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Sète

Sète © Jean-Ralph Adiba

National 7, terminus en gare de Sète, on est heureux en arrivant à Sète

Départ pour Sète à 7h10 je vais visiter des amis dans cette ville de Sète que je n’avais jamais eu la joie de découvrir.

Découvrir, découvrir, découvrir, que de voyages l’on commet en ton nom. De grands voyages, Mexique, Maurice, Malaisie. Et des petits voyages, Cannes, Noirmoutier, Sète. Il faut vraiment de tout pour faire de beaux voyages. Le cimetière est à 2 minutes à vol d’oiseau de l’appartement où je me trouve. Je viens me recueillir sur le lieu où repose mon pote parti trop vite… Serge.

Rue Georges Brassens © Jean-Ralph Adiba

Serge…

Serge, je viens avec un peu de retard te retrouver en regrettant de ne pas avoir eu le temps de venir te voir Paula et toi. Je m’en veux un peu, car malgré les vicissitudes de nos vies passées avec beaucoup de soucis, je pensais à vous, sans oser vous le dire, mais aussi faute de temps.

Et puis le hasard fait bien les choses. Le 2 octobre date de mon arrivée à Sète, correspond à un jour près, à la date d’anniversaire de mon idole et celle de nombreuses personnes, Georges Brassens né précisément un 22 octobre 1921 au 20 de la rue qui porte dorénavant son nom. C’est à cette occasion que la ville de Sète toute entière fête l’enfant du pays.

Donc au cimetière, j’en profite pour saluer l’ami Georges en me recueillant sur sa tombe, sans contexte la plus visitée du lieu. Jaillissent des souvenirs qui reviennent à la surface, quand la découverte de Brassens a été pour moi un extraordinaire révélateur tant par la qualité de Sète, que par son humour poussé parfois jusqu’au second, voir troisième degré.

J’apprenais la vie dans toute sa quintessence et je me suis mis à apprendre toutes ses chansons par cœur, d’où mon amour de la langue française. En visitant les deux tombes, j’essayais d’assimiler ces deux êtres à leur mode de vie pourtant si dissociable, et si différent, mais qui se rejoignaient.

Serge tout en étant cadre dans une entreprise de bâtiment, a inspiré Coluche dans son fameux sketch de Papi Mougeot, car patiemment, Serge artiste dans l’âme, avait organisé un défilé de tous ses potes pour découvrir les débuts de celui qui allait devenir une super star des planches : Michel Colucci, dit Coluche.

Tombe de Georges Brassens

Sète. Tombe de Georges Brassens © Jean-Ralph Adiba 

Ce trait d’union somme toute, d’un artiste qui rencontre un autre artiste, et qui sont sans le vouloir unis pour la vie, me plait effectivement.  J’espère que ces deux talents vont se raconter, se souvenir et continuer de nous offrir leur joie. Chapeau les artistes, vous êtes partis, mais vous êtes toujours présents parmi nous.

Je marche à présent le long d’un quai, et j’immortalise avec mon fidèle D3X Nikon et son 24/300 mm, des images de couleurs tout droit sorties d’un magazine de tourisme, des bateaux des goélands, une vraie symphonie de couleurs, un kaléidoscope vivant et enchanteur. Le ciel est si bleu et le temps si beau, si clément, que je suis apaisé en découvrant cette ville, c’est un vrai bonheur. C’est comme la visite d’un musée. Tout me plait tout le temps, les cartes postales s’étalent en grandeur nature, je suis séduit d’une manière enchanteresse, et me demande : pourquoi suis-je venu si tard dans cette ville ?

22 V’là Georges !

Sur les conseils de promeneurs rencontrés sur les quais, je me rends sur les lieux, la rue, puis la maison qui l’a vu naître. Un concert exceptionnel le 24 octobre à 17h sous le chapiteau du village 22V’là Georges place de la République, réunissait 100 choristes pour les 100 ans. La chorale Cap Brassens dirigée par Juliette Pradelle a invité les chorales des Chants de Thau et la Chorale de Sète dirigée par Franck Fontcouberte, à célébrer le centenaire de la naissance de Brassens. Chaque groupe, déclame du George Brassens dans toute sa splendeur : Pauvre Martin, J’ai rendez-vous avec vous, La complainte des filles de joie et La mauvaise réputation.

Toutes les personnes présentes, en sourdine ou dans leur attitude, sont à l’unisson des chorales. C’est un festival de complicité entre le public et les choristes, cela donne une ambiance très conviviale et bon enfant. Brassens est partout, non seulement dans la bouche et dans les yeux des afficionados, mais dans nos cœurs.

Un grand bravo aux organisateurs. Le maire de Sète François Commeinhes a tenu à féliciter en personne le travail accompli par ces bénévoles, qui étape par étape, ont fignolé un spectacle somptueux, inoubliable, et porteur d’une immense joie durable.

Au passage saluons Dominique Vilaine qui a croquis d’une manière exquise Georges Brassens avec toute sa verve et sa joie de vivre.

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