Les crèmes solaires sont-elles dangereuses pour la santé ? © iStock

UV : le tube ou la tombe

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Retour de plage, peau qui tire, odeur de monoï et hashtags complotistes. La crème solaire, jadis arme fatale contre les coups de soleil et le cancer de la peau, se retrouve aujourd’hui au banc des accusés. À l’heure où les tiktokeuses recyclent leur cuisine en labo cosmétique, le tube orange devient suspect.

La crème solaire, courtisée par les dermatologues comme un bouclier généreux, contre les bustes du cancer de la peau. Voilà qu’elle se voit aussi démasquée : filtres chimiques, noms imprononçables oxybenzone, avobenzone, octocrylène, chuchotent-ils sous la tôle des tubas des substances suspectes ?

Il est des paradoxes qu’on chérit : se protéger du soleil, tout en craignant les chaînes de la chimie. Le risque, mesuré, de la crème solaire n’est pas une invitation à l’abandon, mais à la conscience.

Les apôtres du “no sunscreen”

Sur Instagram, ça flambe avec les hashtags #antisunscreen, #nosunscreen ou #toxicsunscreen. L’influenceuse Shannon Fairweather clame : « Je refuse de priver ma peau des rayons curatifs du soleil. » Comprendre : je brûle, donc je suis. Plus d’un million de vues pour Nara Smith, qui mélange huile de coco et beurre de karité comme si la protection solaire relevait d’un smoothie bio. DIY contre SPF, la guerre des filtres fait rage.

La défiance, une tendance aussi brûlante que l’UV

Depuis que les magazines de consommateurs classent les crèmes « clean », le doute s’installe. Filtres cancérogènes, perturbateurs endocriniens, océan empoisonné… le tube solaire devient suspect. On accuse, on compile, on compare. Mais derrière les gros titres, un détail technique : les tests maison ne ressemblent pas aux protocoles ISO. Résultat : la panique grimpe plus vite que le thermomètre en août.

La science sort son parasol

Erwan Poivet, docteur en biologie et vigie cosmétique, à la FEBEA, tempère : « Danger n’est pas risque. » Tout est affaire de dose et d’usage. En clair, il faudrait avaler des kilos de crème rance pour espérer un cancer de labo. Pas très instagrammable.
Quant à la vitamine D, autre argument massue des antis, elle se fabrique en dix minutes d’exposition quotidienne. Pas besoin de griller sur la plage façon steak tartare.

Le dilemme du corail

Et les océans ? Certes, certains filtres solaires agressent les récifs. Mais face aux métaux lourds, aux rejets pétroliers et aux égouts industriels, le gramme de crème solaire ressemble à une goutte d’huile solaire dans l’océan. Là encore, la culpabilité verte fait vendre, mais la réalité polluante est ailleurs.

La vérité, si je bronze

La France reste championne du solaire cosmétique : 27 filtres autorisés, une réglementation européenne serrée comme un speedo, et des toxicologues indépendants qui valident chaque formule. Le danger existe, oui, mais maîtrisé, encadré, fliqué. Les vrais risques ? Les fausses bonnes idées. Les crèmes maison à l’huile de coco (FPS 6 grand max), les marques underground qui jurent protéger sans filtre, et les ados persuadés qu’un tube acheté vaut armure invincible.

Au final, se tartiner reste moins risqué que de griller. La crème solaire n’est pas l’ennemi, mais l’alibi ne doit pas devenir ivresse : chapeau, lunettes, tee-shirt. Le soleil, c’est comme l’alcool : à petites doses, ça réchauffe. À haute dose, ça détruit.

Sources :

Biron

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