Créée en 2018 par Fany Péchiodat, figure de l’écosystème lifestyle parisien, Seasonly s’inscrit d’abord dans la vague des marques direct-to-consumer, proposant des routines personnalisées et des cosmétiques clean. Mais dès le début des années 2020, la marque s’éloigne du simple produit pour investir le terrain du soin expérientiel, avec l’ouverture de Skin Studios dédiés au massage facial.
- De l’abonnement beauté à l’empire du facialisme
- La promesse anatomique : agir sur la structure, pas seulement la surface
- 2026, l’année de la structuration industrielle
- La thèse Seasonly : le muscle, matrice invisible de la jeunesse cutanée
- La gym faciale comme alternative aux injections
- 2026 : Seasonly change d’échelle et structure son modèle
- Une stratégie business dans l’air du temps : clean, holistique, non invasive
Fondée sur l’idée que la jeunesse de la peau dépend autant des muscles sous-jacents que de l’épiderme, la marque construit un modèle hybride entre cosmétique, service premium et formation professionnelle. En 2026, elle franchit un cap stratégique : faire du muscle facial un nouveau territoire business et scientifique.
De l’abonnement beauté à l’empire du facialisme
Seasonly naît en 2018 dans l’écosystème parisien des start-up lifestyle, sous l’impulsion de Fany Péchiodat, déjà connue pour My Little Paris. À ses débuts, la marque propose un concept alors novateur : des routines beauté personnalisées livrées à domicile, dans une approche clean, saisonnière et digital-native. Rapidement, l’entreprise pivote vers un modèle plus expérientiel. Elle développe une ligne de cosmétiques clean, vegan et majoritairement d’origine naturelle, puis inaugure ses Skin Studios, des lieux dédiés au massage facial et à la transformation de la peau par la main. L’idée fondatrice est simple et disruptive : le visage se travaille comme un muscle, au même titre que le corps.
En quelques années, Seasonly se positionne comme pionnier du facialisme en France, revendiquant plus de 100 000 soins réalisés et une méthode propriétaire combinant Kobido, drainage lymphatique et face sculpting.
La promesse anatomique : agir sur la structure, pas seulement la surface

Le discours de Seasonly repose sur un argument médical désormais bien documenté : le vieillissement du visage résulte d’une cascade de modifications structurelles – altération du derme, perte de graisse, affaissement du système musculo-aponévrotique superficiel (SMAS), et modification de la dynamique musculaire. En réorientant la cosmétique vers les muscles faciaux, la marque s’inscrit dans une tendance de fond : la médicalisation progressive du discours beauté, où l’argument scientifique devient un outil marketing central.
2026, l’année de la structuration industrielle
Seasonly entend désormais standardiser sa méthode. Le lancement de la Seasonly Academy vise à former des facialistes certifiées, à diffuser des protocoles propriétaires et à créer un réseau. Ce mouvement rappelle les stratégies d’industrialisation du Pilates ou du yoga boutique, où le service devient scalable via la formation.
En parallèle, Seasonly ambitionne un déploiement massif de skins studios en France, avec un objectif de plusieurs dizaines d’ouvertures et une vision internationale. La marque veut devenir un acteur du service premium récurrent, avec des abonnements mensuels de soins visage, sur le modèle du Pilates ou du yoga. En investissant le muscle facial comme nouveau territoire, Seasonly se positionne à la lisière de la médecine esthétique douce. Cette stratégie lui permet de capter une clientèle en quête de naturalité tout en s’appropriant les codes du médical.
Reste une interrogation : dans un secteur dominé par les technologies lourdes – lasers, ultrasons, injectables –, le facialisme peut-il constituer une alternative durable ou restera-t-il un segment niche à forte valeur symbolique ?
La thèse Seasonly : le muscle, matrice invisible de la jeunesse cutanée
Si la cosmétique s’est longtemps concentrée sur la surface de la peau – collagène, hydratation, barrière cutanée –, Seasonly adopte une vision structurelle, inspirée de la médecine esthétique et de l’anatomie fonctionnelle. D’un point de vue médical, le vieillissement du visage ne se limite pas à la peau. Il concerne un ensemble complexe : le derme et ses fibres de collagène et d’élastine, la graisse sous-cutanée, le système musculo-aponévrotique superficiel (SMAS), les muscles de la mimique, et même le squelette facial.
