Derrière DermEden, marque française aujourd’hui présente dans plus de 40 pays, se cache un profil rare : Hajir Hakim Hashemi. À la croisée de la médecine, de l’innovation cosmétique et d’une vision industrielle affûtée, il a construit un modèle où la science est aussi un levier de croissance. Décryptage d’un entrepreneur qui ne vend pas des crèmes, mais une promesse de performance.
On a longtemps cru que l’industrie cosmétique vendait du rêve. Des textures, des parfums, des imaginaires. Mais une nouvelle génération d’acteurs est en train de déplacer le centre de gravité du secteur, moins d’émotion, plus de fonction. Dans cette bascule, DermEden spécialisée dans les soins anti-tâche s’impose comme un cas d’école. Le point de départ est un constat brut. Les consommateurs savent qu’il faut se protéger du soleil… mais ne le font pas correctement. Tout le reste découle de cette faille. Ce que comprend Hajir Hakim Hashemi, c’est que le marché de demain ne sera pas celui des produits, mais celui des comportements. Créer une crème ne suffit plus. Il faut créer un geste. Une habitude. Une dépendance, pas une contrainte.

De la médecine à l’entreprise : la science comme ADN
Chez DermEden, rien n’est laissé au hasard. La marque s’inscrit dans une logique presque clinique, corriger, prévenir, optimiser. Une approche directement héritée de la formation et de la vision de son fondateur. Hajir Hakim Hashemi n’a pas cherché à entrer dans le marché saturé de la cosmétique par le marketing émotionnel. Son pari est ailleurs, faire descendre la médecine esthétique dans la salle de bain du grand public. Une stratégie claire, démocratiser des formulations jusque-là réservées aux cabinets spécialisés. Cette promesse structure tout le positionnement de la marque : crédibilité scientifique, efficacité visible, et surtout, un discours qui rompt avec le storytelling traditionnel du secteur. Mais transformer une expertise médicale en succès international suppose une autre compétence clé, comprendre les usages.
Le génie du positionnement : vendre une habitude, pas un produit
Là où beaucoup de marques vendent des textures ou des actifs, DermEden vend un comportement. Et c’est précisément ce qui apparaît dans sa dernière innovation. La marque part d’un constat simple mais stratégique : la protection solaire est connue… mais mal appliquée. La Brume Retouche UV SPF 50+ ne remplace pas un produit existant. Elle comble un manque : la réapplication. Un geste contraignant, peu compatible avec les rythmes urbains. Résultat : DermEden ne lance pas un produit supplémentaire, mais crée un nouveau moment de consommation. Une approche qui révèle une vision entrepreneuriale particulièrement fine.
Créer de la valeur par l’usage : une stratégie d’extension intelligente
La force de DermEden réside avant tout dans sa capacité à penser en écosystème. La brume solaire s’inscrit dans cette logique de continuité. Elle prolonge un soin existant elle s’intègre dans des routines réelles (bureau, déplacements, maquillage) elle transforme une contrainte dermatologique en geste simple. Cette approche traduit aussi une compréhension avancée du marché, l’innovation n’est pas technique, elle est comportementale. Et derrière, un modèle économique solide : augmentation de la fréquence d’usage, création de produits complémentaires, fidélisation par routine. Mais cette sophistication produit repose aussi sur une exigence scientifique assumée.
L’exigence dermatologique comme avantage concurrentiel
La formulation de la brume repose sur des filtres organiques photostables de nouvelle génération, reconnus par le corps médical. Un choix stratégique : rassurer un consommateur de plus en plus informé, s’inscrire dans une logique de prescription, se différencier d’un marché parfois décrédibilisé. Cette rigueur permet à la marque d’adresser une cible double : grand public exigeant, patients post-actes esthétiques. Une hybridation rare entre cosmétique et médecine.

Entretien
Rapporteuses : Vous avez fait le choix d’un positionnement très scientifique : est-ce un avantage durable ou une contrainte marketing ?
