La fatigue du monde n’a jamais empêché les femmes d’avancer, mais ce 20 décembre 2025, à Paris, c’est une force nouvelle qui se déploie : celle des femmes des diasporas qui transforment la résilience en puissance, la fierté en stratégie et la solidarité en politique.
Le Gala de Clôture de la 2ᵉ Édition “Be Strong & Be Proud”, organisé par A.I.D.E.S. Afrique / France, vient refermer une année d’initiatives internationales, marquée notamment par la grande conférence tenue le 29 novembre au Sénat autour du thème « Femmes, Pouvoirs & Résilience ».
- Un féminisme diasporique, collectif, et résolument tourné vers le futur
- Un gala qui célèbre la puissance créative des femmes
- Une invitée majeure : Marie-Noëlle Koyara, la femme d’État qui force le respect
- Des parrains qui réaffirment que la force n’est pas que physique
- Un féminisme qui s’internationalise
- Des partenaires engagés dans la construction de solutions
- Be Strong & Be Proud : un slogan, un cri
Un féminisme diasporique, collectif, et résolument tourné vers le futur
La présidente de l’association, Faiza Chaker, nous accorde un entretien téléphonique avant le gala. Entre deux dernières réunions de coordination, elle explique l’ambition du programme 2025.
Rapporteuses : Le thème de l’année, “Be Strong & Be Proud”, renvoie à la force mais aussi à la fierté : pourquoi ces deux mots ?
Faiza Chaker : Parce qu’on demande toujours aux femmes d’être fortes, mais jamais d’être fières. La force sans fierté, c’est la survie. La fierté, c’est la dignité retrouvée. Notre combat, c’est que les femmes en particulier celles issues des diasporas africaines, ne soient plus cantonnées à la résilience silencieuse, mais reconnues comme actrices politiques, économiques et culturelles.
Rapporteuses : Le Sénat a accueilli votre conférence. Que signifie cette présence institutionnelle ?
Faiza Chaker : C’est symbolique et stratégique. Le féminisme diasporique ne doit plus être invisibilisé. Nous avons parlé de violences, de leadership, d’accès au pouvoir, mais aussi d’économie. Sans la voix des femmes africaines, les politiques publiques ne sont ni complètes, ni efficaces.
Tant que les femmes de nos diasporas auront à survivre, aucune société ne pourra prétendre être démocratique
Faiza Chaker
Un gala qui célèbre la puissance créative des femmes
Le gala de ce 20 décembre s’annonce comme une soirée où la culture rencontre le militantisme. La Marraine d’Honneur, l’artiste-peintre Soraya di Vittoria, récemment saluée à l’Hôtel Drouot et pressentie pour entrer à l’Académie des Sciences & des Arts, incarne cette articulation entre art, résilience et reconnaissance institutionnelle. « Créer est une manière de lutter contre l’effacement, » confie-t-elle. « Je peins pour laisser une trace que personne ne pourra effacer. »
Son intervention remarquée lors de la conférence au Sénat a marqué les esprits : un discours où elle reliait exil, mémoire, spiritualité et pouvoir d’agir féminin.
Une invitée majeure : Marie-Noëlle Koyara, la femme d’État qui force le respect
Et puis, il y a cette présence qui change la température d’une salle : Madame Marie-Noëlle Koyara, ancienne Ministre d’État de la République centrafricaine, figure de gouvernance panafricaine, dont la carrière est devenue un cas d’école, au point d’être racontée dans l’ouvrage de référence L’Avenir de l’Afrique. Son CV, à lui seul, balaie les clichés sur les femmes africaines : six fois ministre de l’Agriculture, deux fois ministre de la Défense Nationale, ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, ministre de l’Équipement et des Travaux publics, membre du Conseil Consultatif Mondial du G100, et ancienne représentante de la FAO au Cap Vert, au Burkina et en Côte d’Ivoire.
Une femme d’État au parcours exceptionnel, qui symbolise exactement ce que défend A.I.D.E.S. : la montée en puissance de femmes qui n’attendent plus d’être autorisées à gouverner, mais gouvernent, transforment, réparent, négocient, décident. « Voir Marie-Noëlle Koyara prendre la parole, c’est voir ce que deviennent les filles quand on ne les étouffe pas,» confie une participante. « Une boussole pour une génération qui refuse le plafond de verre. » Dans L’Avenir de l’Afrique, elle est décrite comme une femme qui « a dirigé avec la rigueur d’un soldat et la vision d’un stratège ». Une autre participante résume : « Marie-Noëlle Koyara, c’est la preuve vivante que quand les femmes gouvernent, les pays avancent. » Sa présence au gala n’est pas symbolique, c’est un message.
Des parrains qui réaffirment que la force n’est pas que physique
Le Parrain d’Honneur, Louis Teddy Sakala, vice Homme le plus fort de France 2021, donne une autre définition de la puissance. « La vraie force, c’est d’être utile,» dit-il. « Pas d’écraser. Et dans nos communautés, la force des femmes n’a jamais été reconnue à sa juste mesure. »
À ses côtés, Stéphane Tiki Président-Fondateur de Chaba Consulting Group et Jean-Loup Othenin-Girard, portraitiste et représentant d’ONG auprès de l’ONU, incarnent un engagement masculin rare et précieux : soutenir sans invisibiliser, accompagner sans s’approprier.
Un féminisme qui s’internationalise
« A.I.D.E.S. Afrique / France s’inscrit dans une dynamique transnationale » selon les mots de la présidente. Le gala rassemblera des acteurs venus de plusieurs continents, des institutions, experts, entrepreneurs, artistes, diasporas de France, d’Afrique et d’Europe. « Nos combats dépassent les frontières, » rappelle la présidente. « Les violences faites aux femmes, la précarité, la sous-représentation dans les lieux de décision, rien de tout cela ne disparaîtra sans alliances internationales. »
Des partenaires engagés dans la construction de solutions
Le gala pourra compter sur les partenaires officiels : AB Event et Odeni Prestige (Brigitte Nguessan Kpli & Williams Odeniran), FSPIS dirigée par Jim Koutouan, qui soutiennent l’association dans son rayonnement et dans la professionnalisation de son action. « On ne change pas les choses seules. Il faut des moyens, des compétences, des relais. Et surtout, des gens qui comprennent que la lutte féministe n’est pas un supplément d’âme, mais un enjeu de développement », insiste la présidente.
Be Strong & Be Proud : un slogan, un cri
Parce que la résilience ne doit pas être un destin. Parce que la fierté est un droit politique. Parce que les femmes des diasporas n’ont plus à demander la permission d’exister. Ce gala clôt une année de mobilisation et ouvre une autre : plus ambitieuse, plus structurée, plus internationale. « Le futur sera féministe, diasporique et résilient ou ne sera pas », conclut Faiza Chaker.
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