Les muscles du visage jouent un rôle double : ils structurent les volumes (pommettes, ovale, regard) et créent les rides d’expression par contractions répétées. Certains chercheurs ont même proposé que les contractions musculaires soient l’un des moteurs initiaux du vieillissement facial, la gravité jouant un rôle secondaire. C’est précisément ce terrain que Seasonly exploite, agir sur les muscles pour transformer la peau. Le thème du muscle facial s’inscrit dans une mutation plus large de l’industrie beauté : la beauté structurelle. Les avancées médicales montrent que le relâchement cutané résulte de la combinaison peau-graisse-muscle, ce qui explique pourquoi les injections volumatrices ou les liftings ciblent le plan musculo-aponévrotique.
En s’appropriant ce discours, Seasonly se positionne à la frontière entre cosmétique et médecine esthétique douce, un segment à très forte croissance. La marque parle de “jeunesse durable, de la peau jusqu’aux muscles”, construisant un storytelling quasi biomédical.
La gym faciale comme alternative aux injections
Le positionnement stratégique de Seasonly repose sur un insight sociétal fort : une génération de clientes souhaite des résultats visibles, mais refuse les techniques invasives. Le massage facial, présenté comme une “gym du visage”, mobilise la cinquantaine de muscles du visage et du cou. Il vise à relancer la circulation, drainer les tissus, stimuler les fibroblastes et redessiner les contours. Selon les données internes de la marque, une séance pourrait réduire l’apparence des rides en moyenne de 18 % en 30 minutes, avec un effet tenseur immédiat.
Sur le plan médical, cette approche est cohérente : en ciblant les muscles clés (frontalis, orbiculaire, zygomatiques, muscles sous-mentonniers), il est possible de modifier la tension cutanée et la perception du vieillissement, ce qui rapproche la pratique du facialisme de la rééducation esthétique.
2026 : Seasonly change d’échelle et structure son modèle
En 2026, Seasonly ne se contente plus d’être une marque cosmétique. Elle construit un écosystème. Avec la Seasonly Academy, l’entreprise a lancé un programme de formation professionnelle pour facialistes, afin de standardiser sa méthode et de créer une communauté d’expertes certifiées. Cette stratégie rappelle celle des chaînes de fitness boutique : diffusion d’un protocole propriétaire, création d’un réseau et monétisation de la formation.
Parallèlement, Seasonly ambitionne un déploiement massif de studios en France, avec l’expansion des Skin Studios, avec un objectif de plusieurs dizaines d’ouvertures et une vision internationale. La marque veut devenir un acteur du service premium récurrent, avec des abonnements mensuels de soins visage, sur le modèle du Pilates ou du yoga.
La marque combine ainsi cosmétiques, accessoires de massage, diagnostics de peau et contenu éducatif. Cette hybridation permet de capter la cliente sur toute la chaîne de valeur : produit à domicile, expérience en studio, formation et prescription via les facialistes.
Une stratégie business dans l’air du temps : clean, holistique, non invasive
Seasonly incarne donc plusieurs tendances macro : la montée du clean beauty et du vegan, la demande de naturalité face aux injections, l’essor des expériences premium et personnalisées, et la convergence entre wellness, sport et beauté. En transformant le visage en terrain d’entraînement, la marque convertit un geste ancestral – le massage – en protocole scientifique et en business scalable.
En 2026, Seasonly ne vend plus seulement des crèmes. Elle vend une vision biomécanique du visage. En plaçant les muscles au cœur de la jeunesse cutanée, elle redéfinit la cosmétique comme une discipline structurelle, proche de la kinésithérapie esthétique. Reste à savoir si ce modèle pourra rivaliser avec la médecine esthétique technologique – radiofréquence, ultrasons, injectables –, ou s’il s’imposera comme l’alternative soft power d’une beauté consciente. Mais une chose est sûre : Seasonly a compris que la peau n’est qu’une façade, et que la jeunesse se joue, d’abord, dans la profondeur des tissus.
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