Jason Arday, photographié alors qu’il était professeur à l’université de Cambridge. Devenu à 37 ans le plus jeune professeur noir de l’histoire de l’institution, le sociologue britannique a été au cœur d’une violente controverse autour de son parcours académique avant de démissionner quelques jours avant sa mort, à 41 ans. © Photo publiée sur le compte X du New York Times

Jason Arday : la mort d’un symbole noir au cœur de la guerre culturelle britannique

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Il avait été le plus jeune professeur noir jamais nommé à Cambridge. Enfant, Jason Arday avait connu les difficultés d’apprentissage, les retards de langage et un parcours que rien ne destinait aux amphithéâtres de l’une des universités les plus prestigieuses du monde. Puis, à 37 ans, il avait atteint le sommet. Jusqu’à ce que son parcours soit méthodiquement passé au crible : thèse, publications, CV, exploits sportifs, enfance, engagements associatifs… Une offensive dont ses collègues noirs ont dénoncé le caractère racial et politique, dans un Royaume-Uni où l’extrême droite a retrouvé une puissance considérable et où la lutte contre le « wokisme » est devenue une arme de guerre culturelle. Accusé de plagiat, Jason Arday avait toujours contesté les accusations les plus graves. Quelques jours après sa démission de Cambridge, il a été retrouvé mort à Londres le 14 août, à 41 ans.

De l’enfant que l’on disait condamné à l’un des professeurs les plus scrutés du Royaume-Uni

L’histoire de Jason Arday avait tout d’un récit de revanche sociale. Né de parents ghanéens et élevé dans le sud de Londres, il avait raconté avoir été diagnostiqué enfant avec des troubles du développement, un autisme et des difficultés de langage et d’apprentissage. Il expliquait notamment n’avoir appris à lire et à écrire qu’à l’âge de 18 ans. Son parcours universitaire n’en fut que plus spectaculaire : doctorat obtenu en 2015 à Liverpool John Moores University, poste à Roehampton, passage par Durham puis Glasgow, avant son arrivée à Cambridge en 2023.

À 37 ans, il devenait ainsi le plus jeune professeur noir de l’histoire de l’université, et son parcours était rapidement devenu exemplaire. Sociologue de l’éducation, spécialiste des questions de race, d’inégalités et de représentation, Arday travaillait précisément sur les mécanismes qui empêchent encore les minorités d’accéder aux institutions les plus prestigieuses. Son arrivée à Cambridge était célébrée bien au-delà du monde universitaire, mais c’est aussi ce statut de symbole qui allait devenir, selon ses soutiens, le cœur du problème.

Car à mesure que sa notoriété augmentait, son parcours était soumis à une surveillance d’une intensité exceptionnelle. Des universitaires commencèrent à examiner ses publications, ses biographies institutionnelles et les récits qu’il avait lui-même donnés de son enfance, de ses performances sportives et de ses activités philanthropiques.

Alors, pourquoi si le fait d’avoir commis des erreurs académiques, son histoire était-elle disséquée avec une telle férocité ?

Pour répondre à la question il faut avoir en tête que son ascension n’était pas seulement celle d’un universitaire. Elle était la brèche dans une institution longtemps dominée par les élites blanches britanniques. Arday incarnait aux yeux de certains, la possibilité, pour un enfant noir du sud de Londres confronté aux difficultés scolaires, d’entrer dans l’une des institutions les plus fermées du pays, et c’est précisément ce statut symbolique qui allait, selon de nombreux universitaires noirs, rendre sa chute particulièrement spectaculaire.

Le plagiat, point de départ d’une tempête qui ne s’est plus arrêtée

Le premier dossier sérieux concernait sa thèse de doctorat soutenue en 2015. En juillet 2026, le philosophe Nathan Cofnas publiait sur sa newsletter Substack DEI Fraud and Cover-Up at Cambridge une longue analyse de la thèse d’Arday. Il affirmait avoir identifié des dizaines de passages très proches, voire reproduits, d’une thèse soutenue en 2009 par Paula Zwozdiak-Myers à Brunel University London. Cofnas recensait notamment 36 exemples de copies verbatim ou de paraphrases étroites.

