisé à Moscou rappelait que les puissances extérieures continuent de courtiser un continent dont les ressources, les marchés et le poids diplomatique sont devenus stratégiques.

Mais derrière les poignées de main, les déclarations de coopération et les promesses d’investissement, une question revient avec insistance : qui décide réellement des termes du partenariat avec l’Afrique ?

C’est précisément sur ce terrain que The Okwelians entend intervenir. Accueilli par l’European Centre for Development Policy Management (ECDPM), son dialogue de haut niveau organisé dans la capitale belge ne se voulait pas une nouvelle rencontre protocolaire entre responsables institutionnels. L’ambition affichée était au contraire, de remettre les économies africaines au centre de la discussion et, surtout, de faire entendre les acteurs qui restent trop souvent à la périphérie des négociations : entreprises locales, organisations de la société civile, entrepreneurs, chercheurs et diasporas.

Bruxelles, le 22 octobre 2026. Jacques Jonathan Nyemb, réunissait diplomates, responsables européens, entrepreneurs et acteurs de la société civile. © DR / The Okwelians

Cependant, le sujet dépasse largement le Cameroun, et touche à une contradiction ancienne des relations entre les deux continents. L’Europe parle de partenariat, mais les mécanismes de coopération ont longtemps été structurés autour d’une relation asymétrique : d’un côté, ceux qui financent, définissent les priorités et fixent les conditions ; de l’autre, ceux qui reçoivent les financements et doivent composer avec des agendas qui ne correspondent pas toujours à leurs besoins.

Cette architecture est aujourd’hui contestée, car l’Afrique dispose de davantage de leviers pour la remettre en question.

Une relation qui cherche encore son équilibre

Depuis plusieurs décennies, les relations entre l’Union européenne et l’Afrique sont traversées par un paradoxe. Les deux continents sont voisins, leurs économies sont interdépendantes et leurs intérêts convergent sur des sujets aussi déterminants que l’énergie, le climat, les matières premières, la sécurité alimentaire ou les migrations. Pourtant, cette proximité ne s’est pas toujours traduite par une relation économique équilibrée.

L’histoire coloniale continue de peser sur les imaginaires et les rapports de force. Mais le problème ne se limite pas à la mémoire. Il se retrouve dans les circuits commerciaux, les conditions d’accès aux marchés, le financement des infrastructures et la place réservée aux entreprises africaines dans les grands projets internationaux. Trop souvent, le continent exporte ses ressources sans maîtriser suffisamment leur transformation industrielle. Il fournit des matières premières, tandis que la valeur ajoutée, les technologies et une partie des emplois qualifiés se développent ailleurs.

Or, cette question est devenue particulièrement sensible avec la transition énergétique européenne. Le cuivre, le cobalt, le manganèse ou le platine sont indispensables aux nouvelles technologies et aux infrastructures nécessaires à la décarbonation. L’Afrique centrale, notamment, possède des ressources qui intéressent directement les industries européennes. Mais extraire ces minerais ne suffit pas à construire une économie prospère. Encore faut-il disposer des capacités industrielles pour les transformer, former les travailleurs, développer les entreprises locales et conserver une part significative des richesses produites.

Le Parlement européen lui-même a reconnu cette difficulté dans une résolution adoptée le 8 octobre 2026 sur les relations commerciales et les investissements entre l’Afrique et l’Europe. Le texte souligne que l’Union européenne demeure le premier investisseur étranger en Afrique, mais que la participation du continent au commerce et aux investissements mondiaux reste limitée au regard de son potentiel économique et démographique. Il appelle notamment à développer les capacités industrielles africaines, à transformer localement les matières premières et à mieux intégrer les petites et moyennes entreprises aux chaînes de valeur.

Ce constat donne une résonance particulière à la démarche de The Okwelians. Le think tank ne demande pas uniquement davantage de capitaux européens, et pose une question plus exigeante : à quelles conditions ces capitaux peuvent-ils contribuer à la transformation des économies africaines, plutôt que de reproduire les mécanismes qui les maintiennent dans une position de dépendance ?

Le Global Gateway, entre promesse européenne et attentes africaines

L’Union européenne n’est pas restée immobile face à ces critiques. En 2021, elle a lancé le programme Global Gateway, présenté comme une stratégie d’investissement destinée à renforcer les connexions entre l’Europe et ses partenaires. Pour l’Afrique, une enveloppe pouvant atteindre 150 milliards d’euros d’investissements avait été annoncée à l’occasion du sommet Union africaine-Union européenne de février 2022.

