Du 22 au 27 avril 2026, Cannes accueillera la troisième édition du Forum international des arts créatifs (IFCArts), plateforme hybride mêlant formation, tremplin et réseautage. © Laurent Benhamou

IFCArts à Cannes : sur la Croisette, l’usine à rêves d’Anastasia Gaï

Par
rapporteuses
Rédaction Rapporteuses
Observatrices curieuses et infatigables, Rapporteuses racontent le monde qui les entoure avec un regard à la fois précis et espiègle. Du glamour des soirées parisiennes aux...
- Rédaction Rapporteuses
10 Min. de lecture

Du 22 au 26 avril 2026, le Forum international des arts créatifs (IFCArts) investit Cannes avec l’ambition de transformer de jeunes artistes en professionnels aguerris. Entre bootcamp intensif, défilés et gala final, l’événement porté par Anastasia Gaï se rêve en tremplin vers les industries du spectacle et de la mode, à la croisée du networking et du storytelling.

Un tremplin international au cœur de la Croisette

À quelques jours de son lancement, IFCArts 2026 précise sa vocation : celle d’un véritable carrefour entre talents émergents et professionnels des industries créatives — musique, cinéma, mode et spectacle vivant — tout en affirmant, pour sa troisième édition, son rôle de passerelle stratégique vers le monde professionnel. Plus qu’un simple rendez-vous artistique, l’événement entend s’inscrire dans la durée comme un espace de structuration des carrières et de mise en réseau à l’échelle internationale. C’est dans cette perspective que sa fondatrice, Anastasia Gaï, a réuni la presse le 8 avril à Paris, au sein de la Fondation Azzedine Alaïa, afin de lever le voile sur les contours de cette nouvelle édition. Devant journalistes et partenaires, elle a détaillé un programme pensé comme une véritable traversée artistique, destiné à accompagner les participants « du rêve à la réalité », selon ses propres mots.

Cette ambition, qui irrigue l’ensemble du projet depuis sa création, se résume dans une formule que la fondatrice aime à rappeler : « Révéler un talent, ce n’est pas seulement le montrer. C’est lui montrer sa route vers le succès, lui donner des outils, des connexions et une trajectoire. » Une déclaration qui éclaire la philosophie d’un dispositif qu’elle développe avec constance depuis plus d’une décennie, et qui trouve aujourd’hui, à Cannes, l’un de ses points d’aboutissement les plus visibles.

Pendant six jours, soixante candidats sélectionnés, originaires de France, des Outre-mer, du Luxembourg et de plusieurs pays africains, participeront à un programme intensif mêlant masterclasses, ateliers, rencontres professionnelles et showcases. « Nous sélectionnons les talents en recevant des dossiers de différents pays », explique Anastasia Gaï, soulignant la dimension résolument internationale du projet. L’événement bénéficie par ailleurs du soutien de la mairie de Cannes et s’inscrit dans une dynamique de collaboration avec Canne Séries, tout en renforçant son ancrage dans l’écosystème audiovisuel. Quant aux différentes manifestations, elles se tiendront dans plusieurs lieux emblématiques de la ville, comme le Palais des Festivals et des Congrès, l’Hôtel Splendid et l’Hôtel Miramar, autant d’espaces propices aux rencontres, à la formation et à la mise en lumière des talents.

Une histoire née d’une intuition en 2012

L’aventure IFCArts trouve son origine en 2012. « L’association a été fondée en 2012 », rappelle Anastasia Gaï. À l’époque, l’initiative prend la forme d’un programme baptisé Révélation des Étoiles, destiné à accompagner les artistes vers une carrière internationale, initialement orientée vers les États-Unis. Elle perçoit alors un manque : celui d’un accompagnement structuré pour les talents émergents à l’international. « Au départ, c’était pour les emmener aux Etats-Unis, mais ensuite j’ai décidé d’en faire venir en France », précise-t-elle, marquant ainsi le tournant qui conduira à l’organisation du forum cannois.

Révéler un talent, ce n’est pas seulement le montrer.
C’est lui montrer sa route vers le succès, lui donner des outils, des connexions et une trajectoire.

Anastasia Gaï

Très vite, le modèle évolue. D’un simple tremplin, l’initiative devient une plateforme internationale. Depuis, le projet n’a cessé de se structurer et de gagner en visibilité, revendiquant aujourd’hui plusieurs réussites. « Depuis, c’est une success story. Certains de nos artistes ont joué dans des séries, des productions, des comédies musicales », affirme la fondatrice. Elle évoque notamment le parcours d’une participante « qui était comptable et qui travaille désormais à Los Angeles comme actrice et mannequin », ainsi que celui d’un autre talent ayant vu ses cachets augmenter après une participation à Incroyable Talent à l’international.

