Jeudi 10 avril, 28 George V, tapis rouge et verres de champagne. Pas pour un défilé Dior, mais pour la 9e édition du Prix Business with Attitude. Sur scène, cinq femmes qui ne lâchent rien, venues pitcher leur boîte devant un jury blindé de stars de l’entrepreneuriat. Marrainage chic : Fanny Moizant, cofondatrice de Vestiaire Collective. Thème de l’année : « Prendre sa place ». Manière polie de dire qu’en 2025, l’univers start-up, tech et innovation reste un boys club.
Et elles la prennent leur place. Madame Figaro créatrice et organisatrice du prix, sacre ce soir-là deux entrepreneures : Marina Mandrila, qui fait de la cuisine un passeport pour l’inclusion (Refugee Food), et Cécilia Creuzet, qui digitalise les angoisses parentales (May). Derrière les paillettes, un vrai accélérateur pour femmes qui bousculent la start-up nation.
Deux lauréates se détachent


Madame Figaro a donc livré son palmarès 2025. Deux lauréates : Marina Mandrila, qui transforme la cuisine en arme anti-xénophobie avec Refugee Food et Cécilia Creuzet, ex-HEC, qui soigne les nuits blanches des jeunes parents via l’appli May.
Marina Mandrila, avec Refugee Food, a été le choix du jury, et a emporté le trophée devant 400 personnes. Un prix mérité pour son asso-resto qui sert des plats épicés à base de dignité. L’idée ? Utiliser la cuisine pour raconter l’exil, briser les clichés, donner un boulot à plus de 300 réfugiés en formation. Festival culinaire dans 14 villes, un resto-école, un service traiteur qui cartonne : 3 millions d’euros de chiffre d’affaires pour l’entreprise d’insertion lancée en 2018. Une success story où l’aubergine farcie se transforme en arme de construction massive.
Cécilia Creuzet, avec son appli May, rassure quant à elle, les jeunes parents à deux heures du mat’. La fondatrice a remporté le Prix du public après le vote en ligne de 3000 lecteurs. Chat avec 80 médecins, 3 000 articles vérifiés, outils de suivi grossesse-enfant. Déjà 100 000 utilisateurs mensuels, 7 millions levés, 2 millions de CA. Ex-HEC passée par Emmaüs Connect, elle a trouvé son créneau : digitaliser l’angoisse parentale.
Derrière le strass Figaroland, un vrai programme d’accélération : Google for Startups, Station F, masterclass à la chaîne, coaching pour muscler son pitch. Les heureuses finalistes repartent avec un carnet d’adresses et une communauté de 150 ex-candidates prêtes à se filer des tuyaux. La gagnante, elle, décroche un an de visibilité dans tout l’empire Figaro. Pas mal, pour un trophée lancé en 2017 qui ressemble de plus en plus à un incubateur en talons aiguilles.
Le cru 2025 ?
Une manucure « green » qui cartonne aux US (The Manucurist, 52 millions de CA sans levée de fonds), une start-up IA qui fabrique des cours sur-mesure pour profs débordés (Nolej, 170 000 utilisateurs), une usine de protéines végétales neutres en carbone (Intact, 55 millions levés). Bref, des boîtes qui ne jouent pas petit bras.
Dans les coulisses, ça cause levées de fonds, B Corp, mentorat. Sur scène, ça balance des punchlines et des chiffres comme des uppercuts. Et derrière tout ça, une évidence : les femmes prennent leur place, même si c’est encore au prix de l’excellence, du pitch millimétré et du double de boulot.
Derrière les paillettes du 28 George V, le prix est devenu un vrai incubateur : coaching, mentorat, Station F et carnet d’adresses XXL. Un accélérateur où les entrepreneures doivent encore prouver deux fois plus pour « prendre leur place ».