À Megève, les saisons passent mais « Au Coin du Feu » reste. Installé comme un vieux sage au cœur du village, l’hôtel historique joue la carte de l’authenticité sans se figer dans la naphtaline. Bois blond, pierre brute, fauteuils moelleux : ici, la tradition savoyarde n’est pas un décor de carte postale, c’est une respiration. Un refuge pour ceux qui fuient le clinquant et cherchent la chaleur, la vraie, celle du feu qui crépite comme un vieux vinyle.
Dix ans de rénovations patiemment orchestrées par Nicolas Grivet n’ont pas effacé l’âme des lieux. Au contraire : 22 chambres toutes différentes, garnies de meubles chinés, coussins qui sentent encore le bois ciré, et ce confort discret qui vous glisse dans la peau comme une laine douce. On y dort comme on rêve : en silence.

Au rez-de-chaussée, le « Saint-Nicolas » joue la partition culinaire. Marvin Lance, chef trentenaire au pedigree gourmet, y marie le terroir et l’ailleurs, saupoudrant ses assiettes de techniques venues d’autres latitudes. Ses plats racontent la montagne en haute définition, avec des saveurs qui s’attardent comme une conversation au coin du bar.

Mais « Au Coin du Feu » ne se résume pas à une table. Il porte aussi la signature invisible de Henry-Jacques Le Même, l’architecte qui, dans les années 30, avait déjà compris que le luxe, ici, n’était pas dans l’ostentation mais dans la justesse. Ses lignes sobres, ses volumes à taille humaine font de l’hôtel un morceau vivant du patrimoine.

À Megève, on croise toujours des adresses qui font semblant. « Au Coin du Feu », lui, n’a rien à prouver. Il se contente d’exister, et ça suffit pour donner envie d’y revenir.
Crédit photos @Au Coin du Feu