Stéphanie Venier Dargent (à gauche) et Celia Nicolosi, fondatrices du laboratoire Astelia basé dans la zone des Grandes Terres à Manosque, ont crée Bodyguard, une réponse efficace et agréable aux piqûres de moustiques et de tiques. © Bodyguard

Moustiques, la riposte d’une jeune marque française

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Certains les chassent d’un revers de main ou peste contre leur bourdonnement, d’autres se grattent sans y penser. Et pourtant, en piquant l’homme, les moustiques infectés peuvent transmettre le chikungunya, la dengue, le virus Zika, la fièvre jaune, l’encéphalite japonaise, le virus du Nil occidental ou encore la fièvre de la vallée du Rift. Longtemps reléguées aux cartes des tropiques, ces maladies s’invitent désormais à nos portes, et face à cette menace sanitaire devenue structurelle, une jeune marque française, Bodyguard, entend changer la donne en réconciliant efficacité médicale et plaisir d’usage.

Pourquoi les protections échouent encore

Il fut un temps où les moustiques relevaient d’un simple désagrément estival. Ce temps est révolu. En France, le moustique tigre, Aedes albopictus, vecteur de la dengue, du chikungunya et du virus Zika, est implanté depuis 2004 dans les Alpes-Maritimes. Vingt ans plus tard, il est présent dans 81 départements au 1er janvier 2025 . Sa progression illustre une transformation profonde. Les maladies vectorielles ne sont plus ponctuelles, elles s’inscrivent désormais dans la durée.

Le changement climatique joue un rôle déterminant. Les saisons d’activité s’allongent, début plus précoce au printemps, prolongation en automne, hivers plus doux favorisent la survie des œufs . À cela s’ajoute l’intensification des mobilités internationales qui accélère elle aussi la circulation des virus. Le risque s’installe, et il frappe plus durement les plus fragiles. En France, plus de 20 % de la population a désormais plus de 65 ans . Les personnes immunodéprimées, notamment sous chimiothérapie, sont particulièrement exposées, tout comme les femmes enceintes et les nourrissons.

Paradoxalement, les solutions existent, et certains répulsifs cutanés ont démontré leur efficacité. Pourtant, la protection reste insuffisante dans les usages quotidiens. La raison tient moins à la science qu’aux comportements. Les odeurs jugées désagréables, les textures collantes ou la crainte d’une composition trop chimique freinent l’application régulière. Or, un répulsif oublié ou mal appliqué perd toute efficacité. Comme une crème solaire, sa performance dépend de la rigueur avec laquelle il est utilisé . C’est précisément sur ce point que Bodyguard intervient.

Bodyguard, le pari de la sensorialité

L’histoire commence par un refus très concret. Stéphanie Venier Dargent et Célia Nicolosi voyagent régulièrement à l’international, parfois dans des zones exposées aux maladies vectorielles. Mais elles refusent d’utiliser les répulsifs disponibles, rebutées par leur odeur et leur texture. De ce rejet naît une ambition, créer un produit aussi efficace que les standards médicaux, mais enfin agréable à utiliser.

Le projet se développe au sein du laboratoire Astelia, installé à Manosque, et les fondatrices font alors un pari singulier. Fusionner deux univers qui ne se rencontrent presque jamais, celui du parfum et du médical. Transformer un geste contraignant en réflexe agréable. Bodyguard est né de cette intuition.

La marque bouscule un marché historiquement utilitaire. Là où les répulsifs traditionnels sont associés à des odeurs fortes, Bodyguard revendique une approche différente en introduisant une dimension parfumée inspirée de la parfumerie. Huit senteurs sont proposées, du monoï aux agrumes en passant par la fleur d’oranger ou des notes marines. L’objectif dépasse largement la question du confort. En rendant le produit agréable, la marque cherche à améliorer l’observance, c’est-à-dire la régularité d’utilisation. Un enjeu central en santé publique. Une protection efficace n’existe que si elle est réellement utilisée.

Une base scientifique solide

Derrière cette promesse sensorielle, la base reste rigoureusement scientifique. Les produits Bodyguard reposent sur l’IR3535, une molécule recommandée par les autorités sanitaires internationales et reconnue pour son efficacité contre les moustiques, y compris en zones tropicales. Formulée à 20 %, elle permet une protection allant jusqu’à huit heures contre les moustiques et six heures contre les tiques. Dérivée d’un acide aminé naturel, elle est également reconnue pour sa bonne tolérance cutanée. La marque s’appuie qui plus est, sur plus de cinquante études internationales attestant de son efficacité .

Une innovation pour les patients sous chimiothérapie

C’est l’un des axes les plus sensibles de développement. Chez les patients sous chimiothérapie, la peau est fragilisée. Sécheresse, hypersensibilité et inflammations rendent l’application de produits cutanés plus complexe. Dans le même temps, ces patients sont plus vulnérables aux infections. Face à cette double contrainte, Bodyguard a engagé une étude clinique avec un laboratoire indépendant, Eurofins. Elle a été menée auprès de 22 personnes âgées de 31 à 83 ans présentant des troubles cutanés liés à la chimiothérapie .

L’initiative trouve son origine dans un échange avec un oncologue lors d’un symposium au Nigeria. Une question s’impose alors. Les répulsifs existants sont-ils réellement adaptés aux peaux fragilisées ? Jusqu’ici, le marché ne proposait pas de réponse claire. En développant des formules testées dermatologiquement pour les peaux sensibles, la marque tente de combler ce vide.

Un ancrage médical et international

© Bodyguard

Bodyguard s’inscrit aussi dans une logique de collaboration avec le corps médical. Le laboratoire Astelia revendique plus de 10 000 médecins sensibilisés aux enjeux des maladies vectorielles, ainsi que l’organisation de plusieurs symposiums en France en 2026 .

Des échanges sont également menés avec des professionnels de santé dans des zones fortement exposées, notamment en Afrique. Ce dialogue nourrit les développements produits et permet d’ancrer l’innovation dans les réalités du terrain.

Une production française et une diffusion rapide

La marque a fait le choix de maîtriser l’ensemble de sa chaîne de production. Le site de Manosque assure la formulation, la fabrication et le conditionnement .

Bodyguard est aujourd’hui présent dans plus de 3 500 pharmacies en France et dans huit pays. Une diffusion rapide qui témoigne d’une montée en puissance notable pour une jeune entreprise.

Penser la protection au quotidien

L’innovation ne se limite pas à la formule. Elle concerne aussi les usages. Des formats nomades de 50 ml ont été développés pour s’adapter aux déplacements quotidiens, tandis que des formats familiaux de 200 ml répondent aux besoins des séjours prolongés . L’objectif reste constant. Intégrer la protection dans les gestes ordinaires.

Une réponse à un enjeu de santé publique

Au-delà du cas Bodyguard, c’est une transformation plus large qui se dessine. Les maladies vectorielles progressent, les populations vulnérables augmentent et les comportements de prévention peinent à suivre. Dans ce contexte, la marque ne cherche pas seulement à améliorer un produit. Elle tente de modifier un réflexe. Rendre la protection acceptable, voire agréable, pour qu’elle devienne enfin systématique. Reste à savoir si cette promesse suffira à changer durablement les habitudes face à une menace qui, elle, ne cesse de s’installer.

Plus d’infos :

Bodyguard

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