Anastasia Gaï, trajectoire d’une entrepreneuse culturelle

Le parcours d’Anastasia Gaï éclaire la philosophie d’IFCArts, fondée sur la conviction que le talent doit être accompagné pour éclore. Issue d’une famille d’artistes, elle confie : « Mon grand-père était acteur. À six ans, j’ai monté un spectacle ; je pense que j’ai monté un crowdfunding sans le savoir à l’époque. » Malgré cette inclination précoce, ses parents l’encouragent à suivre une voie plus conventionnelle, la conduisant à entreprendre des études de communication et de relations publiques internationales.

Le déclic survient en 2012 lorsqu’elle devient directrice de spectacle à Hollywood : « Je prends l’avion direction Los Angeles, et je suis impressionnée par les artistes que je découvre. » Cette expérience agit comme un révélateur et la pousse à créer une structure capable d’accompagner les talents dans leur développement artistique et professionnel. «Il faut aussi s’assurer que les artistes sont faits pour cela. Ils doivent avoir du charisme sur scène. Il faut les accompagner pour les subventions et les partenariats », souligne-t-elle. Sa devise résume l’esprit du projet : «Rendre l’impossible possible. Le rêve est puissant et sincère, il faut le convertir en objectif et stratégie. »

Formation, opportunités et reconnaissance

L’édition 2026 d’IFCArts se distingue par un programme particulièrement dense. D’abord, le Bootcamp International Accélérateur, véritable incubateur où les participants travaillent leur image, leur communication et leur stratégie de carrière. Quatre jours de formation seront assurés par des intervenants internationaux, parmi lesquels des représentants de la presse, des enseignants d’écoles de journalisme et des professionnels venus des États-Unis. Les interventions aborderont aussi bien l’impact de l’intelligence artificielle sur les métiers artistiques que les moyens concrets de vivre de son talent.

La seconde partie constituera « un véritable tremplin », permettant aux participants de rencontrer des producteurs, agents et décideurs afin de créer des opportunités concrètes de carrière. Cœur battant de l’événement, les artistes présenteront leurs univers face à des professionnels susceptibles de leur ouvrir des portes. Une bourse globale de 150 000 dollars sera attribuée aux artistes les plus prometteurs, tandis que les lauréats bénéficieront d’un accompagnement, incluant des passerelles vers des institutions telles que le Cours Florent, le LAPAC à Los Angeles ou la New York Film Academy pour y développer leur carrière.

Enfin, le Gala des Étoiles, prévu le 25 avril à l’Espace Miramar, fera office de point d’orgue. Performances artistiques, défilés de mode et remise des RStars Awards s’inscriront dans une ambiance inspirée du thème « La Vie en rose », clin d’œil assumé à une vision optimiste de la création, « une manière de voir le monde de façon positive », selon Anastasia Gaï.

Entre incubateur et vitrine

La tenue de cet événement dans des lieux aussi symboliques que le Palais des Festivals, l’Hôtel Splendid et l’Hôtel Miramar illustre bien la volonté d’inscrire IFCArts dans la cartographie internationale des grands rendez-vous culturels. En s’appuyant sur des partenariats institutionnels et professionnels, notamment avec la mairie de Cannes et Canne Séries, le forum consolide ainsi sa légitimité et renforce son attractivité auprès des talents émergents. Reste la question, inhérente à ce type d’initiatives, de la pérennité des opportunités promises. Entre storytelling inspirant et réalité d’un marché saturé, IFCArts joue sur une ligne de crête, qui oscille entre incubateur artistique et vitrine promotionnelle. Mais pour les participants, l’expérience constitue avant tout une étape décisive, un moment charnière où le rêve prend une forme tangible. Dans cette fabrique contemporaine de l’espoir, certains repartiront peut-être avec plus qu’un carnet de contacts, et la conviction que parfois, les rêves peuvent trouver un chemin vers la réalité. Reste à savoir combien d’entre eux parviendront à franchir durablement les portes d’une industrie aussi fascinante qu’exigeante.

Plus d’infos :
www.ifcarts.com
www.galadesetoiles.fr

Instagram
@revelationdesetoiles
@ifcarts
@anastasia__gai

Partager cet article
Rédaction Rapporteuses
Suivre :
Observatrices curieuses et infatigables, Rapporteuses racontent le monde qui les entoure avec un regard à la fois précis et espiègle. Du glamour des soirées parisiennes aux coulisses des affaires, de la culture aux nouvelles tendances, elles parcourent la ville et le monde pour capter les histoires, les personnages et les mouvements qui font l’actualité. Toujours sur le terrain, elles mêlent rigueur journalistique et sens du récit, pour offrir aux lecteurs des portraits, enquêtes et chroniques à la fois informatifs et captivants.
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *