Le défilé Balmain ovationné Crédit : Balmain

Balmain : Rousteing en dix leçons

Lise-Marie Ranner-Luxin
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Lise-Marie Ranner-Luxin
Directrice de la rédaction
Fondatrice du site, Lise-Marie aime la culture et sa ville Paris. Elle a travaillé dans la presse magazine féminine et informatique ainsi que dans la mode....
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Dix ans déjà qu’il taille sa route dans les dorures de la maison Balmain. Mercredi soir, Olivier Rousteing, enfant prodige de la mode 2.0, soufflait ses bougies à la Seine Musicale comme on organise un sacre. Deux jours de défilé, de décibels et de nostalgie bien huilée sur l’île Seguin. Un festival plus qu’un show, un manifeste générationnel plutôt qu’un simple anniversaire.

Depuis 2011, le Wonder Boy d’Instagram a troqué le tailleur militaire pour un trône couture. À 25 ans, il reprenait le flambeau laissé par Decarnin, conservant les épaulettes, les cuirs et les ors, mais les envoyant en orbite digitale, sous les flashs de Kim K, Rihanna ou Queen Bee. Balmain, rebooté en marque mondiale, à grand renfort de filtres et de followers.

Rétrospective rutilante, casting d’anthologie

Alessandra Ambrosio et Neymar au défilé Balmain © Zabulon Laurent/ABACA

À Balmain, les anniversaires ne se fêtent pas dans l’intime. La maison a pris ses quartiers à la Seine Musicale, version bunker de la hype sur l’île Seguin. Deux jours de fête et une pluie de top models venus ranimer les silhouettes cultes du créateur. Campbell en éclaireuse, suivie par Cindy Bruna, Adut Akech, Imaan Hammam ou encore la revenante Milla Jovovich. Les robes cannage du printemps 2013, les œufs Fabergé de l’hiver 2012, les lamés futuristes de 2017 : tout y était, repassé, retouché, revendiqué.

En coulisses, Beyoncé. Pas sur scène, trop attendu, mais dans les enceintes, sa voix en ouverture, saluant le travail du styliste avec un message personnel. La Queen valide. La salle s’incline.

“J’étais le bébé Balmain. Aujourd’hui, Balmain est mon bébé.”

Rousteing le dit sans trembler. Lui qui fut l’assistant discret de Decarnin, devenu visage de la nouvelle garde. Le “bébé” a pris du galon. Un storytelling bien ficelé : jeunesse, diversité, pop culture. Il a transformé l’héritage en produit d’appel. Son coup de génie ? Avoir compris que la mode ne se regarde plus, elle se poste.

En dix ans, il a sorti Balmain de ses ors naphtalinés pour l’envoyer surfer sur la vague Y2K. Il a gardé la flamboyance, viré la poussière. Remix permanent de l’ADN maison, entre archive, fanfare et strass algorithmique.

La presse s’est levée, les smartphones ont chauffé. Beyoncé n’était pas là, mais Rousteing, lui, l’était. Et c’est bien lui, désormais, la vraie rock star de Balmain.

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Fondatrice du site, Lise-Marie aime la culture et sa ville Paris. Elle a travaillé dans la presse magazine féminine et informatique ainsi que dans la mode. Grande fan du New Yorker, Vogue et Harper’s Bazaar, c’est de ces prestigieuses revues qu’elle s’est inspirée pour créer Rapporteuses.com, des revues avant-gardistes qui ont contribué à l’émancipation des femmes, en matière de mode, de société, d’art et de littérature.