Il entre en scène comme on entrouvre un coffre à secrets. Pour l’Automne-Hiver 2024-25, Elie Saab plonge la Haute Couture dans un bain d’ombre et de lumière, entre la mélancolie slave et le surréalisme baroque. Velours noirs, éclats d’océan, violets profonds : la palette claque comme une nuit d’hiver sur la Neva.
Les silhouettes, déesses ou apparitions ? glissent, gantées de cuir, drapées de broderies fines comme des prières murmurées. Sur les bustiers, perles et motifs khokhloma dessinent des paysages mentaux. L’organdi rubis gonfle et ondule, queues de sirènes et volutes d’orchidées noires. Au bout des doigts, des plumes d’autruche, du noir jais au rose électrique, battent l’air comme un signal.
La salle se suspend. Des étoles en tulle captent les reflets lunaires, strass et plumes semés comme une pluie d’étoiles. Puis le rideau tombe : une dernière silhouette, ourlée de dentelle crème, s’évanouit dans la pénombre. Saab ferme la parenthèse. Les femmes, elles, restent avec le parfum du rêve.




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