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The Blueprint by JAY-Z via Amazon

11 septembre 2001 : Jay-Z nous révèle the Blue Print

“The blueprint” signifie le plan architectural de grande envergure. Qui de mieux placé que Shawn Carter, Damon Dash et Kareem “Biggs” Burke aka Roc-A-Fella Records, pour produire The Blueprint du Rap (Business) ?

Sorti il y a 20 ans, ce sixième album de JAY-Z est un classique unanime, à commencer par la cover bleutée et l’intro The Ruler’s Back qui annoncent la couleur du projet.

Le son est produit par un certain Kanye West

Arrive ensuite Takeover, le fameux diss track destiné à son rival de l’époque Nas, dont le titre en dit long sur les intentions de Hovito au sein de l’industrie. Le son est d’ailleurs produit par un certain Kanye West, que l’on retrouve crédité sur 3 autres hits : Izzo (H.O.V.A), Heart of the City (Ain’t No Love) et Never Change. Comme quoi, on aurait dû se douter de l’avenir prolifique de Yeezy… Pour rester dans les productions, Just Blaze, Timbaland, Bink!, Trackmasters et Eminem complètent ce line-up d’anthologie, avec des instrumentales à la hauteur du rap sophistiqué de JAY-Z.

Du lifestyle aux featurings de prestige en passant par des punchlines ou encore du storytelling bien ficelé, The Blueprint dépasse la musique et représente un véritable mouvement. Niveau son, l’album contient un des meilleurs morceaux de la carrière de Hova, à savoir U Don’t Know, produit par Just Blaze, dans lequel il partage sa réussite en tant qu’ex-vendeur de drogue et rappeur. Il n’hésite pas à exposer sa vulnérabilité dans Song Cry, accompagné de Mary J. Blige “the Queen of Hip-Hop Soul”. Puis son esprit de compétition reprend le dessus sur le fameux titre Renegade featuring Eminem, qui attise le débat (sans fin) autour de la performance des 2 protagonistes… Et cerise sur le gâteau : l’album s’achève sur des sons cachés, qu’on peut découvrir à la fin de l’outro Blueprint (Momma Loves Me) dont Jigga My Nigga produit par Swizz Beatz, pour une finition de qualité bien méritée !

 Son surnom : “Uptown”

Côté lifestyle, un élément fort du projet est la promotion de la marque de vêtement du label, qu’on aperçoit sur la cover et dans le livret de l’album. Pour reprendre le refrain de All I Need : “All I Need / Rocawear (check) / Nike Airs (check)”, ce qui représente la tenue phare d’innombrables fans de Hip-Hop des années 2000. La Air Force 1 est d’ailleurs la paire qui a permis à JAY-Z de connecter avec Dame Dash et Biggs. À l’époque, le modèle était principalement porté dans les rues d’Harlem, au nord de Manhattan, d’où son surnom “Uptown”. Quand DJ Clark Kent a présenté le jeune rappeur de Marcy Projects, Brooklyn à ses 2 futurs acolytes, ils pensaient qu’il venait d’Harlem comme eux, vu qu’il portait des AF1… C’est ainsi que Roc-A-Fella Records s’est formé, en indépendant, avec une vision commune qui s’est transformée en dynastie et qui porte encore ses fruits aujourd’hui.

Cam’Ron et The Diplomats, Virgil Abloh et Off-White, Rihanna et Fenty Beauty, J. Cole et Dreamville, DJ Khaled et We The Best Music… Tous font partie de l’arbre généalogique du ROC. Certains ont vu le jour sous l’ère Roc Nation dans The Blueprint 3 (2007), avec des titres comme Run This Town featuring Kanye West et Rihanna ou encore A Star Is Born featuring J. Cole. Ces 3 artistes reflètent la notion de mouvement associée à The Blueprint, à travers leur art, leur marque et la dimension fédératrice de chacun de leurs projets.

Malgré les hauts et les bas internes qui ternissent l’empire de Roc-A-Fella Records, The Blueprint conserve son statut de masterpiece. Et pour conclure : “You are now lookin’ at one smart Black boy / Momma ain’t raise no fool” – JAY-Z dans U Don’t Know

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