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Une Ukrainienne blessée après une frappe russe qui a touché un immeuble de Kharkiv © Anadolu Agency via Getty Images/Wolfgang Schwan

8 mars 2022 : la Journée Internationale des Droits des Femmes marquée par la guerre en Ukraine

Cette année la journée du 8 mars prend une dimension géopolitique inédite depuis longtemps en Europe, alors que la guerre en Ukraine se déroule à nos portes. Les femmes et les enfants premières victimes, vont payer un lourd tribut. 

C’est le moment ou jamais de rappeler que l’égalité des sexes est un droit humain fondamental, car beaucoup font encore l’erreur de l’appeler « Journée de la femme » en la confondant avec la fête des mères, des secrétaires ou encore la Saint-Valentin en offrant des fleurs aux femmes de leur entourage. Le 8 mars est la Journée Internationale des « Droits des Femmes » ! Les femmes ne veulent pas qu’on leur fasse de fleurs, mais que la société reconnaisse qu’elles ont des droits qui trop souvent sont encore bafoués. Les guerres ne faisant qu’aggraver ces inégalités et les violences notamment sexuelles qui en découlent, l’urgence est de revendiquer l’égalité et surtout la paix.

Manifestation devant l’ambassade de Russie en France le 24 février 2022 © AFP/Thomas Coex

Des inégalités persistantes

Plusieurs milliers de personnes sont attendues le 8 mars dans les rues de Paris et de nombreuses villes de France, à l’appel de dizaines d’associations et de partis politiques, pour « exiger des moyens contre les violences sexistes » et une lutte accrue contre les inégalités. Le 8 mars c’est l’occasion de marteler que les femmes sont toujours rémunérées en moyenne 22,3 % de moins que les hommes, tout simplement parce qu’elles travaillent davantage à temps partiel ou cessent leur activité pour s’occuper des enfants, mais aussi parce qu’elles ont « moins souvent accès aux postes les mieux payés », d’après une étude de l’Insee publiée jeudi dernier. Cette journée est aussi essentielle dans la lutte contre la pauvreté. Une société ne peut prospérer durablement quand la moitié de sa population n’a pas suffisamment accès aux ressources économiques et sociales.

Manifestation lors de la journée internationale pour les droits des femmes à Toulouse le 8 mars 2020. ©ALAIN PITTON/NURPHOTO VIA GETTY IMAGES

En finir une bonne fois pour toute avec les violences sexuelles et les féminicides

Les organisations féministes vont profiter de cette journée pour dénoncer les défaillances des forces de l’ordre dans la prise en charge des victimes de violence. Selon Pauline Baron du collectif #NousToutes, « le gouvernement a affirmé qu’il mettrait tout en œuvre pour en finir avec les violences sexuelles. Cinq ans après, c’est la déception ». Toutes les doléances et propositions des associations ont été envoyées aux candidats à l’élection présidentielle en France. C’est le cas de la Fondation des femmes et Oxfam qui ont présenté un pacte d’urgence, dont un budget d’un milliard d’euros par an pour lutter contre les violences conjugales (notamment en soutenant les associations qui accueillent les victimes et en formant davantage les professionnels).

Au Brésil une femme était violée toute les dix minutes en 2021 selon un rapport publié par l’ONG Forum de sécurité publique. Alerter sur le nombre de féminicides ! Rien que sur l’année 2018 121 meurtres commis sur des femmes par leur compagnon ou ex-compagnon ont été dénombrés en France. Parmi les autres propositions figurent également l’organisation d’un « Grenelle de l’égalité salariale », ou encore l’amélioration de l’accès à l’avortement.

La Culture en première ligne

La culture a toujours été avant-gardiste dans la quête de l’égalité des sexes que ce soit par la voix de la journaliste et écrivaine Françoise Giroud (1916-2003) ou la femme de lettres Olympe de Gouges (1748–1793) qui sera autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, en 1791, sans oublier Gisèle Halimi (1927-2020) avocate, et grande figure du féminisme en France. L’occasion de rappeler le militantisme de cette dernière et de conseiller le film L’Événement qui a pour cadre la France de 1963, où Anne, étudiante tombe enceinte et décide d’avorter. Ce film, Lion d’or à la Mostra de Venise en septembre 2021, nous replonge dans la violence faite aux femmes, une violence légale dans les années 1960. Douze ans avant l’interruption volontaire de grossesse, l’avortement était illégal et puni de prison.

Cette réalité est encore celle de nombreuses femmes dans le monde, Pologne, Etats-Unis pour ne citer que ces deux-là. C’est une façon de rappeler que l’avortement est un droit nécessaire et fragile qui doit être défendu à tout prix. A noter aussi le travail et la prise de conscience collectif 50/50 qui réunit des professionnels du cinéma, et qui s’engage solidairement dans un combat pour l’égalité, la parité et la diversité dans l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel. Une journée nécessaire pour rappeler également, malgré les affaires MeToo et Balance ton porc, que respecter une femme, c’est pouvoir envisager l’amitié avec elle, ce qui n’exclut pas le jeu de la séduction, et même, dans certains cas, le désir et l’amour.

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