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Boris Johnson, pendant les célébrations du jubilé de platine d’Elizabeth II à Londres le 5 juin 2022 © POOL/AFP/Leon Neal

Partygate : ouf de soulagement pour Boris Johnson, qui sauve son poste de premier ministre

Suite à la motion de défiance déposée contre lui, en réaction au partygate, Boris Johnson a obtenu lundi soir 211 voix de députés conservateurs en sa faveur contre 148 demandant son départ. Il sauve sa place de premier ministre et est tranquille pendant un an.

En France on appelle ça « avoir eu chaud ». Boris Johnson était empêtré dans le partygate, les fameuses fêtes organisées à Downing Street pendant les confinements, et ne trouvait aucune issue de secours pour faire retomber la pression galloise. Le scandale avait été relancée fin mai, par un rapport dévastateur rendu par Sue Gray, qui détaillait les violations des règles édictées face au Covid. Les événements se sont précipités lundi 06 juin, quand le président du comité 1922 du Parti conservateur, Graham Brady, a annoncé que le seuil fatidique de 54 lettres de députés, soit 15% du groupe parlementaire, demandant le départ de M. Johnson, avait été atteint, déclenchant le vote. La France aussi connu ses dîners de luxe clandestins parisiens pendant le confinent, sans conséquence sur la vie politique selon le vieil adage : « pas vu, pas pris » !

Des pots alcoolisés avec altercations

Boris Johnson, devant le 10 Downing Street, à Londres, le 12 janvier 2022 ©

On se croirait presque dans un remake de la série anglaise The New Statesman critique très acide de la politique de Margaret Thatcher première ministre de 1979 à 1990, surnommée la Dame de fer, où Alan B’Stard (« Bastard » signifie « salaud » en anglais) jeune conservateur membre du Parlement, était prêt à tout pour parvenir à ses fins.  Pour la première fois dans l’histoire politique du Royaume-Uni, premier régime parlementaire de l’histoire, un premier ministre en exercice est convaincu d’avoir violé la loi, et qui plus est, une loi que son gouvernement a lui-même définie. Rappel des faits. Le 12 avril, la police métropolitaine de Londres Scotland Yard, a envoyé une amende au Premier ministre anglais, pour avoir enfreint les règles sanitaires durant la pandémie, et participé à une des nombreuses fêtes ayant eu lieu au 10 Downing Street, quand les Anglais étaient obligés de rester confinés. La police suppose que c’est surement la fête organisée le 19 juin 2020 date de son anniversaire. Plusieurs autres politique et fonctionnaires ont été sanctionnés, dont l’épouse de Boris Johnson, Carrie Johnson, le chancelier de l’Echiquier l’équivalent de notre ministre des finances en France, Rishi Sunak. A la suite du rapport présenté par Sue Gray, qui donnait moult détails sur les soirées dans lequel elle précise : « pots alcoolisés avec altercations, musique, départ par des portes dérobées au petit matin et irrespect pour les agents de sécurité ou d’entretien », Boris Johnson n’a eu d’autre choix que d’assumer « l’entière responsabilité de tout ce qui s’est passé », mais avait estimé devoir « continuer » son travail. L’opposition ne voulant pas manquer une telle occasion a fait savoir par la voix Keir Starmer chef de file des Travaillistes : « le premier ministre et le chancelier ont violé la loi, ils doivent démissionner ».

L’association des familles de victimes du coronavirus, Bereaved Families for Justice a enfoncé le clou dans un communiqué : « Si un nouveau variant apparaît, quelle sera votre autorité morale pour imposer de nouvelles contraintes sanitaires ? » Après des semaines d’atermoiement, lundi 6 juin, encore groggy des festivités du jubilé de platine d’Elizabeth II, les Anglais par la bouche du président du comité 1922 du Parti conservateur, Graham Brady, que le seuil fatidique de 54 lettres de députés, soit 15% du groupe parlementaire, demandant le départ de M. Johnson, avait été atteint, déclenchant le vote. Finalement dans la soirée, sur les 359 députés conservateurs qui ont voté la motion de défiance, 211 se sont prononcés en faveur de l’ancien maire de Londres, contre 148 qui souhaitaient l’évincer. Boris Johnson sauve donc sa peau, mais pour un an seulement car pendant cette période une autre motion ne peut être déposée.

Pas vu pas pris, et pris la main dans le sac

Jozsef Szajer lors d’un événement de campagne du Fidesz en amont des élections européennes, à Budapest, en avril 2019 ©

En France c’est une enquête de M6 qui a révélé que des dîners mondains étaient organisés à Paris pendant le confinement où les repas étaient facturés de 160 à 490 euros. Plusieurs membres du gouvernement, interrogés sur la présence supposée de ministres à ces repas, selon les termes d’un “collectionneur renommé”, qui avait déclaré en voix off déguisée : « J’ai dîné cette semaine dans deux ou trois restaurants qui sont soi-disant des restos clandestins, avec un certain nombre de ministres. Alors ça me fait doucement rigoler. On est en démocratie. On fait ce qu’on veut. » Une enquête avait été ouverte et les propos du collectionneur avaient déclenché une polémique, notamment sur Twitter sous le hashtag #onveutlesnoms. Les ministres avaient tous réaffirmé leur devoir d’exemplarité pendant la crise sanitaire, donc pas vu, pas pris.

En revanche, un eurodéputé du parti de Viktor Orban, Jozsef Szajer, présent à une fête clandestine, avait admis sa participation à une soirée clandestine à Bruxelles. Celui-ci avait tenté de prendre la fuite en voyant la police débarquer à la « partie de jambes en l’air » à laquelle il prenait part. Intercepté après s’être blessé en tentant d’échapper aux forces de l’ordre, il aurait alors brandi son immunité parlementaire, obligeant le ministère des Affaires étrangères à intervenir en pleine nuit. Parmi les convives se trouvaient aussi des diplomates, et les policiers avaient aussi découvert des stupéfiants, dont de l’ecstasy. ozsef Szajer avait finalement avoué avoir participé à cette « partouze », mais avait réfuté les accusations de consommation de drogues.

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