Cent trente ans et toujours l’œil qui frise. Le 14 novembre dernier, les Galeries Lafayette Paris Haussmann ont rallumé la mèche de leur mythe. Sous la Coupole Belle Époque, entre balustrades dorées et parfums sucrés, le grand magasin a déployé sa parade de fin d’année : vitrines animées, sapin géant et têtes d’affiche calibrées. Vianney pour la voix douce, Kevin Germanier pour les strass recyclés.

Germanier, trublion helvète du glamour durable, a cousu onze vitrines comme on monte un défilé : clin d’œil à l’histoire de la maison, paillettes d’upcycling et silhouettes qui scintillent comme si la crise n’existait pas. Au centre, le Grand Sapin, chandelier monumental bardé de LED programmables, pulsait au rythme d’un show lumière millimétré. Les enfants levaient la tête, les adultes dégainaient le smartphone.
Vianney, invité d’honneur, a plaqué ses accords sous les volutes Art nouveau, glissé une reprise de Love is all around, puis laissé entrer la maîtrise de Radio France pour un final choral qui donnait des frissons.
La fête se prolonge jusqu’au 2 janvier. Temps pour flâner devant les vitrines, lever les yeux vers le sapin et se rappeler que, depuis plus d’un siècle, Noël à Haussmann, c’est un peu Broadway avec un parfum de marrons chauds.

