Depuis 2004, Dans le Noir ? joue à éteindre la lumière pour rallumer le reste. Édouard de Broglie, son fondateur, avait flairé le coup : dans l’obscurité totale, les sens se cabrent, la vue se tait, l’odorat et le toucher reprennent du galon. Restos, spas, ateliers olfactifs… l’enseigne a bâti un empire mondial sur un simple interrupteur : off. Paris, Auckland, Londres, Lisbonne… on y dîne, on s’y fait masser, on respire à l’aveugle.
Vingt ans après, la marque passe du plat au flacon. Première eau de parfum. Même nom, même concept : Dans le Noir ?. Une ode à la nuit, un manifeste olfactif pour l’inclusion. Ici, la création s’est faite sans lumière, mais pas sans éclats. Aux manettes, Suzy Le Helley, nez de chez Symrise, épaulée par des experts sensoriels et des malvoyants de Paris à Madrid. Objectif : fabriquer un jus qui palpite entre calme et sensualité.
Résultat : un bois-musqué qui ne minaude pas. Longoza épicé, fève tonka veloutée, bois de santal crémeux. Accord lacté, soupçon de vanille. Ça caresse et ça griffe, ça apaise et ça chauffe. Plus qu’un parfum, un doigt sur la tempe des codes du luxe, qui les renverse en douceur.
Et puis il y a le flacon. Signé Elena Potapova. Épure sombre, silhouette nerveuse, un point d’interrogation planté comme un hameçon. Du braille sur la boîte, du relief sous les doigts : la bouteille, déjà, se sent avant de se voir. Comme un rappel : ici, on ne consomme pas des images, on vit des sensations.


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