Situé entre Sélestat et Colmar, la ville alsacienne de Bergheim fascine pour la beauté de son architecture médiévale. Élu « Village préféré des Français » en 2022 par les téléspectateurs de France 3. © DR

Bergheim, forteresse de charme et de mémoire

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Entre Sélestat et Colmar, Bergheim déroule son passé comme on déplie un vieux parchemin encore parfumé d’encre et de mystère. Ici, les siècles s’imbriquent comme les colombages des façades et les pierres des remparts : avec cohérence, patience, et une certaine idée de la beauté.

Élue “Village préféré des Français” en 2022, cette bourgade d’à peine 2 000 âmes résiste au temps avec l’élégance discrète des lieux qui n’ont jamais eu besoin de forcer leur charme.

Derrière les murs, les histoires

Des imposants remparts du XIVème siècle entourent la ville. © DR

La première chose que l’on voit, ce sont les murs. Hauts, épais, enserrant le cœur du village comme une promesse tenue. Construits au XIVe siècle, les remparts de Bergheim ne protègent plus des armées, mais du vacarme du monde. Ils murmurent des récits d’antan, ceux que les guides ne racontent pas toujours : les veillées au coin du feu, les prières, les peurs… Et les procès.

Car Bergheim ne cache pas ses ombres. La Maison des Sorcières s’y dresse comme un rappel : entre 1582 et 1683, des dizaines de femmes y furent jugées pour sorcellerie. Dans ce lieu devenu musée, les archives parlent fort, et les murs aussi.

Un peu plus loin, l’église Notre-Dame de l’Assomption raconte une autre histoire : celle d’un art sacré enraciné dans la pierre. Construite en 1347, elle conserve des fresques médiévales, des peintures murales, et des statues polychromes datées de 1480. Chaque détail y est une balise du temps, un repère dans la lente course de l’Histoire.

Et puis, presque en retrait, la synagogue néo-romane désacralisée depuis 1992 témoigne de la présence juive dans la ville dès 1398. Une mémoire effacée trop souvent, ici restaurée avec pudeur.

Détours et vertiges

L’église de Notre-Dame de l’Assomption construite en 1347. Entre ses murs : des peintures murales médiévales, fresques du XIVe siècle et statues en bois polychromé datées de 1480. © DR

Mais Bergheim, ce n’est pas qu’un passé figé. C’est aussi un décor vivant, animé par le rythme lent des saisons et les pas feutrés des visiteurs. On y flâne entre les maisons à pans de bois, les fenêtres débordantes de géraniums, les cours pavées où résonne encore l’accent du terroir.

Les amateurs de plein air s’aventureront sur la Véloroute du Vignoble, qui serpente entre les ceps et les collines comme une invitation au lâcher-prise. Les autres prendront le temps d’une dégustation dans une cave, où le vin blanc d’Alsace coule comme une histoire à boire, à la fois sèche et fruitée, complexe et accessible. Bergheim se goûte autant qu’il se visite.

Un village debout

© DR

Dans un monde où l’on défait plus vite qu’on ne répare, Bergheim se tient là, debout, intact, sans nostalgie, mais non sans fierté. Il est de ces villages qui prouvent que la modernité n’a pas besoin de faire table rase pour exister. Ici, chaque pierre garde le souvenir de celles et ceux qui ont vécu, aimé, souffert, ri. Et c’est peut-être pour cela qu’on y revient. Parce que Bergheim n’est pas juste joli. Il est juste vrai.

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