Transports, énergie, infrastructures numériques, santé, éducation : les secteurs concernés sont considérables. Sur le papier, l’initiative répond à plusieurs besoins fondamentaux du continent. Elle permet aussi à Bruxelles de défendre ses intérêts stratégiques face à la montée en puissance de la Chine, dont les investissements dans les infrastructures africaines ont profondément modifié le paysage économique de ces dernières années.

Mais l’argent annoncé ne constitue pas, à lui seul, une politique de développement. Encore faut-il savoir quels projets seront financés, qui en définira les priorités, quelles entreprises pourront y participer et comment les bénéfices seront répartis. C’est précisément sur ce point que les critiques africaines se font entendre. Plusieurs travaux de l’ECDPM, l’organisme qui a accueilli la rencontre bruxelloise de The Okwelians, soulignent les difficultés de l’Europe à concilier ses objectifs de sécurité économique et de compétitivité avec les ambitions industrielles et climatiques des pays africains. La coopération ne peut fonctionner durablement si les priorités européennes prennent systématiquement le dessus sur celles du continent partenaire.

Cette tension est loin d’être théorique. Quand l’Europe investit dans une infrastructure énergétique, cherche à sécuriser son approvisionnement en minerais ou finance un corridor de transport, elle poursuit des intérêts légitimes. Mais les pays africains doivent également pouvoir déterminer ce que ces projets apporteront à leurs populations : des emplois, des compétences, des infrastructures accessibles, des entreprises capables de se développer et des recettes publiques. La différence entre une relation commerciale et un véritable partenariat se joue précisément là. C’est précisément sur cette thématique que The Okwelians entend faire évoluer la discussion en défendant une coopération fondée sur la création de valeur locale. L’approche consisterait donc à rapprocher les institutions, les investisseurs et les acteurs économiques des territoires afin que les projets ne soient pas conçus uniquement depuis les capitales européennes ou les sièges des grandes organisations internationales.

Moscou, Pékin, Washington : l’Afrique n’a plus un seul interlocuteur

Comme souligné plus haut, le calendrier de cette initiative bruxelloise n’est pas anodin. Les 28 et 29 octobre, le troisième sommet Russie-Afrique s’est tenu à Moscou, et quarante-huit pays africains y étaient représentés, dont une vingtaine par leur chef d’État ou de gouvernement. Vladimir Poutine a défendu une coopération renforcée dans les domaines de l’énergie, des matières premières, de l’agriculture, de la sécurité et des technologies. Les participants ont notamment adopté une déclaration commune et un plan d’action pour la période 2027-2029.

La Russie cherche à se présenter comme un partenaire qui ne conditionne pas ses relations à l’alignement politique de ses interlocuteurs. Elle mobilise notamment le souvenir du soutien soviétique aux mouvements de libération africains et dénonce ce qu’elle décrit comme une forme de néocolonialisme occidental. Mais cette rhétorique ne doit pas masquer les limites de son engagement économique. Selon Chatham House, les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique ont atteint environ 27 milliards de dollars en 2025, très loin des volumes enregistrés par l’Union européenne ou la Chine. L’influence russe demeure particulièrement visible dans les domaines militaire et diplomatique, tandis que ses résultats économiques restent plus inégaux.

Pour les gouvernements africains, cette multiplication des partenaires représente une marge de négociation supplémentaire. La Chine, la Russie, les États-Unis, les pays du Golfe, la Turquie et l’Union européenne proposent des modèles de coopération différents, avec leurs intérêts propres et leurs conditions. Aucun de ces acteurs n’agit par pure philanthropie, et c’est justement ce nouvel environnement qui modifie la position africaine. Le continent n’est plus condamné à choisir entre un partenaire historique et un autre. Il peut mettre en concurrence les offres, diversifier ses alliances et chercher à obtenir de meilleures conditions pour ses économies.

Mais, encore faut-il disposer d’une stratégie commune et de capacités de négociation suffisantes, car la multiplication des partenaires ne garantit pas automatiquement une meilleure répartition des richesses. Elle peut aussi conduire à une concurrence entre puissances pour l’accès aux ressources, sans que les populations locales en tirent nécessairement profit.

La question n’est donc pas de savoir si l’Afrique doit se tourner vers l’Europe, la Russie ou la Chine. Mais plutôt de savoir si elle peut définir elle-même les règles de ses relations avec chacune de ces puissances.

The Okwelians, du plaidoyer à l’expérimentation

C’est dans cette recomposition des rapports de force que le positionnement de The Okwelians prend tout son sens. Fondé en février 2020 et présidé par Jacques Jonathan Nyemb, le think tank revendique une communauté de plus de 3 500 membres répartis dans 19 pays. Sa particularité tient à son nom même : il se définit comme un « Think Do Tank », autrement dit une organisation qui ne veut pas se contenter de produire des analyses et des recommandations, mais entend les traduire en projets concrets.

