Les amateurs de montagne sont conviés à profiter du havre de paix entre 910 m et 4102 m d’altitude. Skier et s’essayer à de nouvelles expériences devient incontournable. Les 90 km de pistes de ski alpin et les 80 km de pistes de ski de fond sur l’ensemble du territoire offrent un terrain de jeu diversifié. © DR

Écrins : la neige, les hommes, et le silence

Rapporteuses
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Dans les Hautes-Alpes, le massif joue les divas. Huit villages, deux stations, des habitants qui parlent vrai, et une montagne qui ne triche jamais. Reportage à cœur ouvert sous la poudreuse.

Par notre envoyée spéciale dans les Hautes-Alpes : Bérangère Lacoste

Le premier virage est toujours le plus délicat. On laisse la vallée derrière soi, on grimpe. Quelques kilomètres seulement, et déjà une autre vie. Pas celle des néons et des files d’attente. Celle du froid sec, du bois qui craque, du ciel qui s’ouvre grand. Bienvenue dans le Pays des Écrins, ce morceau d’Hexagone qui semble dessiné au couteau. Un territoire qui ne cherche pas à séduire, mais qui vous cueille sans prévenir.

« Ici, on vit avec la montagne, pas contre elle », glisse Michel, 61 ans, éleveur de brebis et guide de haute montagne les hivers. « La neige, c’est notre richesse. Mais faut la respecter. »

Pelvoux-Vallouise : la carte postale sans photoshop

Pelvoux-Vallouise, nichée entre 1250 m et 2300 m d’altitude. © DR

À Pelvoux-Vallouise, pas de mégalomanie. Juste des toits enneigés, une station modeste (1250–2300 m), et des pistes qui flirtent avec les mélèzes. Loin de la frime des grandes stations, l’endroit cultive l’authenticité comme une valeur de résistance.

« Les gens viennent pour respirer, pas pour se montrer », lâche Pauline, monitrice de ski et enfant du coin. « Et puis ici, les mômes skient avant de marcher. »

Ski alpin, fond, raquettes, parapente, chiens de traîneaux, cascade de glace… le menu est complet. Et les tarifs restent humains : 26 € la journée adulte, 440 € pour un pack famille de 6 jours. Une rareté.

Point d’orgue : le barbecue géant en haut des pistes, saucisses dans le vent et vue panoramique sur la liberté.

Puy Saint Vincent : la montagne version 3D

Plus grande, plus variée, la station de Puy Saint Vincent joue la carte du choix. Trois altitudes (1400 à 1800 m), 75 km de pistes, et un catalogue d’activités qui ferait rougir un parc d’attractions nordique : fatbike, trottinette électrique sur neige, parapente, balades nocturnes dans une forêt éclairée…

« Je ne skie pas, mais ici je m’éclate », s’enthousiasme Ilyes, 19 ans, venu de Lyon. « L’autre soir, j’ai fait du vélo dans la neige. J’ai cru rêver. »

Les pistes ne désemplissent pas, mais l’ambiance reste détendue. Un modèle qui fonctionne, sans renier son âme.

Freissinières : la nuit, le silence, et la glace

Encadrés par un guide, les amateurs d’escalade nocturne peuvent gravir une tour de glace de 18 m à Freissinières, une pratique séduisante pour les passionnés de montagne. © DR

À l’écart des circuits classiques, Freissinières joue une partition plus verticale. Dans le froid piquant de la nuit, des grimpeurs s’attaquent à une tour de glace de 18 mètres, frontale vissée au casque, cœur battant.

« C’est un trip. On est entre l’escalade, la spéléo et la méditation », souffle Anna, grimpeuse et prof de yoga à Marseille. « Faut juste pas regarder en bas. »

L’expérience est encadrée, les sensations, elles, sont brutes. Une initiation à partir de 27 €, pour frôler l’absolu.

Loin des clichés, un art de vivre en héritage

Les Écrins ne sont pas un décor. C’est un lieu où l’on vit, où l’on travaille, où l’on se bat contre la désertification, contre le tourisme qui ne regarde plus rien. Mais ici, on invente d’autres modèles. Plus doux, plus proches, plus vrais.

« Il faut qu’on arrête de vendre des stations. Ce qu’on a ici, c’est un territoire, pas un produit », martèle Claire, 43 ans, directrice d’un centre culturel de la vallée. « Notre richesse, c’est le lien. Entre les gens, avec la nature, avec la mémoire. »

Entre deux descentes, on s’attarde dans un bistrot. On parle patois, on mange de la raclette, on partage les nouvelles du coin. Et la montagne veille.

Les infos pratiques, sans le blabla

cascade.freissinieres.fr

Et si vous y allez, laissez vos certitudes en bas de la vallée. Ici, la montagne ne se raconte pas, elle se vit.

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