Boisé, fruité, chaud, piquant. Le rhum, ce vieux pirate des Antilles, continue de faire chavirer les palais. Héritier d’une histoire coloniale complexe, ce nectar distillé s’offre aujourd’hui en mille nuances, entre flacons racés et distilleries de légende.
On a goûté, reniflé, trinqué, voici cinq bouteilles qui envoient du lourd.
Sealander Plantation Rum : les abysses en bouteille

Un flacon à l’allure de trésor englouti, une plongée directe sous la ligne de flottaison. Ce rhum d’assemblage, orchestré par la maison Plantation, se balade entre douceur vanillée et échos salins. C’est rond, c’est suave, c’est à boire avec des histoires de marins.
45 € le billet pour l’Atlantique.
Zetwal Neisson : l’étoile montante de la Martinique

Distillé dans la très respectée maison Neisson (1932, rien que ça), ce rhum agricole joue la partition haut de gamme. « Zetwal », étoile en créole, brille d’une robe cuivrée et de notes fruitées en apesanteur. Fin, frais, presque cosmique.
1 990 € l’astre liquide.
Colección Visionaria Brugal : cacao caliente, édition limitée

La Maestra Ronera Jassil Villanueva frappe fort. Avec cette série confidentielle, Brugal insuffle à son rhum des accents de chocolat chaud, d’agrumes et d’épices. Pas un gramme de sucre ajouté, juste du talent en barrique.
90 € la vision incarnée.
Worthy Park Calvados Cask 2012 : Jamaïque à la sauce normande

Un rhum qui a vu du pays. Huit ans en fûts de bourbon, deux ans dans des fûts de Calvados. Résultat : un festival de caramel et de chocolat noir, dense et racé. Quand Kingston rencontre Pont-l’Évêque.
120 € la double culture.
Havana Club Selección de Maestros : Cuba libre, version royale

Ici, pas d’impro. Chaque gorgée est le fruit d’un savoir-faire millimétré, orchestré par les Maestros del Ron Cubano. Un rhum équilibré, profond, signature d’un art presque sacré.
50 € le trait d’histoire.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Mais l’élégance, elle, est un devoir.