Le noir n’a jamais vraiment quitté la scène. Il attendait juste son heure. Cette année, il revient, cuir battant et œil charbonneux, dans un revival gothique qui ne fait pas dans la dentelle. La faute, ou plutôt merci, à Mercredi, la série Netflix qui a remis les pendules à l’heure macabre.
Sur les podiums, dans la rue, dans les armoires des modeuses les plus affûtées : le look « total black » refait surface. Pas un noir fade de demi-saison, non. Un noir intense, qui frôle le dramatique, accessoirisé à coups de corsets, harnais, basques et ceintures à boucles.
Le noir, couleur ou non-couleur ? Les scientifiques diront : absence de lumière. Les poètes, eux, y verront toutes les couleurs fondues en une seule. Symbole de deuil dans certaines cultures, étendard de noblesse dans d’autres, le noir navigue entre élégance et gravité, luxe et mélancolie. Un professeur des Beaux-Arts avait coutume de bannir le noir en tube, trop facile, trop brut. À la place : mélanges savants de bleus, rouges, verts profonds. Pour dire que le noir, le vrai, se construit.
Au XXe siècle, il est devenu le costume trois-pièces de la modernité. Celui de Chanel, de Saint Laurent, du Bauhaus. Le noir graphique, tranchant, lumineux par contraste. Aujourd’hui encore, il est synonyme de radicalité chic, de minimalisme efficace. La sainte trinité du design, rouge, blanc, noir, en est la preuve criante.



Chez Minerva Paris, le noir prend des allures de manifeste. La collection de la saison flirte avec les codes du goth : silhouettes sculptées par le cuir, laçages suggestifs, accessoires affûtés. Et toujours cette idée que le vêtement n’est pas juste une protection, mais une projection. Une armure douce pour des guerrières contemporaines.
Pas étonnant que le style motard et le rock’n’roll s’y retrouvent. Blousons en cuir, bottes cloutées, détails métalliques : le noir se fait route, rage et résistance. Et si la maison Minerva ajoute sa touche — un zeste de customisation, quelques jets de peinture bien sentis, c’est pour mieux rappeler que le style est aussi une question d’attitude.
Et vous, le noir, ça vous habille ou ça vous révèle ? Est-ce un cri sourd ou un silence éclatant ? Dites-le-nous. Parce qu’après tout, le noir, c’est aussi une page blanche.