Véronique Spoturno © @Laurent-Zabulon

Spoturno, le nom qu’on croyait évaporé

Lise-Marie Ranner-Luxin
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Lise-Marie Ranner-Luxin
Directrice de la rédaction
Fondatrice du site, Lise-Marie aime la culture et sa ville Paris. Elle a travaillé dans la presse magazine féminine et informatique ainsi que dans la mode....
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Odeur du passé. Goût de poudre fine. Un parfum qui traverse un siècle et revient au présent, porté par Véronique Spoturno. 53 ans. Arrière-petite-fille d’un maître oublié de l’olfaction. Elle rallume la mèche.

Chez elle, ça sent l’histoire. Pas celle, figée, qu’on range derrière une vitre. Mais une mémoire volatile, indocile, qui se glisse dans les narines et secoue le cœur. Véronique Spoturno, a décidé de remettre son nom sur la carte des grandes maisons. « Pas pour rejouer le passé, mais pour écrire un présent qui ait du sens », lâche-t-elle.

« Ce silence autour de Spoturno est devenu ma liberté. »

Le parfum des ancêtres

Tout commence avec son grand-père. « Il m’a sensibilisée très tôt à notre histoire hors du commun. » Avant 1904, François Spoturno voulait briller. Mais on lui dit : trop compliqué pour l’international, trop enraciné pour la France. Alors il prend le nom de sa mère. Disparaît des étiquettes. Pas des mémoires.

Des archives à la pelle

Flacons anciens. Lettres jaunies. Formules griffonnées. Un travail d’archéologue, mené avec son mari. Des parrains prestigieux : Jean Kerléo, fondateur de l’Osmothèque, et Ghislaine Picchiottino, auteure d’une thèse sur François Spoturno.

« Ce n’est pas une relance. C’est une naissance. »

Cinq parfums, cinq escales

© Amaury Laparra

Pas de musée sous cloche. Cinq sillages inspirés de récits réels. Corse pour l’ancrage, le monde pour l’horizon. Familles revisitées : Ambrée, Chyprée, Orientale. « Je voulais l’esprit, pas la copie. »

Carte blanche au nez

Véronique Coty et Christopher Sheldrake. Photo by Laurent Zabulon

Christopher Sheldrake, légende vivante du parfum. Pas de brief, pas de limite. « Il a créé à ciel ouvert. » Matières nobles. Durabilité absolue. Flacons rechargeables.

L’exigence invisible

Flacon Bormioli gravé d’une feuille de laurier. Coffrets bois. Papiers Fedrigoni. Chaque détail compte.

« Le luxe, c’est l’exigence invisible. »

Passeuse et créatrice

Entrepreneure. Artiste. Passeuse de mémoire. Un mari complice depuis 30 ans. Deux filles-lumière. Et cette conviction :

« La beauté et l’amour sont les seules vérités durables. »

Pour qui ?

Pas de cible marketing. Pour celles et ceux qui reconnaissent la beauté quand elle est vraie. De 16 à 100 ans. Sans âge, sans genre.

En une émotion ?

Elle sourit : « L’amour. »

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Fondatrice du site, Lise-Marie aime la culture et sa ville Paris. Elle a travaillé dans la presse magazine féminine et informatique ainsi que dans la mode. Grande fan du New Yorker, Vogue et Harper’s Bazaar, c’est de ces prestigieuses revues qu’elle s’est inspirée pour créer Rapporteuses.com, des revues avant-gardistes qui ont contribué à l’émancipation des femmes, en matière de mode, de société, d’art et de littérature.
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