À l’occasion de la 23ᵉ Semaine du Son de l’UNESCO, dont la conférence de presse s’est tenue jeudi 8 janvier 2026 au siège d’Universal Music France, chercheurs, industriels et responsables publics entendent faire du sonore un nouveau standard de qualité, de santé et de création. Entre rapport économique inédit, labels de référence et débats sur l’intelligence artificielle, le son change d’échelle.
- Un rendez-vous stratégique pour penser l’innovation sonore
- “Faire entendre le son, c’est penser le monde”
- Un rapport inédit dévoilé : le son, un poids économique tangible
- La qualité sonore certifiée : deux labels présentés
- Voix et intelligence artificielle : loin des fantasmes, place aux enjeux éthiques
- Acoustique durable et confort sonore : un enjeu environnemental
- Premier Week-End des Orchestres : musique pour tous
- Une Semaine du Son en mouvement
Omniprésent dans les transports, l’espace public ou les logements, le bruit s’impose au quotidien sans jamais vraiment entrer dans le champ de l’action publique. C’est pour rompre avec cette banalisation que La Semaine du Son est créée en 2004 par Christian Hugonnet, ingénieur du son. Partant d’un constat simple : le sonore n’est ni neutre ni anodin. Depuis, l’événement entend faire du son un sujet transversal, touchant à la santé, à l’environnement, à l’urbanisme, à la culture et à la vie sociale.
En 2019, son passage sous l’égide de l’UNESCO marque un changement d’échelle. Désormais reconnue comme un enjeu mondial, La Semaine du Son est relayée dans les 194 pays membres de l’organisation et se déploie, en France, dans plus de vingt villes. Une ONG internationale unique, entièrement dédiée au sonore.
Un rendez-vous stratégique pour penser l’innovation sonore
Paris, jeudi 8 janvier 2026, à 9 h précises, une centaine de journalistes, acteurs culturels, chercheurs et professionnels du son se pressaient dans l’auditorium d’Universal Music France pour assister à la traditionnelle conférence de presse d’ouverture de la 23ᵉ Semaine du Son de l’UNESCO, qui se déroulera du 19 janvier au 1ᵉʳ février 2026, sous le thème Son et innovations. Organisée par l’ONG La Semaine du Son, et parrainée par Pascal Lamy et Barbara Pravi, l’édition 2026 entend explorer les liens entre innovation sonore, économie, santé auditive, création artistique et environnement, à l’heure où le son est à la fois omniprésent et encore largement sous-évalué dans les politiques publiques.
“Faire entendre le son, c’est penser le monde”
C’est par ces mots que Christian Hugonnet, fondateur de l’association et maître de cérémonie de la matinée, a ouvert la conférence. Il a rappelé l’ambition de cette édition : dépasser l’appréhension sensorielle du son pour en explorer les impacts économiques, culturels, sociaux et technologiques.
Aux côtés de participants de haut niveau figuraient notamment Pascal Lamy, coparrain de l’événement, Paul Avan de l’Institut Pasteur, Charles-Antoine Schwerer du cabinet Asterès et Étienne Corteel de L-Acoustics, autant de voix pour incarner la diversité des angles d’analyse.
Un rapport inédit dévoilé : le son, un poids économique tangible
Ce fut sans doute l’un des temps forts : la présentation par Asterès d’un rapport inédit sur le poids économique et social du son en France. Charles-Antoine Schwerer a détaillé les chiffres clés et les tendances macro-économiques, soulignant que l’économie du sonore ne se limite pas à la filière musicale mais irrigue des secteurs aussi variés que la santé auditive, l’acoustique du bâtiment, les technologies immersives et l’événementiel.
Selon lui, le son représente un levier de croissance sous-estimé : il génère des emplois, stimule l’innovation industrielle et conditionne la qualité de vie dans des environnements toujours plus urbanisés. Des comparaisons internationales montrent d’importants écarts de maturité des politiques publiques autour de la qualité sonore.
La qualité sonore certifiée : deux labels présentés
Autre annonce marquante de la matinée : le lancement de deux labels inédits visant à instaurer des standards objectifs de qualité sonore. Le label “Qualité Sonore”, développé en collaboration avec l’Institut Pasteur, entend définir des critères garantissant une écoute optimale compatible avec la santé auditive. Paul Avan a insisté sur la dimension préventive de cette initiative, face à la montée des troubles auditifs dans toutes les tranches d’âge. Le label “Qualité attendue d’une sonorisation”, porté par L-Acoustics, se veut le premier référentiel objectif d’évaluation des prestations de sonorisation dans les espaces publics et culturels. Étienne Corteel a expliqué que ce label pourrait devenir une référence technique pour les organisateurs et les collectivités.
Ces deux certifications répondent à une demande grandissante d’excellence sonore, tant du point de vue technique que sanitaire, au moment où le monde de l’événementiel et de la diffusion multiplie les formats immersifs.
Voix et intelligence artificielle : loin des fantasmes, place aux enjeux éthiques
La conférence a abordé également l’un des sujets les plus controversés du moment : l’usage de l’intelligence artificielle dans la voix et la création musicale. Clonage vocal, voix synthétiques, droits des artistes, risques d’usurpation et nouveaux modèles économiques seront au cœur des échanges.
Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’encadrer ces technologies : garantir le respect des artistes, préserver les droits voisins et anticiper les bouleversements créatifs et industriels que cette révolution promet. Ce thème s’inscrit dans une dynamique plus large portée par l’UNESCO, qui planifie des débats internationaux sur l’usage responsable de ces technologies émergentes.
Acoustique durable et confort sonore : un enjeu environnemental
Un autre pan de la matinée a été consacré à l’acoustique durable, pointant les innovations au service du confort sonore dans l’habitat et les espaces publics. Les intervenants ont présenté des solutions concrètes pour réduire la pollution sonore tout en améliorant la qualité de vie, intégrant les enjeux de la transition écologique.
Premier Week-End des Orchestres : musique pour tous
L’annonce la plus festive est peut-être celle du lancement du “Week-End des Orchestres”, programme inédit de concerts et ouvertures de répétitions partout en France les 24 et 25 janvier, destiné à valoriser la pratique musicale collective et à rapprocher artistes et publics.
Une Semaine du Son en mouvement
La conférence s’est terminée sur une note d’appel à la mobilisation : alors que la Semaine du Son proposera plus de 40 événements dans tout le pays, cet ensemble de démarches témoigne d’une ambition renouvelée de faire du son un objet politique et culturel central, au carrefour de la technologie, de la santé publique, de l’environnement et de la création.



