À deux pas de l’Opéra Garnier, sur cette portion de Paris où le luxe flirte avec le sacré, Operle ne vend pas des parfums, elle raconte des histoires. Des effluves d’exception, nichées entre deux respirations de jasmin et une gorgée de vanille crémeuse. Ici, le flacon n’est pas un produit, c’est un manifeste.
Dans cette maison dédiée à l’art olfactif, les senteurs se murmurent plus qu’elles ne se vendent. Et depuis l’été dernier, une nouvelle voix s’est glissée dans la partition : Burberry Goddess. Un nom qui claque comme une affirmation, ou une prière. Signée par la maison britannique à l’élégance de trench et de tartan, cette fragrance veut réconcilier douceur et puissance, grâce et présence. Une dualité portée à fleur de peau.


Dès les premières notes, la bergamote pétille, la poire s’invite, presque mutine. Puis vient le cœur, jasmin, pivoine, classique, mais jamais docile. Et dans l’ombre, la vanille et le bois de santal veillent. Un sillage qui ne s’efface pas. Un parfum qui ne chuchote pas. Il affirme.
Operle, elle, joue son rôle de passeuse. De mémoire, de gestes, de sensations. Entre deux ateliers de découverte, la boutique invite à sentir, apprendre, désapprendre aussi. On y croise la Maison Valmont des marques de niche confidentielles, et un certain goût pour l’exigence. Pas de bling, que du sens.
Le flacon de Burberry Goddess ? Rose, épuré, presque hiératique. Un bouchon torsadé pour rappeler que même les dieux aiment la couture. Et derrière cette silhouette, la patte de Riccardo Tisci, directeur artistique de la maison anglaise, qui résume en une phrase l’ambition du jus : « célébrer la puissance intérieure de chaque femme ».
Une utopie parfumée ? Peut-être. Mais dans le tumulte olfactif de la rentrée, c’est une voix qui porte.
Parfumerie Operle 1 Rue Auber 75009 Paris