Dans le cinquième arrondissement de Paris, en pleine jungle universitaire et touristico-bourgeoise, un ovni rétro s’est posé rue de Poissy. Derrière sa façade sombre et faussement austère, l’Hôtel Pilgrim joue la carte d’un revival seventies bien ficelé, à la croisée du brutalisme chic et du cocon arty.
Exit les hôtels de charme en mode naphtaline, bienvenue dans un refuge néo-vintage pour voyageurs urbains en quête de sensations analogiques.
Lobby brutaliste, ambiance feutrée

Dès l’entrée, le ton est donné : béton apparent, volumes maîtrisés, design léché. Un salon lounge comme figé dans un plan-séquence de L’Important c’est d’aimer : tables basses en bois sombre, fauteuils enveloppants, cheminée à vapeur en guise de feu sacré. Sur les murs, les fresques du duo Redfield & Dattner injectent une dose de poésie contemporaine à cette scénographie rétro. Le tout s’ouvre sur une terrasse discrète, parfaite pour un café du matin ou un zoom call qui finit en verre de blanc.
Des chambres qui claquent, des soins qui dorlotent
Sur six étages, les 53 chambres déclinent le fil rouge esthétique : teintes chaudes, matériaux bruts, détails bien sentis. Chaque pièce raconte une histoire, entre clins d’œil à un Paris d’avant-gentrification et accrochages venus d’ailleurs. À l’étage bien-être, parce que personne ne dit non à une pause, on retrouve une piscine intérieure, un hammam discret, des soins bien pensés et une salle de sport équipée mais pas oppressante. Clients de passage ou Parisiens en quête de calme : la parenthèse est accessible à tous.

Une enclave bohème entre Panthéon et Jardin des Plantes
Le Pilgrim n’est pas seulement un hôtel. C’est un manifeste esthétique. Installé à deux pas de la Seine et du Quartier latin, il détourne les codes du luxe formaté pour proposer une expérience qui sent bon le disco chic, les vinyles poussiéreux et les intérieurs qui racontent des vies. Pensé par l’architecte Cyril Durand Behar, l’ancien garage est devenu un repaire d’initiés, un laboratoire de textures où le verre fumé côtoie les panneaux laqués sans jamais sombrer dans le pastiche.
Un parfum d’ailleurs à deux pas du cœur de Paris
La curation artistique, signée Saint-Lazare, injecte dans chaque recoin un supplément d’âme mondialisée. Le Pilgrim assume son cosmopolitisme : ici, on voyage sans prendre l’avion. On flâne dans le 5ᵉ comme on traverse un souvenir. Et quand on redescend du rooftop, c’est Paris qu’on redécouvre. Avec un léger filtre sépia.
Réservations pour un voyage dans le temps : bonjour@hotelpilgrim.paris