Beverly Hills, été 1989. Des coups de fusil à pompe dans une villa cossue, un père criblé de balles dans les rotules, une mère abattue en rampant. Trente-cinq ans plus tard, le feuilleton continue : Erik Menendez, 54 ans, vient de se voir refuser sa libération conditionnelle. Son frère Lyle, 57 ans, doit passer devant la même commission vendredi. Autant dire que la porte du pénitencier reste solidement verrouillée.
Pas de happy end donc pour les enfants terribles de Beverly Hills. Erik Menendez, vient de se faire recaler par la commission des libérations conditionnelles. Trois ans de rab derrière les barreaux de San Diego. C’est au tour de son frère Lyle, de passer devant les juges vendredi.
Retour arrière : été 1989, villa cossue, fusils à pompe. José Menendez, papa magnat du showbiz, est troué dans les rotules. Kitty, la mère, exécutée alors qu’elle tentait de ramper vers la sortie. Les policiers ont d’abord gobé la version « mafia ». Puis les psys ont lâché l’info : Erik a craché le morceau en thérapie. Résultat : procès showbiz, caméras dans la salle, Amérique collée devant son poste. Bien avant les Kardashian, les Menendez ont inventé la téléréalité du crime.
Leur procès, dans les années 90, fut un choc télévisuel. Avant O.J. Simpson, avant les reality shows, l’Amérique s’est passionnée pour ces deux golden boys d’origine cubaine jugés pour avoir massacré leurs parents millionnaires. Retransmis en direct, le procès a offert au public ses premiers plans serrés sur des accusés en larmes, ses premiers débats sur l’inceste, ses premiers jurés transformés en stars éphémères.
La défense des frères ? Le père, José, magnat du show-business, les aurait violés des années durant, leur mère Kitty aurait fermé les yeux. La thèse d’une « exécution pour héritage », 14 millions de dollars à l’époque, s’opposait à celle d’une « légitime défense désespérée ». Le jury a tranché : perpétuité sans remise de peine. Clap de fin. La justice californienne, elle, ne binge-watch pas. « Faux récit de légitime défense », tranche le procureur Nathan Hochman. Les soutiens parlent de « sincère évolution ». Les juges, eux, préfèrent jouer la montre.
Sauf qu’à l’ère du streaming, les morts sortent du placard. Netflix est arrivé. En 2023, la plateforme a ravivé la mémoire des frangins avec Monsters: The Lyle and Erik Menendez Story, anthologie signée Ryan Murphy, déjà coupable d’avoir redonné chair à Dahmer. Images d’archives, reconstitutions saturées de musique 80’s, interviews à gogo : l’affaire a repris vie comme un vieux clip MTV. Dans la foulée, un documentaire a enfoncé le clou, ramenant le duo en haut de la pile médiatique. Assez pour séduire Kim Kardashian, qui a publiquement soutenu leur demande de libération. Résultat : hashtags à gogo, fans conquis, Kim en soutien de choc.
Pas assez pour convaincre la justice. « Ils continuent de vendre un faux récit de légitime défense », a cinglé Nathan Hochman, procureur de Los Angeles. Les soutiens, eux, insistent sur leur « évolution constante », leur « sincère remords ». La commission, qui a entendu Erik par visioconférence depuis sa prison de San Diego, a tranché : trois ans de plus minimum avant toute nouvelle tentative.
Alors, Lyle sortira-t-il vendredi ? Pas sûr. Sauf retournement improbable, lui aussi devrait rester enfermé. Même si la commission changeait d’avis, le dernier mot reviendrait au gouverneur Gavin Newsom, peu enclin à libérer les fantômes sanglants de Beverly Hills. Et le démocrate a déjà montré qu’il n’aimait pas revenir sur le passé : en 2022, il avait retoqué la libération de Sirhan Sirhan, l’assassin de Robert Kennedy.
Moralité : la série aura relancé le débat. Mais dans la vraie vie, les Menendez restent coincés dans la cellule, bien loin du scénario Netflix. Les Menendez font pleurer les spectateurs, mais continuent de vieillir derrière les barreaux.