À Bruxelles, cette ambition s’est matérialisée par la présentation d’une note de position consacrée à l’avenir de la coopération économique entre l’Union africaine et l’Union européenne. L’organisation y défend cinq initiatives destinées à répondre à des enjeux très concrets.

La première, la Coalition ORCA, vise à renforcer les chaînes de valeur locales. L’objectif est de permettre aux entreprises africaines de prendre davantage de place dans la production et la transformation des richesses du continent. La Foire de l’Employabilité Rurale entend, de son côté, faciliter l’insertion professionnelle des jeunes, notamment dans les territoires éloignés des grands centres économiques.

L’Institut Afrique-Europe pour l’Innovation Verte entend rapprocher recherche scientifique, savoirs locaux et innovations écologiques. Le Fonds de solidarité OVF ambitionne de faciliter l’accès des femmes au financement, au mentorat et aux marchés. Enfin, la Maison de la Confiance pour la Paix et la Prospérité veut faire du dialogue territorial un outil de prévention des conflits.

Cinq initiatives qui traduisent la même volonté de faire du développement économique un processus qui profite directement aux populations et aux territoires. Renforcer les entreprises locales, faciliter l’accès des jeunes à l’emploi, ouvrir davantage de perspectives de financement aux femmes, rapprocher la recherche des réalités du terrain et prévenir les tensions territoriales : autant de leviers que The Okwelians entend placer au cœur des futurs partenariats entre l’Afrique et l’Europe.

Le think tank formule également plusieurs propositions à destination des institutions et des investisseurs européens. Il plaide notamment pour une concertation permanente avec les acteurs locaux, l’intégration de critères de contenu local dans les appels d’offres, un meilleur accès des PME camerounaises aux marchés et des mécanismes indépendants permettant d’évaluer les retombées économiques et sociales des investissements.

Pourtant, derrière ces recommandations se trouve une question rarement abordée avec suffisamment de précision dans les grandes déclarations diplomatiques : combien d’entreprises africaines bénéficient réellement des projets financés par les partenaires internationaux ? Combien d’emplois sont créés sur place ? Quelle part des matières premières est transformée localement ? Et surtout, qui peut vérifier que les engagements annoncés ont effectivement été tenus ?

C’est justement sur cette exigence de résultats, et ce fil conducteur que The Okwelians cherche à faire évoluer le débat, en passant des intentions aux réalisations concrètes.

La diaspora, un pont économique encore sous-exploité

Un autre aspect des discussions bruxelloises mérite attention : la place accordée aux diasporas africaines. Longtemps appréhendées principalement à travers les transferts d’argent vers les familles restées au pays, elles constituent aussi un réseau de compétences, de relations professionnelles et de connaissances des marchés européens.

Entrepreneurs, ingénieurs, chercheurs, financiers, cadres dirigeants ou spécialistes des nouvelles technologies, ces femmes et ces hommes peuvent faciliter les rapprochements entre entreprises africaines et européennes. Ils connaissent souvent les deux environnements économiques, leurs contraintes administratives et leurs pratiques commerciales. Ils peuvent ainsi jouer un rôle d’intermédiaire, mais aussi devenir investisseurs et partenaires à part entière. Pour un pays comme le Cameroun, cette ressource humaine est loin d’être négligeable. Elle peut contribuer à faire circuler les savoir-faire, à accompagner l’internationalisation des entreprises et à favoriser l’émergence de nouveaux projets industriels.

Encore faut-il dépasser une conception de la diaspora comme simple source de financement. Son apport ne se mesure pas uniquement à l’argent envoyé au pays, mais aussi à sa capacité à participer aux décisions économiques et à construire des passerelles durables entre les deux continents.

Le Cameroun comme laboratoire d’une ambition continentale

Pourquoi le Cameroun ? Le choix n’est pas dépourvu de logique. Situé au carrefour de l’Afrique centrale et du golfe de Guinée, le pays dispose de ressources agricoles, énergétiques et minières, mais également d’un potentiel industriel et humain qui pourrait lui permettre de jouer un rôle régional plus important. La transformation de ces ressources constitue cependant un défi majeur. Comme dans plusieurs économies africaines, l’enjeu consiste à ne pas rester cantonné à l’exportation de matières premières, mais à développer des activités capables de produire davantage de valeur sur le territoire national.

