Fragile sur sa tige, mais coriace dans l’âme. La Rose de Damas a survécu aux siècles, aux guerres, aux sanctions et aux tremblements de terre. Fleur star d’un pays meurtri, elle se pavane désormais dans les salons diplomatiques et les jardins royaux. Novembre 2024 : sous les ors de l’UNESCO, la Semaine arabe la met sous les projecteurs. Deux ans plus tôt, 500 pieds prenaient la route des Jardins Royaux de Turin, un parfum de réconciliation dans les valises.
C’est plus qu’un bouquet. Depuis 2019, la Rose de Damas figure sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Elle porte sur ses pétales une mémoire millénaire, l’empreinte de Damas, berceau de savoir-faire où la fleur devient parfum, savon, huile précieuse. Les gestes sont anciens, transmis dans l’ombre des patios, de mère en fille, de voisin à voisin.
Dans les campagnes syriennes, Syrie Trust for Development joue les chefs d’orchestre. Coopératives agricoles, filières de production, formation des femmes, tout pour que la rose ne se fane pas sous les coups de l’histoire. Car derrière le parfum, il y a l’économie. Derrière la fleur, la survie.
Dans un pays fracturé, la Rose de Damas devient étendard. Diplomatie culturelle contre diplomatie des armes. Symbole de ce qui reste à partager quand il n’y a plus rien à vendre. Et preuve qu’une fleur, parfois, peut peser aussi lourd qu’un traité.



