Insuffisance veineuse chronique, varices, œdèmes : les troubles veineux des membres inférieurs concernent une part importante de la population adulte, mais restent sous-diagnostiqués et sous-traités. Dans un contexte de vieillissement démographique et de sédentarité accrue, les recommandations hygiéno-diététiques et la compression médicale constituent des piliers de la prévention, tandis que l’industrie textile médicale tente d’en améliorer l’acceptabilité.
- Une pathologie fréquente, progressive et longtemps banalisée
- Activité physique et hygiène de vie : des recommandations de premier niveau
- Facteurs environnementaux et comportementaux : chaleur, posture, surpoids
- Voyages, grossesse et immobilisation : des situations à risque accru
- Compression médicale : un traitement de référence mais mal observé
- Innovation textile et acceptabilité thérapeutique : l’exemple de Divina
- Préserver le capital veineux
Une pathologie fréquente, progressive et longtemps banalisée
L’insuffisance veineuse chronique (IVC) est une affection progressive caractérisée par une altération du retour veineux, liée à une défaillance des valves veineuses et à une dilatation des parois. Selon la classification CEAP, utilisée depuis les années 1990 pour standardiser la description clinique, elle s’étend des symptômes fonctionnels (jambes lourdes, œdèmes) aux complications trophiques et ulcéreuses.
Les études épidémiologiques montrent une prévalence élevée. Des travaux européens rapportent que les signes cliniques de maladie veineuse chronique peuvent concerner jusqu’à 30 à 40 % des adultes, avec une prédominance féminine et une augmentation marquée avec l’âge. La Haute Autorité de Santé (HAS) souligne également la fréquence élevée des symptômes fonctionnels, souvent considérés à tort comme bénins, mais pouvant précéder de plusieurs années une pathologie structurée.
Activité physique et hygiène de vie : des recommandations de premier niveau
La physiologie du retour veineux repose sur la contraction des muscles du mollet, souvent décrite comme une « pompe musculaire ». L’inactivité prolongée, qu’elle soit liée au travail tertiaire ou aux loisirs sédentaires, favorise la stase sanguine et l’augmentation de la pression veineuse.
Dans ses recommandations, la HAS insiste sur l’importance des mesures hygiéno-diététiques à tous les stades de l’IVC : marche régulière, natation, vélo, limitation de la station debout ou assise prolongée, et mobilisation régulière lors des périodes d’immobilisation. Ces mesures constituent la première ligne de prévention, indépendamment de toute prescription médicamenteuse.
Facteurs environnementaux et comportementaux : chaleur, posture, surpoids
La littérature médicale identifie plusieurs facteurs modifiables. L’exposition à la chaleur entraîne une vasodilatation veineuse susceptible d’aggraver les symptômes. Le surpoids est associé à une augmentation de la pression intra-abdominale et veineuse, contribuant à l’évolution de la maladie. Les postures prolongées, notamment jambes croisées ou immobilité statique, sont également incriminées.
Dans ce contexte, les recommandations cliniques convergent vers des conseils simples mais rarement suivis : surélever les jambes au repos, éviter les sources de chaleur, maintenir un poids corporel équilibré et favoriser une alimentation limitant la rétention hydrosodée.
Voyages, grossesse et immobilisation : des situations à risque accru
Certaines périodes de la vie ou situations spécifiques sont associées à un risque accru d’IVC. La grossesse combine des modifications hormonales, une augmentation du volume sanguin et une compression mécanique des veines pelviennes, favorisant l’apparition ou l’aggravation des symptômes veineux. Les voyages prolongés, notamment en avion, ainsi que l’immobilisation postopératoire ou professionnelle, sont également identifiés comme des facteurs de stase veineuse.
Dans ces cas, les experts recommandent des pauses régulières, une hydratation suffisante et, chez les personnes à risque, le port de dispositifs de compression.
Compression médicale : un traitement de référence mais mal observé
La compression veineuse élastique (bas, collants, bandes) est reconnue comme un traitement de référence par la HAS depuis le début des années 2010, tant pour la prévention que pour la prise en charge de l’insuffisance veineuse chronique et de ses complications. Elle agit par compression dégressive, augmentant la pression externe sur les veines distales, améliorant le retour veineux et réduisant l’œdème.
Cependant, les études de pratique clinique montrent une observance limitée, liée à des contraintes pratiques (difficulté d’enfilage), thermiques et esthétiques. Seuls 15 % des patients français portent régulièrement leur dispositif, et le taux d’adhésion chute sous les 30 % après un an. Ce déficit d’adhésion constitue un enjeu majeur, puisque l’efficacité de la compression dépend directement de sa régularité de port. Un paradoxe qui questionne la place du confort et de l’esthétique dans la santé.
Innovation textile et acceptabilité thérapeutique : l’exemple de Divina
Dans ce contexte, l’industrie du textile médical cherche à améliorer l’acceptabilité de la compression. C’est le cas de Cizeta Medicali, entreprise italienne spécialisée dans la compression veineuse, qui a lancé en février 2026 la gamme Divina, visant à conjuguer compression thérapeutique, confort et transparence esthétique.
Les dispositifs de classe II (15–20 mmHg) sont conçus pour répondre aux indications classiques de prévention et de traitement de l’IVC, notamment chez les femmes actives, pendant la grossesse ou lors de voyages prolongés.
Cette stratégie industrielle illustre une tendance plus large : intégrer les dispositifs médicaux dans une culture du bien-être et de la prévention, afin de lever les freins psychologiques à leur utilisation.
Préserver le capital veineux
La prévention de l’insuffisance veineuse chronique s’inscrit dans un paysage plus large de pathologies chroniques liées au mode de vie. Sédentarité, vieillissement, surpoids et contraintes professionnelles transforment des affections longtemps considérées comme mineures en enjeux collectifs.
Préserver son capital veineux ne relève donc pas seulement d’un confort individuel, mais d’une politique de prévention intégrée, associant comportements quotidiens, recommandations cliniques et innovations technologiques. Dans une société où la longévité augmente, la santé veineuse devient un indicateur discret mais révélateur de la qualité du vieillissement.
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