C’est avant tout un véritable avantage durable, car nous bénéficions d’un appui fort qui nous aide à proposer des solutions sûres et efficaces. Face à un marché cosmétique parfois décrédibilisé, cette crédibilité dermatologique constitue une force de différenciation majeure. Elle rassure un consommateur de plus en plus averti et assoit notre légitimité auprès d’une double cible : le grand public exigeant et les patients en post-acte esthétique, ce qui nous permet d’ailleurs de proposer une gamme professionnelle dédiée.
Rapporteuses : Comment arbitrer entre exigence dermatologique et attentes émotionnelles du marché de la cosmétique ?
C’est un équilibre essentiel. Comme le rappelle souvent notre co-fondateur et dermatologue : si un produit n’est pas agréable à utiliser, il ne sera pas appliqué sur le long terme, et ne servira donc à rien. Il faut réussir à trouver un juste milieu entre l’exigence dermatologique et les attentes émotionnelles. Si notre logique reste profondément clinique (corriger, prévenir, optimiser) pour privilégier la fonction, nous avons à cœur l’expérience globale. C’est ce que nous pensons réussir à proposer aujourd’hui : des formules efficaces et parfaitement tolérées, qui offrent un réel plaisir d’utilisation grâce à des textures travaillées et odeurs consensuelles.
Notre singularité repose sur cette hybridation rare entre la médecine et la cosmétique. Au-delà des formulations rigoureuses reconnues par le corps médical, nous ne vendons pas simplement des crèmes, mais nous concevons des comportements et des habitudes.
Hajir Hakim Hashemi
Rapporteuses : Quand vous lancez un nouveau produit, comment faites-vous pour qu’il apporte vraiment quelque chose en plus, sans remplacer ou faire de l’ombre aux produits déjà existants ?
Nous concevons nos lancements dans une logique d’écosystème et de continuité, et non de remplacement. En règle générale, au sein de notre catalogue, les produits sont pensés pour se compléter naturellement entre eux, mais aussi et surtout pour assurer une continuité avec les procédures réalisées en clinique esthétique. Par exemple, nous proposons deux formulations similaires en termes d’actifs (5 % de TXA et 10 % de NIA) : l’une est stérile et dotée d’une viscosité adaptée à la pratique du médecin en cabinet, tandis que l’autre est conçue pour poursuivre l’application de ces mêmes molécules à la maison. Cette logique s’applique également à notre Brume Retouche UV, qui ne se substitue à aucun soin existant mais vient prolonger leur action en comblant le manque spécifique de la réapplication. Cette stratégie permet de créer des produits complémentaires qui s’insèrent naturellement dans les routines réelles des consommateurs, favorisant ainsi la fréquence d’usage.
Rapporteuses : La Brume Retouche UV répond à un problème d’usage : comment identifiez-vous ces “angles morts” des consommateurs ?
Pour identifier ces angles morts, nous nous appuyons directement sur notre board scientifique composé de cinq médecins experts, aux spécialités complémentaires et répartis à travers le monde. Mon board nous offre une vision globale des besoins, des manquements, des contraintes et des opportunités sur le marché de la médecine esthétique. La création de la Brume Retouche UV en est le parfait exemple : elle est née d’un besoin très fort remonté par l’une des membres de ce board, puis validé collégialement. Le problème de la réapplication solaire résidait dans un frein très concret remonté par ses patients : personne n’ose réappliquer de la protection par-dessus du maquillage. En étant ainsi au plus près des retours directs des patients grâce à notre board, nous pouvons cibler précisément ces failles d’usage.
Dans la majorité des pays où nous sommes implantés, ce sont les médecins qui prescrivent, vendent systématiquement nos solutions anti-âge,
Hajir Hakim Hashemi
d’hyperpigmentation ou nos soins pré et post-acte. Nous privilégions ce
canal car c’est un véritable gage d’exigence et de fiabilité.
Rapporteuses : DermEden est présent dans plus de 40 pays : quels marchés ont été les plus difficiles à pénétrer ?
