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Les dégâts du séisme de magnitude 7,8 lundi 6 février à Kahramanmaras, en Turquie, proche de l’épicentre © ADEM ALTAN

Tremblement de terre : en attendant le Big One

Lundi 6 février, le séisme qui a frappé le sud-ouest de la Turquie et le nord-ouest de la Syrie, a fait 33 000 morts, un bilan qui pourrait doubler selon l’ONU, et l’une des pires catastrophes survenues dans la région. Aux Etats-Unis, les Californiens se préparent, en attendant le Big One.

La Turquie est située sur une des principales zones sismiques du globe. En 1999, elle avait déjà enregistré un tremblement de terre sur la faille d’Anatolie du Nord, dans la région septentrionale de Düzce, qui avait causé la mort de plus de 17.000 personnes. Pourtant c’est vers la Californie que les scientifiques ont le regard tourné depuis des années. Les Etats-Unis se préparent en effet depuis des décennies à l’arrivée du Big One, nom donné aux deux derniers tremblements de terre majeurs qui ont eu lieu au nord de Los Angeles puis à proximité de San Francisco, respectivement en 1857 et en 1906. Phénomène qui se produit tous les 150 ans, il laisse craindre le pire. Quand aura lieu le prochain “Big One” ? Les scientifiques pensent qu’il arrivera avant 2032, et Hollywood s’est emparé du sujet à plusieurs reprises comme pour l’exorciser, notamment avec les films, 2012, The Quake, et San Andréas.

L’Apocalypse n’est pas pour tout de suite

Séisme en Turquie © OZAN KOSE 

Quand vous Tapez “2012” sur Google, la première requête associée est : “fin du monde”. C’est en se basant sur une légende urbaine, selon laquelle une prophétie Maya avait prévu la fin du monde pour 2012, que les scénaristes du film du même nom ont écrit ce scénario catastrophe. Explosif et haletant ce long métrage nous entraine à travers le voyage désespéré de Jackson Curtis et sa famille, qui essaient d’échapper à la fin du monde, provoquée par des séismes à répétition, un enchaînement de calamités sous forme d’apocalypse. Prédiction maya ou pas, la Californie se prépare à affronter non pas un, mais deux forts séismes dans les années à venir. La côte ouest se situe sur la faille décrochante de San Andreas, une zone de fracture de plus de 1 000 km de long qui va jusqu’au Mexique. Cette frontière géologique, entre les plaques océaniques pacifique et continentale nord-américaine, que les scientifiques ont pu observer, est propice aux phénomènes sismiques de grande ampleur. En Turquie, vue du ciel, les dégâts paraissent importants, et ce sont deux sociétés, l’une américaine Maxar Technologies, et l’autre européenne, Airbus, qui ont publié sur leurs réseaux sociaux des photos aériennes de villes touchées dès le lendemain du séisme, mardi 7 février. Maxar Technologies a fait plusieurs montages « avant-après » montrant Islahiye et Osmaniye, situées au sud-est de la Turquie et frappées de plein fouet par le séisme. Airbus a également survolé Osmaniye et précise que ses clichés ont été « fournis aux équipes de secours et aux autorités locales pour aider les sauveteurs ». Sur les clichés photographiés le 6 septembre 2019, puis le 7 février 2023, on peut constater que la terre a craqué sur une distance de 150 kilomètres environ. Toujours en Turquie, non loin de Nurdagi, la rupture du sol est visible depuis le ciel. La faille a traversé une autoroute, des fermes ainsi que des zones résidentielles.

Le Great ShakeOut 

Illustration de l’Agence de gestion des urgences de l’Alabama qui invite les Alabamiens à participer à l’exercice national Great ShakeOut Earthquake Drill © Great ShakeOut Earthquake Drill

Pour ce qui est des deux fractures majeures dans la faille de San Andreas, qui longe la côte californienne, elles visent directement Los Angeles, qui pourrait être la première touchée. Ce qui amène les californiens à se préparer régulièrement au désastre, en participant chaque année au « Great ShakeOut ». Cette répétition générale, mobilise les écoles, les entreprises et les copropriétés. La dernière était le 20 octobre 2022, et la prochaine est prévue pour le 19 octobre 2023. Les écoliers apprennent très tôt des exercices d’alerte sismique et les bâtiments sont construits depuis longtemps aux normes parasismiques. La Californie est donc bien préparée au séisme, tout comme aux conséquences, comme les incendies, fuite de gaz, effondrement de bâtiments, chute d’objets, inondations. Pas de risque de tsunamis en revanche pour la Californie, la faille sismique étant située sur la croûte terrestre continentale. Selon le français Jean-Paul Montagner, sismologue à l’Institut de physique du globe de Paris il est préférable de ne pas multiplier les alertes même en cas de signes avant-coureurs « car les populations penseront qu’il s’agit encore d’une fausse alerte lorsque le Big One se produira ». Et la France ? L’Hexagone n’est pas considérée comme une région fortement sismique, même si elle est située en bordure du continent eurasiatique, une zone de collision avec le continent africain, à l’origine de la formation des Pyrénées et des Alpes. Bien que les sismographes enregistrent chaque jour des milliers de petits séismes, ceux de magnitude égale ou supérieure à 5 sur l’échelle de Richter sont très rares.

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