Rue du Faubourg Saint-Honoré, le clinquant n’est pas une surprise. Mais quand l’or devient concept, métaphore, provocation douce, c’est que Gao Weigang est dans les parages. Depuis le 9 octobre, la Maison de beauté Carita se mue en galerie à facettes multiples, accueillant L’Odyssée de l’or, une exposition du sculpteur chinois né en 1976 à Tianjin, formé à Pékin, et habitué à faire vaciller nos certitudes matérielles à coups de métal et de paradoxe.
Le monde vacille, les certitudes s’effritent, mais l’or, lui, continue d’aveugler. Dans la Maison de beauté Carita, temple du soin feutré et du luxe sans ride, Gao Weigang installe ses totems brillants comme autant de miroirs tendus à nos illusions. Bienvenue dans L’Odyssée de l’or, cette exposition-labyrinthe où l’objet devient fable, et le métal précieux, piège à regards.
Sous la dorure, l’interrogation

Weigang, 47 ans, plasticien chinois sans frontières, brouille les pistes. L’or ? Ni symbole de pouvoir ni simple matière. Plutôt une énigme. “Il suffit d’en recouvrir un objet pour qu’il bascule dans un autre monde“, dit-il. Voilà donc des structures dorées, massives, presque sacrées, trônant là où d’ordinaire on applique sérums et élixirs. Carita se laisse traverser par l’art, comme un visage par le temps.
Beauté cubique, histoire géométrique

Depuis les années 70, la maison fondée par les sœurs Carita s’amuse à redessiner ses lignes. En 1971, déjà, l’architecte Paolo Tommasi leur offrait ce cube blanc, surgissant comme un manifeste au cœur du chic parisien. Cinquante ans plus tard, Gao Weigang y installe son propre alphabet, celui d’un monde où la beauté se mesure à l’éclat d’une idée, pas seulement à celui d’un bijou.
Et si l’art aussi soignait ?

Derrière les installations, une autre histoire s’écrit, plus discrète, plus commerciale aussi. Car cette odyssée est aussi celle de la gamme Or Rejuvenic, infusée au Biotech Gold 24K, or biotech, luxe liquide, science et fiction. Une promesse de régénération dans un monde qui s’oxyde. Est-ce encore de la cosmétique ? Ou déjà un geste artistique ?
Jusqu’au 18 novembre, l’exposition ne se regarde pas : elle se traverse, comme un poème doré, ou un rêve d’alchimiste contemporain. Gao Weigang ne sculpte pas seulement l’or. Il sculpte ce que nous voulons voir en lui.
Pour plus d'informations :
Maison de Beauté Carita
11 Faubourg Saint-Honoré Paris
Site web Carita
Réservation pour l'exposition l'Odyssée de l'or