Le 28 septembre, la salle Wagram a troqué ses banquets pour des pans de soie et des éclats de brocart. Paris–Prince Gong 2024 : un défilé comme un trait d’union tendu entre Pékin et Paris, couture et diplomatie, tradition et pop culture de luxe.
Sur le podium, pas de minimalisme scandinave ou de streetwear parisien. Ici, on parle de deux siècles d’histoire rebrodés à la main, de couleurs impériales passées au filtre XXIe siècle. Un patrimoine remis au goût du jour, sans perdre son parfum d’encens et de laque.
Ils étaient plus de 400, politiques en costume sombre, figures du business, académiciens à cravate stricte, cadres de l’UNESCO, à guetter le moindre pli. Dans l’ombre, la vision de Xi Jinping plane : exporter le soft power chinois sous forme de soie et de fil d’or.
Sur scène, Laurence Xu en chef d’orchestre. Quarante-huit pièces, toutes signées par de jeunes talents, portaient des noms comme des poèmes d’estampe, La première bénédiction du monde, Bégonia de la résidence occidentale. Broderies fines, nacre incrustée, brocart qui claque sous la lumière. L’héritage du Prince Gong réinterprété comme une playlist mêlant Pipa et synthé.
Un an après avoir séduit la Fashion Week 2023, le show revient gonflé par les 60 ans des relations franco-chinoises. Un timing parfait, scellé par l’Année du tourisme culturel Chine–France. Plus qu’un défilé : une opération séduction, calibrée comme une chorégraphie, où l’Orient ne se contente pas de rencontrer l’Occident, il l’habille.