L’ambition défendue par The Okwelians dépasse donc les frontières camerounaises. Le développement de chaînes de valeur régionales, la circulation des marchandises, les infrastructures et l’intégration économique pourraient bénéficier à l’ensemble de l’Afrique centrale.

Cette perspective rejoint celle de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui cherche à développer le commerce entre les pays africains et à réduire leur dépendance aux marchés extérieurs. Mais cette intégration ne pourra fonctionner sans infrastructures adaptées, sans harmonisation des règles commerciales et sans entreprises suffisamment solides pour affronter la concurrence régionale et internationale. En rapprochant les acteurs économiques camerounais des réseaux européens d’investissement, The Okwelians cherche ainsi à inscrire les ambitions nationales dans une dynamique plus large.

La présence, à Bruxelles, de représentants de la Commission européenne, du Parlement européen, de diplomates camerounais, ivoiriens et congolais, ainsi que de personnalités du secteur privé et de la société civile, témoigne de cette volonté de décloisonner les discussions. Parmi les participants figuraient notamment Yanis Arnopoulos, président d’Eurocham Cameroun, Kalvin Soiresse Njall, député du Parlement bruxellois, Lobna Jeribi, ancienne ministre tunisienne, et Viwanou Gnassounou, président d’Africa Political Outlook.

Autre point à souligner, The Okwelians et Eurocham Cameroun souhaitent notamment rapprocher les priorités exprimées par les acteurs locaux des réseaux d’entreprises et d’investisseurs. Une démarche qui suppose de ne plus considérer les organisations économiques africaines comme de simples interlocuteurs secondaires, mais comme des partenaires capables de participer à la conception des projets.

Une ambition qui devra faire ses preuves

Reste une difficulté que les discours sur le partenariat ne suffisent pas à résoudre. Un think tank, même bien implanté dans les réseaux diplomatiques et économiques, ne dispose pas du pouvoir de décision des gouvernements, des institutions financières ou des grandes entreprises. Il peut faire circuler des idées, rapprocher des interlocuteurs, documenter les besoins et proposer des solutions. Il ne peut pas, à lui seul, modifier les règles du commerce international ni contraindre un investisseur à privilégier les entreprises locales.

La réussite de cette démarche dépendra donc de sa capacité à transformer les rencontres en engagements vérifiables. Les propositions de Bruxelles devront elles, trouver des relais auprès des décideurs publics camerounais, des institutions européennes et des investisseurs privés. Elles devront aussi être évaluées à l’aune de leurs résultats : financements effectivement mobilisés, entreprises accompagnées, emplois créés, accès des femmes aux marchés et retombées économiques pour les territoires.

C’est précisément le défi auquel The Okwelians entend donner une suite. Les réflexions engagées dans la capitale belge doivent alimenter The Okwelians Summit 2027 (TOKS2027), prévu du 17 au 19 mars à Yaoundé. Placé sous le thème « Cameroun 2035 : co-construire le paradigme de la prospérité partagée », ce rendez-vous doit réunir décideurs publics, entreprises, investisseurs, société civile et membres de la diaspora.

Pour Jacques Jonathan Nyemb, le président de l’organisation, l’enjeu est de changer de posture. « Le Cameroun ne doit pas seulement être une destination d’investissements, mais un acteur de la définition des partenariats économiques qui engagent son avenir », affirme-t-il.

La formule résume une revendication qui traverse aujourd’hui toute une partie du continent qui ne souhaite plus être le territoire où les autres viennent chercher des ressources, mais devenir un espace où se décident les conditions de leur exploitation et de leur transformation.

Au fond, la rencontre de Bruxelles met surtout en lumière un enjeu qui dépasse le seul rapprochement entre le Cameroun et l’Europe, à savoir celui de la capacité des pays africains à peser sur les décisions économiques qui engagent leur avenir. Alors que les grandes puissances multiplient les partenariats pour accéder aux ressources et aux marchés du continent, l’Afrique entend faire valoir ses propres priorités. Reste à transformer ce poids stratégique en emplois, en capacités industrielles et en richesses qui profitent durablement à ses populations.

The Okwelians ne détient évidemment pas la réponse. Mais en tentant de faire entrer les entreprises, les citoyens et les acteurs de terrain dans une conversation longtemps dominée par les États et les bailleurs de fonds, le think tank camerounais rappelle qu’un partenariat ne devient équilibré que lorsque les deux parties ont leur mot à dire sur ses règles, ses priorités et ses bénéfices. Et c’est peut-être là que commence la véritable indépendance économique.

Plus d’infos :

The Okwelians

Jacques Jonathan Nyemb

ECDPM

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