C’est incontestablement le Japon. Les Japonais ont une peau particulièrement sensible et très sujette à l’hyperpigmentation, ce qui rend ce marché extrêmement exigeant et complexe à aborder. Pourtant, malgré cette barrière à l’entrée, nous avons réussi à nous y imposer. Aujourd’hui, DermEden y est une marque leader, spécifiquement reconnue pour son expertise et son efficacité dans le traitement de l’hyperpigmentation.
Rapporteuses : Aujourd’hui, qu’est-ce qui rend DermEden difficile à copier pour une autre marque ?
Notre singularité repose sur cette hybridation rare entre la médecine et la cosmétique. Au-delà des formulations rigoureuses reconnues par le corps médical, nous ne vendons pas simplement des crèmes, mais nous concevons des comportements et des habitudes. À cela s’ajoute notre culture de la preuve et un engagement scientifique constant. Nous menons en continu des études multicentriques pour apporter sans cesse de nouvelles preuves cliniques et de nouvelles approches, y compris sur nos formules déjà en place. Cette combinaison d’expertise scientifique évolutive, de compréhension des usages et de capacité à toucher simultanément le marché grand public et médical nous rend uniques.
Rapporteuses : Quelle place accordez-vous aux dermatologues dans votre stratégie de prescription ?
Le corps médical occupe une place centrale. Comme je l’évoquais, nous nous entourons de médecins, dont des dermatologues, dès la formulation de nos produits. Ensuite, dans la majorité des pays où nous sommes implantés, ce sont les médecins qui prescrivent, vendent systématiquement nos solutions anti-âge, d’hyperpigmentation ou nos soins pré et post-acte. Nous privilégions ce canal car c’est un véritable gage d’exigence et de fiabilité. En France, par exemple, nous avons adopté une approche plutôt discrète pendant près de quinze ans. Mais aujourd’hui, la dynamique est différente : nous déployons de nombreux moyens pour intégrer activement les dermatologues et médecins esthétiques dans la prescription de nos solutions afin d’accompagner leurs procédures.
Rapporteuses : Le clean beauty et la transparence sont devenus incontournables : comment vous positionnez-vous face à ces attentes ?
C’est effectivement un sujet auquel nous sommes très sensibles. Pour y répondre, nous formulons l’ensemble de nos produits en respectant un cahier des charges particulièrement strict. Cela nous permet de concilier notre haute exigence d’efficacité clinique et dermatologique avec cette volonté de sécurité et de transparence, qui est aujourd’hui une attente tout à fait légitime de la part des consommateurs.
Rapporteuses : La skincare devient de plus en plus technologique : voyez-vous DermEden évoluer vers la beauty tech ou le diagnostic personnalisé ?
C’est effectivement une approche que nous avons intégrée depuis nos débuts. À notre échelle, nous nous efforçons de rester à la pointe de la technologie en proposant une démarche de plus en plus personnalisée. Nos diagnostics permettent à nos clients de trouver les solutions les plus adaptées à leurs préoccupations spécifiques et à leur rythme de vie. C’est d’ailleurs l’un de nos nombreux projets digitaux en cours : nous travaillons actuellement sur la refonte de notre outil pour proposer un diagnostic encore plus poussé.
Rapporteuses : Si vous deviez lancer DermEden aujourd’hui en 2026, referiez-vous exactement les mêmes choix stratégiques ?
Sur le fond, oui, sans hésiter. Bien sûr, il y a toujours cette petite voix qui nous dit qu’on aurait aimé tout lancer plus tôt, assumer plus vite notre ancrage médical sur certains marchés ou structurer notre board international plus rapidement. Mais avec le recul, c’est justement le temps qui nous a permis d’acquérir de l’expérience, de tester nos formulations sur des marchés très complexes et de nous assurer de la pertinence absolue de nos choix. Ce temps de maturation était essentiel. Donc au final, non, je ne changerais rien à notre trajectoire, car c’est cette construction étape par étape qui fait toute la force et la solidité de DermEden aujourd’hui.
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