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Gina Lollobrigida décédée le 16 janvier, interprétant la reine de Saba en 1959  © EDWARD SMALL PRODUCTIONS/ UNITE/COLLECTION CHRISTOPHEL VIA AFP

Mort de Gina Lollobrigida : adieu la belle romaine

Gina Lollobrigida est morte à Rome le l6 janvier dernier à l’âge de 95 ans. Inoubliable Esméralda dans Notre Dame de Paris de Jean Delannoy, et Adeline la Franchise dans Fanfan la Tulipe de Christian-Jaque, avec elle, disparaît l’une des dernières icônes du cinéma italien.  

Ses magnifiques yeux ne figuraient pas au générique de l’émission Etoiles du Cinéma diffusée le mardi soir, où l’on voyait défiler dans l’œil de la 3ème chaîne française, les regards célèbres du Septième Art. Sur une musique du compositeur Francis Lai, Audrey Audrey Hepburn, Marilyn Monroe, Michèle Morgan, Julie Christie, Marlène Dietrich, Sessue Hayakawa, Maria Félix, hypnotisaient le téléspectateur avant la projection du film en noir et blanc qui suivait. Pourtant Gina Lollobrigida, surnommée Lollo, sans doute en référence à une autre partie de son anatomie, était une superstar qui faisait rêver la terre entière. 

Star de légende des années 1950

Gina Lollobrigida dans « Notre-Dame de Paris », en 1956 ©

Véritable sex-symbol des années 1950, de son vrai nom Luigia Lollobrigida, Gina grandit à Subiaco, près de Rome, dans une famille d’ouvriers, et passe ses dimanches dans la cabine de projection du cinéma de la ville. Mais c’est sa passion pour la sculpture, qui la pousse à suivre des cours aux Beaux-Arts à Rome, encouragée par ses professeurs qui lui prédisent un bel avenir dans cette discipline. Dotée d’un physique exceptionnel, à la fin de la guerre pour se faire un peu d’argent, Gina pose pour un roman-photo, très en vogue à cette époque, ce qui lui vaudra d’être remarquée par des réalisateurs qui lui proposeront des petits rôles, qu’elle ne mettra pas longtemps à accepter. En 1952, elle décroche son premier grand rôle au cinéma dans le film de René Clair Les Belles de nuit. Sa carrière d’actrice est véritablement lancée et sa notoriété éclate dans Fanfan la Tulipe aux côtés de Gérard Philipe. L’année suivante on la retrouve dans Pain, Amour et Fantaisie, puis Pain, Amour et Jalousie avec Luigi Comencini en 1954. Les années 50 sont aussi celles des péplums. Dans Salomon et la reine de Saba, plus voluptueuses que jamais, elle donne la réplique à un Yul Brynner qui pour la petite histoire avait encore des cheveux. Sa silhouette cornée qui se dessine parmi la foule de sujets, reste un grand moment de cinéma. Pommettes saillantes, regard perçant et menaçant, Gina Lollobrigida incarne à merveille cette reine complice du Pharaon d’Égypte, envoyée pour séduire Salomon afin de trouver ses points faibles et le détruire. Eternelle rivale de l’actrice Sophia Loren que les paparazzis vont s’évertuer à mettre en opposition, les deux actrices réussiront à donner le change à Londres, invitée toutes les deux par la Reine Elizabeth II, en acceptant de poser devant les photographes. Quand Gina Lollobrigida refuse de tourner la suite de Pain, amour et fantaisie et Pain, amour et jalousie, Sophia Loren accepte de reprendre son rôle dans Pain, amour, ainsi soit-il. En 1962, après dix-neuf années de mariage, Gina Lollobrigida décide de se séparer de son mari, qui était aussi son imprésario, met sa carrière entre parenthèse et se consacre à sa passion pour la photographie.

Une consécration tardive

Gina Lollobrigida dans « Bad Man’s River », en 1972©

Après s’être éloignée du cinéma, en 1986, Gina Lollobrigida est présidente du Jury du festival international du film de Berlin et reçoit la Caméra de la Berlinale. C’est le réalisateur français Ariel Zeitoun qui lui offre son dernier Son dernier rôle en 1996 dans XXL. Lassée du cinéma, Gina Lollobrigida, délaisse les plateaux, et choisit la politique. En 1999, elle brigue, sans succès, un siège au Parlement Européen. Une défaite qui ne la décourage pas pour autant. L’année dernière à 95 ans, Gina Lollobrigida après son élection ratée de se présenter au Sénat sur les listes de l’alliance Italie Souveraine et Populaire, proche du parti communiste. Coté vie privée, l’actrice connaitra des défaites encore plus retentissantes. Elle défraye la chronique quand en octobre 2006, elle annonce ses fiançailles avec Javier Rigau y Rafols un homme d’affaires de 34 ans son cadet. Elle décide de rompre quelques mois plus tard quand elle découvre en 2010, que le fiancé avait organisé, à Barcelone, une fausse cérémonie avec une fausse mariée, dans le seul but de s’emparer de son héritage. Gina Lollobrigida lui intentera un procès, qu’elle gagnera après une bataille juridique qui aura duré 8 longue années. Malgré cette mésaventure la diva se laissera séduire par Andrea Piazzola, son assistant personnel, qui lui, parviendra à détourner des sommes importantes de sa fortune. Embauché comme jardinier, puis chauffeur, secrétaire, jusqu’à devenir directeur des trois sociétés qui gèrent sa fortune, Andrea Piazzolla qui a désormais tout pouvoir, décide de congédier l’entourage de l’actrice, en commençant par son manager et son avocate, qui la conseillaient depuis des années. Puis c’est au tour de Milko Jr. Solfic, le fils de l’actrice de ne plus être admis au domicile de la star, tout comme le petit-fils, Dimitri, avec qui elle entretenait pourtant de bonnes relations. Une décente aux enfers sous forme d’emprise, qui ne laisse pas le choix à son fils Milko Skofic Jr de saisir la justice pour une mise sous tutelle après un examen psychiatrique. En 2018 la justice décide que l’actrice est devenue moralement incapable d’assurer la gestion de son patrimoine. Décidé à faire condamner Andrea Piazzola, soupçonné d’abus de faiblesse envers sa mère, le fils de la comédienne ne compte pas en rester là malgré la disparition de sa célèbre mama. La justice italienne n’a pas encore rendu son verdict, qui mettrait fin à cette histoire digne d’un scénario hollywoodien. Et pour cause, il y a cinq ans, à 90 ans, Gina Lollobrigida inaugurait son étoile sur Hollywood Boulevard, une consécration tardive pour cette icône du cinéma définitivement entrée dans la légende.  En 1955, dans La belle romaine de Luigi Zampa, Gina Lollobrigida incarnait Adriana une jeune femme déçue par l’amour, qui devient une prostituée sous l’ère fasciste. Consacrée plus belle femme du monde, elle fut un fantasme pour des millions d’hommes. Prisonnière d’un physique au service d’une industrie qui utilisait les actrices pour leur apparence, sa beauté aura été autant un atout, qu’un fardeau. Tchao Bella.

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