À deux pas de la porte Maillot, au 17 de la rue Pergolèse, un restaurant ouvert il y a six mois seulement s’impose déjà comme une adresse où l’on revient, non par effet de mode mais par fidélité gourmande. Ici, l’Italie se raconte sans emphase, dans l’assiette comme dans le décor, avec cette évidence chaleureuse qui transforme un simple dîner en rituel.
Une trattoria intérieure

Chez Angelino, le décor agit comme une invitation immédiate au voyage. Dès l’entrée, l’atmosphère enveloppe le visiteur, rappelant ces trattorias italiennes où l’on s’attarde, où les conversations se mêlent aux parfums de cuisine et où le temps semble se suspendre.
Les tuiles murales, les carreaux noirs et blancs au sol formant un damier graphique, le fer forgé, les tables en chêne et les suspensions lumineuses composent un ensemble à la fois simple et chaleureux, tandis que les photographies en noir et blanc évoquant les grandes heures du cinéma italien rappellent que l’Italie, ici, n’est jamais un décor mais une culture vivante. On s’y sent immédiatement bien, accueilli, presque attendu.
Une carte fidèle et généreuse
La carte, justement, est une déclaration d’amour aux grandes traditions culinaires italiennes, revisitées avec respect, sans maniérisme inutile, et une précision réjouissante. Les antipasti ouvrent l’appétit avec une gourmandise assumée : calamari fritti alla romana, dorés et légers, ou polpette della Nonna, boulettes moelleuses comme un souvenir d’enfance, nappées de sauce tomate et de parmesan râpé à la dernière minute.
Viennent ensuite les piatti, cœur battant de la maison : linguine aux cèpes, profondes et boisées ; linguine alle vongole e bottarga, salines et iodées ; milanaise de veau, croustillante à souhait ; pizzas végétarienne ou tartufata, à la pâte fine et nerveuse, qui rappellent que la simplicité, lorsqu’elle est maîtrisée, reste une forme de luxe.
La douceur en héritage
Les dolci achèvent le repas avec une générosité presque indécente : un chou à l’italienne, à la fois aérien et gourmand, un tiramisu classico parfaitement équilibré, ni trop sucré ni trop crémeux, ou encore des gelati artigianali qui prolongent l’illusion d’un été méditerranéen. Tout est juste, sans surcharge, et l’on termine avec cette satisfaction rare de n’avoir rien à retrancher.
Une histoire de transmission

Derrière cette adresse, une histoire familiale et migrante, comme l’Italie en a tant offertes à Paris. Elle commence en Sardaigne, à Tadasuni, dans la province d’Oristano, où Angelino et sa compagne Raffaela ont forgé leur rapport à la cuisine et à l’hospitalité, avant qu’une autre époque, d’autres nécessités, ne les conduisent jusqu’à la capitale française.
Aujourd’hui, Jo Crabu est aux commandes de l’établissement, apportant son expertise et son sens de l’accueil, tandis qu’en cuisine, un chef et son second, Italiens eux aussi, venus respectivement de Sicile et de Venise, font parler leurs origines dans chaque assiette, sans jamais les surjouer.
Une adresse de retrouvailles
Les clients ne s’y trompent pas : on vient une première fois par curiosité, on revient par attachement. Les habitués s’installent vite, reconnaissent les serveurs, recommandent les plats, et transforment peu à peu ce restaurant en lieu de vie.
C’est sans doute là le plus bel hommage que l’on puisse rendre à une table : devenir une adresse où l’on se retrouve souvent, en famille ou entre amis, parce qu’on y mange bien, mais surtout parce qu’on s’y sent chez soi, le temps d’un repas.
Plus d’infos :
Angelino : 17 rue Pergolèse 75016 – Paris tél : 01 89 33 33 05



