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Royaume-Uni : plusieurs étudiants piqués au GHB la drogue du violeur

Des jeunes femmes, et quelques jeunes hommes, confient avoir été drogués à leur insu en discothèque par injection. Les forces de l’ordre enquêtent sur plus d’une centaine de cas. Des premières arrestations ont été effectuées.

Un phénomène inquiète la police Outre-manche, de nombreuses jeunes femmes, étudiantes, mais aussi quelques jeunes hommes affirment avoir été drogués à leur insu dans des bars ou des boîtes de nuit. On savait que les violeurs profitaient d’un moment d’inattention de la victime pour lui verser du GHB (la drogue dit du violeur) dans son verre, la drogue par injection à des conséquences terribles parfois irréversibles. 

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L’injection de GHB strictement encadré

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Le GHB (acide GammaHydroxyButyrique) appelé aussi “liquid ecstasy”, “drogue du viol” ou du “violeur” se présente sous forme d’une poudre blanche soluble ou de liquide incolore, inodore et sans goût. C’est une drogue classée comme stupéfiant, exception faite des préparations injectables réservées uniquement à un usage hospitalier. À forte dose, les effets du GHB sont ceux d’un somnifère puissant avec un risque de coma.

Il est conditionné dans de petites fioles en verre ou en plastique, et peut être versé, à l’insu d’une personne, dans une boisson, sans en changer l’aspect. Il se consomme en grande majorité par voie orale mais il peut aussi être injecté (mode de consommation plus marginal). C’est le cas des victimes présumées qui n’ont pas hésité, à afficher leurs marques d’aiguilles et leurs ecchymoses sur la peau dans les médias britanniques. La police a été saisie de plus d’une centaine de cas d’agressions par injection.

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Des témoignages qui inquiètent la police

Les témoignages se sont multipliés après que deux étudiantes de l’Université de Nottingha ont pris la parole dans les médias britanniques, affichant leurs marques d’aiguilles et leurs ecchymoses sur la peau. Zara Owen, étudiante, a expliqué s’être réveillée après une soirée avec des souvenirs flous et une douleur aiguë dans la jambe, où elle avait repéré une piqûre. Sarah Buckle a, elle, été emmenée à l’hôpital par ses amis après s’être brusquement effondrée lors d’une sortie nocturne. Elle a ensuite découvert sur sa main une ecchymose avec une marque sombre au centre, qu’elle a montrée à la chaîne télévisée Channel 4 News.

Depuis septembre, la police britannique a déclaré avoir reçu 140 rapports sur des incidents impliquant des boissons droguées et 24 impliquant des piqûres. “Il est clair que ces rapports sont très préoccupants“, a déclaré le chef de police adjoint Jason Harwin, responsable de la branche drogue au sein de la fédération (NPCC) qui coordonne les différents organismes policiers.

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Plusieurs arrestations

Selon lui, le NPCC travaille “à un rythme soutenu” pour “comprendre l’ampleur de cette délinquance”, établir tout lien entre ces allégations et traduire les responsables en justice.

La police de Nottinghamshire, dans le nord de l’Angleterre, a annoncé avoir arrêté deux hommes dans le cadre de son enquête sur des incidents de “piqûres” survenus dans la ville. Les jeunes gens, âgés de 18 et 19 ans, sont soupçonnés d’avoir planifié de droguer des personnes “avec l’intention de leur nuire, de les importuner ou de les blesser”, ont indiqué les forces de l’ordre. Dans la région voisine du Lincolnshire, la police a arrêté tôt dans la matinée un homme de 35 ans, soupçonné de posséder des drogues avec l’intention de les administrer, après avoir reçu l’aide du personnel d’une boîte de nuit. Mais sans que cela n’implique une aiguille.

Depuis le début du mois, la police du Nottinghamshire a reçu 15 signalements de “piqûre présumée par un objet pointu” de la part de 14 femmes et d’un homme, et 32 signalements en tout d’administration de drogues depuis début septembre.

Et cela concerne d’autres régions d’Angleterre. La police du Devon et des Cornouailles affirme enquêter sur “un incident au cours duquel une femme a été agressée avec une aiguille” dans une boîte de nuit d’Exeter. Un cas a aussi été rapporté dans les West Midlands.

Boycott des bars suite à des agressions

Cette vague de dénonciations intervient quelques mois seulement après la mort très médiatisée de deux jeunes femmes dans les rues de la capitale, qui avait créé une émotion considérable au Royaume-Uni et relancé le débat sur la sécurité des femmes dans l’espace public.

Sarah Everard, une Londonienne de 33 ans, avait été attaquée en pleine rue puis tuée début mars par un policier tandis qu’elle rentrait chez elle. Sabina Nessa, enseignante de 28 ans, avait disparu le 17 septembre alors qu’elle sortait de chez elle pour se rendre à un bar situé à cinq minutes à pied. Son corps avait été retrouvé le lendemain dans un parc, caché sous un tas de feuilles.

Pour protester face à cette nouvelle atteinte à leur sécurité, les étudiantes et leurs camarades masculins préparent une série de boycotts des discothèques et bars, refusant de sortir un soir déterminés à l’avance dans chaque ville pour réclamer une meilleure protection.

Plus de 163.000 personnes ont ainsi signé une pétition demandant au gouvernement de rendre obligatoire la fouille minutieuse des clients à l’entrée des boîtes de nuit. La commission parlementaire en charge des affaires intérieures a examiné mercredi les témoignages des victimes, sa présidente Yvette Cooper qualifiant ces attaques à l’aiguille de “crimes ignobles”.

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