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Emmanuel Macron, à la fin du défilé de la fête nationale, sur les Champs-Elysées, à Paris, jeudi 14 juillet 2022 ©

Comment Emmanuel Macron et ses conseillers travaillent main dans la main avec les Gafam

Une enquête Mediapart publiée jeudi 14 juillet révèle des échanges entre les représentants de plusieurs géants du numérique et l’ex-ministre de l’Economie, quelques jours seulement après la dénonciation des liens problématiques déjà évoqués dans les Uber Files.

« Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre » telle fut la réponse cinglante d’Emmanuel Macron reprenant une citation de Jacques Chirac, sur les récentes révélations d’une enquête sur son lien étroit avec l’implantation d’Uber en France. Mediapart indique dans son enquête avoir eu accès aux échanges entre « des conseillers du président et les lobbyistes et dirigeants des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) » datant du second semestre 2017. Le journaliste Alexandre Léchenet nous apprend comme pour Uber, qu’un lobbyiste d’Amazon aurait œuvré à l’époque pour la campagne d’Emmanuel Macron.

Des documents que l’Elysée a voulu garder secret

Emmanuel Macron face aux journalistes Anne-Claire Coudray (à gauche) et Caroline Roux lors de l’interview présidentielle dans les jardins de l’Elysée, le 14 juillet 2022 © LUDOVIC MARIN/ AFP

Interrogé sur les Uber Files par les journalistes lors du traditionnel entretien du 14 juillet, sur son travail en faveur de l’implantation du groupe américain en France lorsqu’il était ministre de l’Economie, Emmanuel Macron affirme :”Je n’ai pas un tempérament à être sous influence. Aucun élément ne l’a montré dans ces prétendues enquêtes”, le président de la République clamant que si c’était à refaire : “Totalement, je le referais”, a-t-il assumé, ajoutant : “On a ouvert des milliers d’emplois”. Cependant les documents administratifs que Mediapart a pu obtenir révèlent bien plus que la création de ces milliers d’emplois. L’enquête révèle l’intervention d’un responsable des affaires publiques d’Amazon, Jean Gonié, lors de la préparation de la campagne d’Emmanuel Macron. Ce dernier aurait « poussé » le thème «de la transformation de la France en champion du commerce en ligne et de la logistique », explique le média en ligne. Il aurait fait son office « durant la campagne présidentielle, au sein des groupes de travail d’En marche auxquels il participait », est-il écrit dans une note qu’aurait adressé à Emmanuel Macron son conseiller « institutions, action publique et transition numérique » à l’Elysée de 2017 à 2019, Fabrice Aubert. Dans son article Médiapart nous apprend que l’Élysée avait refusé de lui transmettre leurs fameux échanges entre les lobbyistes d’Amazon, Google et autres géants du numérique, au nom du secret des affaires, mais à force d’acharnement est passé par la Commission d’accès aux documents administratifs, pour que finalement le tribunal administratif de Paris lui donne gain de cause. Les documents que l’Elysée a voulu garder secret révèlent selon Médiapart une trop grande proximité entre Emmanuel Macron et les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). Documents à l’appui, le média en ligne démontre comment le président de la République et ses conseillers travaillent main dans la main avec Amazon, Google ou Microsoft.

L’Élysée n’a pas donné suite

Emmanuel Macron avec le directeur des opérations françaises d’Amazon, Ronan Bolé (a droite) lors d’une visite à l’usine Amazon de Boves, le 3 octobre 2017 © Yoan Valat/Pool/AFP

C’est la deuxième intervention d’un lobbyste d’une grande entreprise dans l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron révélée en moins de quelques jours, et cela devient extrêmement problématique, alors même que ces entreprises étaient sous le coup de redressements fiscaux et que la « taxe Gafa » promise par l’exécutif tout au long du quinquennat ne verra pas le jour, remplacée par un impôt global sur les multinationales. Questionné, l’Élysée n’a pas donné suite aux sollicitations de Médiapart. Les « Uber Files » révélés par Le Monde, nous ont appris que le lobbyiste Mark MacGann a travaillé dans l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron en 2017, et lundi, le Guardian indiquait que ce même Mark MacGann, représentant des intérêts d’Uber, avait aider l’ancien ministre de l’économie, dans la récolte de fond en 2016, pour son parti La République en marche. Mark MacGann a tenu a souligné auprès du média britannique, qu’il était le lanceur d’alerte des « Uber Files » précisant que son soutien au locataire de l’Elysée était une décision personnelle et n’avait « absolument rien à voir » avec la société de VTC. Dans les autres documents obtenus par Mediapart on retrouve la même proximité d’un lobbyiste d’Amazon, Jean Gonié après l’élection d’Emmanuel Macron : « Je me réjouis de te revoir demain » peut-on lire. L’enquête continu aussi sur les liens entre Google et le président.

Les Uber Files ont secoué la sphère politique française sans faire pour autant ciller Emmanuel Macron qui déclare “assumer à fond” avoir reçu les dirigeants d’Uber lorsqu’il était ministre de l’Économie et des Finances, s’estimant “hyper fier” d’avoir contribué à la création d’emplois en France. Il est donc à parier que le président français ne se laissera pas intimider par ces nouvelles déclarations, lui qui se réclame dorénavant de « Vulcain » à la forge, plus que de « Jupiter » pour terminer son nouveau et dernier mandat.

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