Connu sous le pseudonyme de Brian Torres, Samuel Torres a brillé autrefois en tant que chanteur-danseur au sein du célèbre boysband Alliage. © DR

Samuel Torres, ex-Alliage : Baila, blessures et belles pierres

Lise-Marie Ranner-Luxin
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Lise-Marie Ranner-Luxin
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Fondatrice du site, Lise-Marie aime la culture et sa ville Paris. Elle a travaillé dans la presse magazine féminine et informatique ainsi que dans la mode....
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Parole, corps et come-back d’un boysbander devenu marchand de luxe.

Il s’appelait Brian Torres à l’époque où il faisait fondre les adolescentes et trembler les platines. Mi-ange, mi-danseur, torse huilé et refrains calibrés pour les boums. Alliage, le boysband à la française, posait ses chorus sur le dancefloor des années M6. Samuel Torres Bianconi, de son vrai blaze, était l’un des quatre mousquetaires de ce phénomène pré-ados, “Baila”, “Lucy”, et des cœurs en pagaille. Flashback 1996.

Et puis, rideau. La pop star raccroche le micro. Plus de spot, plus de strass. Juste une ville, Paris, et une reconstruction en plusieurs actes. D’abord les Halles, là où tout commence. Un agent, une gueule, un casting. L’Amérique attendra, la fac aussi. Trois ans de mannequinat à fond les ballons : shooting, podium, jetlag. Puis le vide.

« J’ai vécu une célébrité rapide, éphémère, pas celle d’une star, mais d’un visage qu’on reconnaît, qu’on oublie. »

Le boysband explose en vol, l’après est brutal. Il faut se réinventer. Samuel devient marchand d’art, bosse avec Victor Sfez, frôle les toiles, découvre l’autre côté du cadre. Et là, c’est le drame : un accident de scooter manque de lui arracher une jambe. Quelques mois plus tôt, il perd sa mère, le 31 décembre, à l’hôpital Saint-Martin. Double peine, double silence.

« C’était un moment d’effondrement. Mais ma fille Lou est arrivée. Elle a tout effacé. »

Samuel Torres avec sa fille Lou © DR

Lou, l’éclaireuse. Grâce à elle, une autre vie se dessine. Plus stable, plus terrienne : l’immobilier de luxe. Le monde des clés dorées et des clients exigeants. Samuel y trouve son compte. Libre, indépendant, il vend du marbre avec tendresse, du mètre carré haut de gamme avec flair.

Mais le cinéma revient. En avril, il est à l’affiche de Borgo de Stéphane Demoustier, aux côtés d’Hafsia Herzi, Moussa Mansaly et Louis Memmi. Un rôle modeste, mais une vraie claque émotionnelle.

« Ce film, c’était un shoot d’adrénaline artistique. Une autre vibration. »

Toujours tiraillé entre les possibles et les manqués, comme cette campagne Azzaro envolée, Samuel Torres joue désormais à l’équilibriste. Acteur à ses heures, agent tous les jours, père à plein temps.

Il rêve du Kenya. D’un safari avec Lou. D’un ailleurs sauvage, lumineux, avec le goût de l’aventure et des silences partagés.

« J’ai eu la chance de croiser des opportunités. Je ne les ai jamais cherchées. Maintenant, j’aide les autres à trouver les leurs. »

D’Alliage à l’immobilier de prestige, en passant par les galeries et les plateaux de tournage, Samuel Torres a brûlé plusieurs vies. Sans frime, sans chute de tension.

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Fondatrice du site, Lise-Marie aime la culture et sa ville Paris. Elle a travaillé dans la presse magazine féminine et informatique ainsi que dans la mode. Grande fan du New Yorker, Vogue et Harper’s Bazaar, c’est de ces prestigieuses revues qu’elle s’est inspirée pour créer Rapporteuses.com, des revues avant-gardistes qui ont contribué à l’émancipation des femmes, en matière de mode, de société, d’art et de littérature.
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