Paris, temple du shopping mondialisé, se drape de motifs africains. Du 7 février au 3 mars 2025, les Galeries Lafayette Haussmann s’encanaillent avec un pan de textile devenu symbole : le wax. Une exposition immersive, montée avec le Musée de l’Homme, pour raconter l’histoire mouvementée de ce tissu qui en dit long sur les plis du monde.
Indonésien à la naissance, colonisé par l’industrie européenne, réinventé à Bamako, célébré à Cotonou, twistant aujourd’hui sur les podiums de Lagos à Paris, le wax est tout sauf un simple imprimé à fleurs. C’est un manifeste cousu main, une épopée de coton et de résistance.
Dans le cadre de sa saison “Migrations”, le Musée de l’Homme s’empare de ce motif mondialisé, en explorant ses détours historiques et ses mutations stylistiques. Des batiks originels aux clichés argentiques de Seydou Keïta et Malick Sidibé, en passant par les archives de la maison Vlisco, c’est toute une cartographie textile du monde qui s’affiche.
Le grand magasin, lui, sort du placard de la consommation chic pour enfiler le costume du passeur culturel. Une scénographie inédite investit le premier étage du bâtiment Coupole, entre sacs à main griffés et parfums capiteux. On y flâne, on y découvre, on y apprend. Les Galeries Lafayette se veulent “lieu de convergence“, dixit Vincent Sénécat, leur directeur, dans un exercice de com’ calibré : “mode inclusive”, “talents globaux”, “histoires locales”. Et pourquoi pas, après tout.
Le wax, ce n’est pas qu’un tissu. C’est une mémoire cousue, une fierté portée, une esthétique qui résiste. Et Paris, malgré ses parfums de néocolonialisme feutré, se souvient que les étoffes ont aussi une voix.

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