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A Bordeaux, sur le Miroir d’Eau, une pièce d’eau peu profonde, été 2017 © Brian Reynaud/REA

Canicule : quelles solutions pour préserver les villes de la surchauffe ?

Les étés sont de plus en plus chauds partout dans le monde, et la France n’échappe pas à la règle. Avec des températures attendues cette semaine avoisinant les 40 °C à Paris et dans les grandes agglomérations françaises, la vie en ville l’été sera compliquée, voire insupportable.

Mardi, l’Espagne vivait une nouvelle journée de chaleur très préoccupante avec 43 degrés, des records de température qui s’ajoute à une autre vague de chaleur il y a un moins d’un mois. L’an dernier, l’Europe a connu la saison estivale la plus chaude jamais enregistrée, d’après le rapport de Copernicus, le service européen d’étude du climat. Le mois de juin fut le plus chaud de l’été en France, avec des fortes chaleurs et des orages, et selon les météorologues, Juillet devrait être similaire avec des températures élevées et des orages. Une autre étude du MIT publiée en 2018 nous apprend que la Chine pourrait faire face à des vagues de chaleur mortelles en raison du changement climatique. Toutes ces alertes attestent de la progression du réchauffement climatique, et nous amène à réfléchir nos comportements pour appréhender ces vagues de chaleur.

L’îlot de chaleur urbain

Paris en été © LP/Philippe de Poulpiquet

L’été, les citadins sont particulièrement exposés aux épisodes de fortes chaleurs. La nuit, ils ont du mal à rafraîchir leurs maisons ou appartements, contrairement aux habitants des zones rurales qui bénéficient de soirées bien plus fraîches. C’est ce qu’on appelle l’îlot de chaleur urbain, selon le Cerema qui précise que ce climat local lié à l’urbanisation entraîne des problèmes en termes de santé et de bien-être. Ces écarts de température entre la ville et la campagne s’explique surtout à cause du revêtement des rues, la couleur de l’asphalte participe au maintien des températures élevées, les couleurs sombres retenant mieux la chaleur, il faudrait donc opter pour du blanc une solution qui permettrait de faire baisser de 7 °C environ la température du sol. Les formes des bâtiments et la géométrie des rues ne favorisent pas non plus la circulation de l’air. La climatisation longtemps utilisée comme solution de secours est aujourd’hui déconseillée non seulement car trop énergivore donc mauvaises pour la Planète, et des scientifiques ont démontré que les climatiseurs ajoutent un degré supplémentaire de chaleur en ville, et une autre étude met l’accent sur la disparité de la climatisation qui est inégalement répartie entre les niveaux de revenu. Les architectes de demain devront construire des intérieurs qui feront circuler l’air grâce au phénomène de courant d’air, et éviter ainsi le climatiseur.

Une autre solution serait de revégétaliser les villes. En effet la végétation, grâce à la photosynthèse et à l’évapotranspiration, favorise l’humidification de l’air qui devient plus respirable. Cette végétation permet d’intercepter les radiations du soleil réduisant alors le flux de chaleur à travers le toit. À Milan, deux tours entièrement arborées ont remporté le prestigieux International Highrise Award en 2014. À Paris, des jardins ont été aménagés sur des toits d’immeubles, et à Lyon, des colonnes végétalisées ont été installées en façade d’un parking. Anne Hidalgo la maire de Paris, qui s’est alliée avec des élus écologistes, a prévu d’augmenter de 100 hectares la surface d’espaces verts de la ville d’ici la fin de son mandat.

Des îlots de fraicheurs grâce à l’eau

Un exemple d’îlot de fraîcheur à Paris en bord de Seine © REUTERS/Benoit Tessier

L’eau est un moyen efficace pour lutter contre les îlots de chaleur urbains, par l’aménagement de plans d’eau, en humidifiant la chaussée, le phénomène naturel d’évaporation se produit et permet l’humidification de l’air et par conséquent, son rafraîchissement. Végétaliser des bords de rivière où les citadins pourraient avoir des espaces frais, on parle alors de génie écologique. Une autre solution est l’arrosage des rues avec de l’eau non potable, en humidifiant la chaussée, le phénomène naturel d’évaporation se produit et permet l’humidification de l’air et par conséquent, son rafraîchissement. Les villes multiplient les initiatives et certaines ont créé des plans d’eau ou des fontaines pour aider les habitants des villes à surmonter les fortes chaleurs de l’été. Il y a quelques jours, la municipalité de Grenoble a annoncé activer, pour la deuxième année consécutive, son plan fraîcheur pour lutter contre les épisodes de canicule, notamment grâce à la rénovation des fontaines de la ville mais aussi l’installation de brumisateurs dans certains quartiers.

Les musées ou encore les lieux de culte sont considérés comme d’importants points de fraîcheurs en raison de l’épaisseur de leurs murs. Une façon d’échapper à la canicule en se cultivant. 

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