Dans les grands magasins, les espaces beauté et soins se réinventent pour capter des clients en quête d’expérience, de santé et de sens. À Paris, les Galeries Lafayette Haussmann font peau neuve et installent une parapharmacie de 250 m², symbole d’un virage stratégique où le soin s’impose comme un nouveau pilier du commerce physique.
La beauté, antidote à la crise du grand magasin
Face à l’érosion structurelle du prêt-à-porter, à la concurrence des pure players et à la volatilité d’un tourisme international encore convalescent, les grands magasins cherchent des relais de croissance plus résilients, plus récurrents aussi. La beauté, le soin et le bien-être s’imposent alors comme une évidence économique : marges plus élevées que le textile, fréquence d’achat plus régulière, clientèle locale et internationale confondue, et surtout promesse d’une expérience difficilement dématérialisable.
Selon les données du cabinet McKinsey, le marché mondial de la beauté devrait dépasser les 580 milliards de dollars d’ici 2027, porté notamment par la dermo-cosmétique, les soins fonctionnels et les compléments alimentaires. En France, le segment de la parapharmacie représente déjà plus de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec une croissance annuelle supérieure à celle des cosmétiques traditionnels, stimulée par le vieillissement de la population, la montée des préoccupations sanitaires et une défiance croissante vis-à-vis du marketing purement esthétique.
Haussmann, laboratoire grandeur nature
C’est dans ce contexte que les Galeries Lafayette Paris Haussmann ont récemment repensé leur Espace Beauté et Soins, transformé en véritable écosystème du bien-être. Sous les plafonds mythiques du boulevard Haussmann, la beauté ne se contente plus de faire rêver : elle soigne, accompagne, rassure, promet une forme de maîtrise du corps à l’heure des incertitudes.

Dernière pièce ajoutée à ce dispositif : une parapharmacie de 250 m², inaugurée en février 2026, en partenariat avec le groupe Carré Opéra, spécialiste parisien des pharmacies d’excellence. Un espace lumineux, lisible, pensé comme un lieu de conseil autant que de consommation, où se croisent touristes pressés, habitués du quartier et clients internationaux en quête de références françaises réputées.
6 000 références et une promesse de sérieux
Derrière les linéaires impeccablement ordonnés, ce sont plus de 200 laboratoires et 6 000 références qui sont proposées, de la dermo-cosmétique aux compléments alimentaires, en passant par l’hygiène, l’aromathérapie et les soins capillaires. La Roche-Posay, Bioderma, SVR ou Pierre Fabre côtoient Caudalie, Nuxe, Melvita ou Vichy, tandis que NHCO, Arkopharma, Biocyte ou Puressentiel incarnent cette nouvelle frontière entre santé, prévention et bien-être, souvent estampillée « made in France ».
Ici, le discours change : on ne promet plus seulement une peau parfaite ou des cheveux brillants, mais une routine, une hygiène de vie, une expertise presque médicale, validée par le regard rassurant du pharmacien. Une réponse directe à une demande de consommateurs de plus en plus informés, parfois anxieux, souvent désireux de reprendre le contrôle sur leur santé.
De la vente au parcours expérientiel
Ce repositionnement ne relève pas seulement d’un effet de mode. Il s’inscrit dans une stratégie plus large des grands magasins, qui transforment leurs mètres carrés en parcours expérientiels hybrides, mêlant commerce, conseil, sport, soins et restauration. Aux Galeries Lafayette Haussmann, l’Espace Beauté et Soins intègre désormais des cabines, des marques exclusives, des services personnalisés, et même une salle de sport, brouillant volontairement les frontières entre shopping et lifestyle.
Une manière aussi de prolonger le temps passé en magasin, indicateur clé de performance à l’heure où chaque visite doit justifier son déplacement physique. Selon les chiffres de la Fédération du Commerce et de la Distribution, les clients fréquentant les espaces beauté restent en moyenne 30 à 40 % plus longtemps que dans les zones mode traditionnelles.
La santé comme nouveau luxe
En installant une parapharmacie au cœur de son navire amiral, le grand magasin parisien ne fait pas qu’élargir son offre : il redéfinit subtilement la notion de luxe. Un luxe moins ostentatoire, plus fonctionnel, où la promesse n’est plus seulement de séduire, mais de durer. Dans un monde traversé par les crises sanitaires, climatiques et économiques, prendre soin de soi devient une valeur refuge, presque un acte rationnel.
À Haussmann comme ailleurs, la beauté n’est plus un simple produit d’appel : elle devient un pilier stratégique, un langage commun entre commerce, santé et désir. Et peut-être, pour les grands magasins, une des clés de leur survie.
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