En Autriche, tout le monde parle de Vienne. Mais à deux heures de train, planquée dans la Styrie, Graz la discrète joue les belles endormies réveillées à coups de festivals et de musées futuristes. Deuxième ville du pays, inscrite à l’Unesco, carrefour vers l’Est, la cité mélange vieilles pierres impériales et audaces arty.
Le poumon vert s’appelle Schlossberg, colline de 123 mètres qu’on attaque à pied, 260 marches, mollets en feu, ou en funiculaire. Tout en haut, l’Uhrturm, tour d’horloge centenaire, surveille les toits rouges. Panorama garanti, bière fraîche et parc où se cacher du soleil.
En bas, la Hauptplatz, centre névralgique, avec son hôtel de ville, ses façades peintes et ses food trucks qui balancent schnitzel et saucisses dégoulinantes. La place s’anime jour et nuit, entre terrasses, concerts et festivals improvisés. Quelques mètres plus loin, Herrengasse déroule son tapis de boutiques et de tramways grinçants.
Pour les amateurs d’Histoire en version lourde : le Landeszeughaus, plus grand arsenal d’Europe (32 000 pièces d’armes alignées, ambiance métal froid). La cathédrale Saint-Gilles et son gothique tardif rappellent que Graz fut un temps cité impériale. Juste à côté, le mausolée de Ferdinand II aligne sarcophages et marbres rouges.
Mais Graz ne se contente pas de feuilleter ses vieilles gloires. Depuis 2003 et son titre de capitale européenne de la culture, la ville s’offre des coups de futur. Sur la Mur, la rivière, flotte une île en forme de coquillage géant transformée en café et en amphithéâtre. En face, le Kunsthaus, vaisseau spatial bleu translucide, expose l’art contemporain.

Chaque automne, le Steirischer Herbst, festival dirigé par Ekaterina Degot, vient injecter un shot de politique et de provocation dans la quiétude autrichienne. Crises sociales, écologiques ou sanitaires, tout y passe, entre performances, théâtre et arts visuels.
Et pour finir en douceur, faites un tour au Kai 36, hôtel cinq étoiles avec piscine sur toit, chambres XXL et jardin planqué à deux pas du centre.
Graz, entre Habsbourg et techno culture, s’offre comme un détour obligé pour qui veut voir une Autriche moins carte postale, plus contrastée.
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