16 mai, soleil cru sur Cannes. Sur les marches du Palais, Éloïse Valli fend la foule comme une héroïne de roman-photo sous acide. Robe Hazar Couture, ourlets millimétrés, silhouette qui avale l’espace. Les flashs crépitent, les badauds retiennent leur souffle : la Valli vient de signer son entrée dans la légende du Festival.
En toile de fond, un mastodonte : Megalopolis. Francis Ford Coppola himself, ressuscité après douze ans d’ombre depuis Twixt. Un rêve de quarante ans, laissé en friche au début du millénaire, qu’il exhume enfin. Une fable sur New York rebâtie par un architecte utopiste. En compétition officielle, la promesse d’une troisième Palme plane au-dessus de Coppola comme un vieux parfum de gloire.
Sur la Croisette, les avis s’entrechoquent déjà : chef-d’œuvre visionnaire ou délire mégalo ? Le jury de Greta Gerwig jouera les oracles. En attendant, l’image reste : Valli, sertie d’or, figée dans l’éclat des projecteurs, comme si Cannes n’avait été inventé que pour ce genre d’instant, où la couture et le cinéma se confondent dans un même vertige.