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La tradition d’Halloween est née au XIXème  siècle en Ecosse et en irlande © Vecteezy

Halloween :  les déguisements qui sont à proscrire absolument

Halloween, c’est l’occasion de sortir son costume le plus original et le plus effrayant. Pourtant l’actualité avec son flot de faits divers morbides, doit nous faire réfléchir, avant de revêtir un déguisement problématique voire offensant, comme le souligne un article paru dans The Independent.

Depuis quarante ans la franchise Halloween accompagne la pop culture. Les treize films dont le dernier Halloween Ends sorti le 12 octobre en France, s’accompagnent de divers produits dérivés, dont les masques représentant le personnage de Michael Myers, le tueur psychopathe masqué qui commet des meurtres pendant la nuit d’Halloween. A l’ère de Mee too et du wokisme, certains costumes comme le rappelle The Independent parfois trop lié à l’actualité, sont à éviter absolument.

Les cultures ne sont jamais des costumes

Thomas Rice jouant “Jim Crow” dans un blackface, au Bowery Theatre, à New York en 1833 © Domaine public

Même si vous pensez rendre hommage à quelqu’un d’une culture différente de la vôtre, c’est de l’appropriation culturelle, comme le footballeur Antoine Griezmann qui en 2017 a publié sur Twitter une photographie où on le voit grimé en joueur de couleur noire, coiffé d’une perruque afro, et vêtue comme un basketteur de l’équipe américaine des Harlem Globetrotters, cela s’appelle un blackface. Très en vogue au Etats-Unis pendant la ségrégation, le blackface consistait à exhiber les Noirs pour divertir les Blancs lors de ventes d’esclaves africains. Même se déguiser en clown pour certaines personnes peut aussi être offensant. L’acteur Thomas Rice, avait popularisé le personnage de Jim Crow au travers de la chanson et de la danse Jump Jim Crow, en 1828, où ce comédien blanc peint en noir, racontait l’histoire vraie d’un esclave paralysé travaillant dans les plantations du sud des Etats-Unis. Comme le rappelle Rue 89, les « lois Jim Crow » désigneront, plus tard, les mesures qui institutionnaliseront la ségrégation raciale dans le sud des Etats-Unis dès 1876. Le clown tel que nous le connaissons, n’est que la version blanche du personnage de Jim Crow. Sylvie Chalaye, anthropologue des représentations coloniales, démontre dans Slate, que le clown représente « toutes les tares définies par le regard des Blancs sur les esclaves noirs : paresseux, insouciants, stupides et indolents » et que le terme « Jim Crow » sert à désigner tous les Afro-Américains. L’article de The Independent insiste sur toutes les formes d’appropriations culturelles qui peuvent être considérées comme racistes, même la gifle de Will Smith. Il en va de même que se déguiser en virus Covid-19, la pandémie de coronavirus ayant tué des millions de personnes, et qui continue d’affecter gravement ceux qui ne sont pas vaccinés. Idem pour les catastrophes naturelles, les fusillades de masse ou les mouvements tels que #MeToo ou Black Lives Matter. Ces costumes font la lumière sur des événements graves, et minimisent les effets à long terme que de nombreuses personnes subissent encore à cause d’eux.Tous les déguisements ayant un rapport avec l’Holocauste sont également à bannir. En janvier 2005, le prince Harry, fils du Roi Charles III, avait dû faire des excuses publiques après son apparition en officier nazi lors d’une soirée costumée. L’indignation avait été générale, la blague de mauvais goût virée à l’affaire diplomatique, et embarrassé toute la famille royale.

Les Serials Killers

L’acteur Evan Peter dans le rôle de “Dahmer” © Netflix

Comme le souligne encore The Independent, il y a eu un regain d’intérêt pour Jeffrey Dahmer après que Netflix a sorti sa série controversée Dahmer. De nombreuses personnes se sont habillées comme le tueur en série condamné dans le passé, arborant ses lunettes emblématiques et portant des perruques ressemblant à sa coiffure, ainsi que des chemises boutonnées à manches courtes. Cependant, la mère de l’une des victimes de Dahmer, a récemment exhorté les gens à ne pas se déguiser en tueur en série, car cela exploite ses victimes et traumatise à nouveau leurs familles. L’article rappelle que tous ce qui concerne le procès Johnny Depp Amber Heard, est à éviter, car c’est une affaire de diffamation dans laquelle de graves accusations de violence domestique ont été portées et que cela banaliserait les allégations d’abus et perpétuerait des récits préjudiciables sur les survivants. The Independent explique que des costumes insultants pour la communauté transgenre circulent plus qu’on ne le pense, comme les costume Tranny Granny qui ressortent à chaque Halloween, de même que ceux qui représentent Catlyn Jenner. Ces costumes réduisent les personnes transgenres à une caricature et renforcent les stéréotypes néfastes sur les personnes LGBT. Les costumes faisant référence aussi à l’arrêt Roe V. Rode pourrait aussi heurter, de même que les costumes Playboy Bunny, suite aux révélations publiées sur A&E, qui portent des allégations contre la culture du Playboy Mansion. Plusieurs anciens camarades de jeu, dont l’ex-petite amie de Hugh Hefner ont témoigné de leurs expériences « traumatisantes » au Playboy Mansion.

La sorcière et le vampire oui, mais…

Le déguisement de sorcière un classique pendant Halloween © Wundervisuals/Getty

Le costume de sorcière a toujours le vent en poupe, car dans l’imaginaire collectif, la sorcière est assimilée une vieille femme greffée d’un nez crochu et d’un chapeau pointu. Une version qui se rapproche de celle vulgarisée par les films, que de la vraie prêtresse de l’occulte, avec un savoir ancestral. La culture populaire lui a attribuée le rôle de croqueuse d’homme manipulatrice, c’est le cas dans The Love Witch sorti en 2016, où elle est érotisée. Les procès des sorcières de Salem dans les années 1692, ont aussi contribué à cette mystification. Aujourd’hui, sorcière est le nom que l’on donne à certaines féministes qui dérangent. Elle est parfois une icône de la mode comme Morticia dont le look gothique fascine les créateurs. Glamour elle s’impose sur les podiums et les réseaux sociaux : le hashtag #witch a 12,2 millions d’occurrences sur Instagram et #witchy 384,1 millions de vues sur TikTok. En revanche il faudra être vigilent sur le déguisement approprié, un fait divers atroce se déroulant en France a fait la une de tous les journaux, Lola une adolescente de 12 ans a été tuée par une jeune femme d’origine algérienne qui aurait déclaré aux enquêteurs avoir bu son sang. Il va sans dire qu’un costume de sorcière ou de vampire avec toute référence à cette affaire serait inapproprié compte tenu de l’émotion suscitée, et surtout par respect envers la famille.

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