Yannick Dauverchain développe une approche inédite du portrait mural : le screw pop’art. © Steel & Wood

Vissages connus

Lise-Marie Ranner-Luxin
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Lise-Marie Ranner-Luxin
Directrice de la rédaction
Fondatrice du site, Lise-Marie aime la culture et sa ville Paris. Elle a travaillé dans la presse magazine féminine et informatique ainsi que dans la mode....
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Dans la foulée du pop art et du street art, un homme visse son chemin hors des sentiers battus. Sans fioritures numériques, sans formatage académique, surtout sans concessions, Yannick Dauverchain, alias Steel & Wood, invente une technique aussi brute qu’émotionnelle : le screw pop’art. Et dans le bouillonnement créatif des années 90, c’est un coup de gueule esthétique qu’il pose.

Vis, planche, icône : trois éléments, un geste, répétitif, sensuel, scandé, pour faire surgir l’image non comme une illusion, mais comme un objet. Une icône de la pop culture qui, sous ses doigts, devient sculpture, relief, mémoire. Le matériau, bois récupéré, vis à la chaîne, peinture acrylique ou glycéro devient matière. Le geste est physique, le résultat est viscéral.

Ce n’est pas du pop art comme dans les manuels d’art, mais plutôt une rébellion par la matière. Le dessin est remis à l’endroit, ou plutôt, à l’envers. Le mur n’est plus un support passif : il est pris à rebrousse-poil. Voilà le mur à revers.

Chaque œuvre naît d’un dialogue entre la planche nue, le métal froid, la peinture appliquée par éclats ou par jets. Chaque vis posée est une décision, un engagement dans la composition. Le regard fuit, revient, hésite, l’image ne se donne pas, elle se gagne.

Et pourtant, derrière la technique, il y a l’homme. Yannick Dauverchain n’est pas de l’école, tout juste un dessinateur industriel qui, en 2017, a senti le besoin viscéral de créer autrement. Sa réponse ? Empiler des planches de palette, visser image après image, sans modèle, en autodidacte. Jusqu’en décembre 2023, où enfin il nomme son travail : Screw Pop Art.

Une démarche libre, loin des galeries mondialisées, mais pas inaperçue pour autant. De Bruxelles à Honfleur, en passant par Le Touquet, Steel & Wood expose son art. Il intrigue la presse régionale (La Voix du Nord, L’Observateur du Cambrésis), le monde de l’art (Art 4 Any), et capte l’attention des réseaux où il partage un pas-à-pas sincère, loin des artifices du buzz.

Il ne cherche pas seulement à montrer, mais à faire exister le screw pop’art comme un possible dans l’art contemporain. Lieu, matière, geste : « J’aimerais faire sortir l’art des galeries et l’apporter dans les grandes usines ou entreprises », confie-t-il. Un défi à grands vis.

Steel & Wood, c’est un cri pop-art, un bleuissement dans le gris du quotidien, une couleur et un relief quand tout tend à l’écran plat. Un art qui vibre, qui claque. Qui visse et qui libère.

Entretien

Comment un dessinateur industriel se retrouve à visser des icônes de la pop culture sur des planches de palettes ? 

Le pure hasard, je cherchais une façon de dessiner autrement, je suis tombé sur une planche de bois une pognée de vis et c’était parti.

Quand vous vissez, vous pensez plus à l’image finale ou au geste lui-même ?

Les deux à la fois, je pense à l’image finale et au geste qui va me permettre de donner du relief à l’image

Qu’est-ce qui vous plaît dans la vis : sa froideur industrielle, son côté répétitif, ou la résistance qu’elle oppose au bois ?

Le relief qu’elle donne au portrait ou au dessin. Et le combo parfait entre le bois et l’acier.

Le screw pop’art, c’est un pied de nez au pop art classique ou un prolongement ?

Un prolongement, c’est une mise en relief du pop-art classique

Votre idole pop culture à visser en premier ?

Jimmy Hendrix

Quand vous exposez à Honfleur ou Bruxelles, vous avez l’impression d’être pris au sérieux, ou d’être encore regardé comme un ovni ?

Je surprends, j’interroge et c’est ce qui me plait.

Vous utilisez du bois récupéré : c’est une contrainte écologique ou un parti pris esthétique ?  

Un parti pris esthétique je ne vais pas vous mentir, le bois a déjà eu une vie et les planches sont marquées de cette vie et ça apporte une touche unique à chaque tableau.

Votre pire cauchemar d’artiste ?

La “page blanche” la panne d’inspiration.

Un lieu rêvé pour exposer ?  

New-york.

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Fondatrice du site, Lise-Marie aime la culture et sa ville Paris. Elle a travaillé dans la presse magazine féminine et informatique ainsi que dans la mode. Grande fan du New Yorker, Vogue et Harper’s Bazaar, c’est de ces prestigieuses revues qu’elle s’est inspirée pour créer Rapporteuses.com, des revues avant-gardistes qui ont contribué à l’émancipation des femmes, en matière de mode, de société, d’art et de littérature.
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