La présidente du Prix Monique Cara, entourée des grands chefs pour la 23e édition du prix Antoine Carême. © Alain Robert

Prix Antonin Carême : quand la gastronomie se lit comme un roman

Lise-Marie Ranner-Luxin
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Lise-Marie Ranner-Luxin
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Fondatrice du site, Lise-Marie aime la culture et sa ville Paris. Elle a travaillé dans la presse magazine féminine et informatique ainsi que dans la mode....
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Dans le très chic Salon Collet de la mairie du 6e arrondissement, ça sentait bon le papier glacé, les herbes fraîches et les plats mijotés. Ce 12 décembre, pour la 23e fois, le Prix littéraire de la gastronomie Antonin Carême remettait ses distinctions, dans un Paris froid, mais parfumé aux effluves de cuisine de chefs.

Aux manettes de cette cérémonie : Pierre-Christian Taittinger (version héritage), président d’honneur d’un événement qui mêle fourneaux et feuillets, marmites et manuscrits, recettes et récits.

Un prix à croquer

L’idée ? Récompenser chaque année les plus beaux livres consacrés à la gastronomie, dans sa largeur : cuisine de terroir, techniques de chefs, traditions régionales, mémoire gustative ou photographie culinaire. On y parle autant d’assiettes que d’anecdotes, de légumes oubliés que d’édition soignée. Le jury, mi-gastronome, mi-bibliophile, y scrute autant l’excellence culinaire que l’engagement éco-responsable, l’innovation dans l’assiette que la beauté de la page. Autant dire que la sélection est corsée.

Trois fourchettes au palmarès

Au sommet du podium 2023, Pierre Gagnaire décroche le prix principal pour Une vie en cuisine (éd. Keribus), un voyage à travers sa carrière de chef aussi virtuose qu’inclassable. Derrière lui, Ezéchiel Zérah pour Marseille un jour sans fin (Hachette), balade urbaine et gustative au rythme de la cité phocéenne. En troisième position, le boulanger-pâtissier Benoît Castel et son Garde-manger (La Martinière), ode aux plaisirs simples et à la cuisine de proximité.

Des images qui parlent

Côté visuel, le Prix Spécial du Jury Pierre-Christian Taittinger clin d’œil à celui qui contribua à faire naître l’événement revient à Matteo Carassale et Mauro Colagreco pour Sous le signe de la lune (La Martinière), alliance de haute cuisine et d’astres poétiques. Le duo Richard Haughton / Gérard Passedat se hisse en deuxième place avec Des Abysses à la lumière (Flammarion), suivi par Laurent Fau / Christophe Roussel pour Leçons de pâtisserie (Hachette).

Et la cuisine au féminin ?

Alessandra Montagne Gomes et le président du Jury Stéphane Layani

Le Prix Littéraire Féminin de Rungis, qui met en lumière les plumes et les fourneaux des femmes, revient à Alessandra Montagne Gomes pour Ma cuisine de cœur (Flammarion), déclaration d’amour aux racines brésiliennes et aux produits franciliens. Les traditions italiennes sont célébrées avec Les recettes des grands-mères italiennes (First), tandis que la Crète de Dina Nikolaou (Hachette) ferme la marche, entre huile d’olive et souvenirs familiaux.

Un jury aux petits oignons

Le casting des jurés a de quoi faire saliver : Monique Cara (cofondatrice), Edouard Cointreau (gastronomie internationale), Catherine Dumas (sénatrice), Jean-Pierre Lecoq (maire du 6e), ou encore Henri-Pierre Millescamps, expert ès-livres. Le tout saupoudré d’acteurs engagés dans la sauvegarde du repas gastronomique français au patrimoine mondial. Avant la cérémonie, tout ce petit monde s’était retrouvé le 6 décembre à La Table du Luxembourg, repaire du chef Philippe Renard président du prix pour débattre, goûter, trancher.

Antonin Carême, un nom qui mijote encore

Créé en 2000 en hommage au premier “chef” de l’histoire culinaire française à porter ce titre, le Prix Antonin Carême s’est imposé comme un rendez-vous incontournable du calendrier gourmand. Depuis la disparition de Pierre-Christian Taittinger, son prix spécial porte son nom et célèbre, chaque année, la beauté des livres qui racontent les plats autant qu’ils les magnifient.

Entre deux bouchées, les lauréats 2023 ont été fêtés comme il se doit, dans une atmosphère où le luxe de la gastronomie ne se dévore pas : il se lit, se regarde, se savoure. À petites lampées.

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Fondatrice du site, Lise-Marie aime la culture et sa ville Paris. Elle a travaillé dans la presse magazine féminine et informatique ainsi que dans la mode. Grande fan du New Yorker, Vogue et Harper’s Bazaar, c’est de ces prestigieuses revues qu’elle s’est inspirée pour créer Rapporteuses.com, des revues avant-gardistes qui ont contribué à l’émancipation des femmes, en matière de mode, de société, d’art et de littérature.
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