Sous la douceur des tablettes, un poison invisible. L’UFC-Que Choisir révèle des doses inquiétantes de cadmium. © DR

Goûter toxique

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Goût amer dans le chocolat. Une enquête de l’UFC-Que Choisir fait fondre son image lisse. Dans la tablette, la poudre ou les biscuits, on retrouve un invité toxique : le cadmium, métal lourd classé cancérogène. Un bol de céréales, deux carrés de bio, une tasse de chocolat chaud : l’équation quotidienne qui transforme les douceurs en bombes à retardement pour la santé des plus jeunes.

Dans une enquête publiée jeudi 21 août, l’UFC-Que Choisir balance des chiffres glaçants. Les produits chocolatés que l’on donne machinalement aux enfants sont contaminés à des niveaux qui inquiètent sérieusement les experts.

Des goûters qui plombent la santé

L’association a repassé au crible quarante références de biscuits, céréales et poudres chocolatées. Verdict : pour un enfant de dix ans pesant trente kilos, avaler dans la même journée deux biscuits fourrés Bjorg, un bol de Chocapic et une tasse de chocolat chaud Poulain suffit à atteindre la moitié du seuil critique fixé par l’Anses. Ce seuil, au-delà duquel les risques sanitaires ne peuvent plus être écartés, n’est pas une simple ligne sur un graphique : il signifie atteintes rénales, fragilité osseuse, troubles de la fertilité, cancers du poumon, du foie, du rein, du pancréas. Bref, un cocktail toxique servi au goûter.

Et le pire, c’est que le cadmium s’accumule dans le corps. Pas d’élimination. Une imprégnation lente, irréversible. Jour après jour, biscuit après biscuit.

Le bio plus noir que le noir

Surprise : ce sont les chocolats bio qui affichent les teneurs les plus élevées. Deux carrés de tablette suffisent à couvrir 61 % de la dose critique chez l’enfant. En cause : les sols volcaniques d’Amérique latine, riches en cadmium naturel. Résultat, les tablettes équitables, estampillées vertes et propres, se révèlent paradoxalement plus chargées que les industrielles issues des fèves africaines. Ces dernières en contiennent quatre fois moins, mais restent loin d’être inoffensives : jusqu’à 30 % de la dose tolérée pour un gamin de dix ans.

Un poison bien connu des toxicologues

Classé parmi les substances les plus nocives par les autorités sanitaires, le cadmium n’a rien d’un inconnu. Utilisé dans les engrais phosphatés, déjà pointé dans le pain, les pommes de terre ou les céréales, il vient se loger dans nos organismes sans prévenir. Le Centre international de recherche sur le cancer l’a placé dans la catégorie des cancérogènes certains pour l’homme. Pas une rumeur, pas une hypothèse : une certitude scientifique.

L’UFC réclame des comptes

Face à ce constat, l’UFC-Que Choisir appelle à une réaction politique. Première urgence : informer clairement les consommateurs sur l’origine des fèves et leur teneur en métaux lourds. Deuxième chantier : mettre la pression sur les filières d’approvisionnement, pour limiter l’exposition. Troisième étape : revoir les seuils réglementaires, aujourd’hui calés sur des données toxicologiques qui apparaissent dépassées.

En attendant, l’association préconise de limiter la consommation de produits chocolatés, surtout chez les enfants. « Modérer le chocolat » : un conseil qui sonne comme une hérésie dans un pays qui en consomme près de 7 kilos par an et par habitant. Mais quand la douceur se transforme en poison, le carré devient une roulette russe.

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