Selon l’enquête de Retraction Watch, Times Higher Education préparait depuis septembre 2025 un article consacré aux soupçons pesant sur plusieurs travaux d’Arday. Le média avait alors sollicité l’intéressé, et celui-ci avait fait intervenir le cabinet d’avocats Carter-Ruck, spécialisé dans les affaires de diffamation. Times Higher Education avait finalement renoncé à publier son enquête.

Le dossier était donc plus complexe qu’une simple accusation apparue sur les réseaux sociaux. Mais il est tout aussi important de ne pas transformer des allégations en condamnation, car Arday niait avoir plagié intentionnellement. Il reconnaissait des erreurs dans certains travaux et expliquait notamment que son parcours d’apprentissage et son manque de supervision avaient pu contribuer à des problèmes de citation ou de méthode.

Surtout, Liverpool John Moores University, l’établissement où il avait obtenu son doctorat, avait réexaminé son dossier et confirmé en 2026 sa décision de lui attribuer le diplôme. Autrement dit, au moment de sa mort, il n’existait pas de décision établissant qu’il était un « fraudeur académique » au sens où certains de ses détracteurs l’affirmaient.

Dans le monde académique, il est parfaitement légitime de contrôler le travail d’un universitaire, mais la question soulevée par ses défenseurs est la suivante : pourquoi cette affaire a-t-elle pris les dimensions d’une entreprise de démolition publique ?

Nathan Cofnas, de la controverse sur le racisme à la traque de la thèse

Au centre de cette séquence apparaît un personnage déjà connu des milieux universitaires britanniques : Nathan Cofnas. Philosophe et chercheur en philosophie de la biologie, Cofnas avait été au cœur d’une polémique à Cambridge en 2024 après des publications jugées racistes par des étudiants et des universitaires. Son affiliation avec Emmanuel College avait été rompue. Cambridge avait ensuite mené une procédure disciplinaire, qui n’avait finalement pas abouti à une sanction contre lui.

En juillet 2026, Cofnas publiait sur Substack un long texte consacré à Jason Arday. Il y examinait notamment sa thèse de 2015 et mettait en avant des passages qu’il considérait comme plagiés. Il accusait également l’université d’avoir protégé son professeur. La polémique était lancée. Cofnas n’était d’ailleurs pas le seul à s’intéresser au dossier. Times Higher Education avait enquêté sur les accusations dès septembre 2025. L’affaire avait alors été suffisamment sensible pour que le média renonce à publier son enquête après l’intervention des avocats d’Arday. Retraction Watch a ensuite révélé l’existence de cette enquête abandonnée.

Autoproclamé « réaliste racial » et pourfendeur du « wokisme », Nathan Cofnas s’était pourvu en justice à la suite de son éviction de l’université, intervenue après la publication de propos affirmant que, dans une « véritable méritocratie », les personnes noires disparaîtraient de presque tous les postes à responsabilités, à l’exception du sport et du divertissement. Défendant l’idée que les « talents » ne seraient pas « distribués également entre les différents groupes de population », il soutient notamment que les Blancs seraient, en moyenne, plus intelligents que les autres groupes et qualifie de « guerre contre la nature » toute contestation de cette thèse. Désormais chercheur à l’université de Gand, en Belgique, Cofnas y a été nommé en mai, une arrivée qui a suscité une vive controverse.

Mais l’intervention de Cofnas allait donner à l’affaire une dimension idéologique supplémentaire. Car derrière la question de l’intégrité académique se profilait désormais un affrontement sur la place des politiques de diversité, d’équité et d’inclusion — les fameux DEI — dans les universités britanniques. Et Arday, professeur noir dont les travaux portaient précisément sur les discriminations raciales, se retrouvait transformé en incarnation de tout ce que la droite culturelle britannique entendait combattre.

Le problème n’est pas qu’Arday ait été critiqué. C’est ce que l’on a fait de lui

C’est ici que la question du racisme devient centrale. Parmi les universitaires noirs qui ont pris la défense de Jason Arday, certains reconnaissent des problèmes dans son travail. Mais ils décrivent une différence fondamentale entre la critique académique d’un travail et la mise en accusation publique d’un individu noir transformé en symbole.

Le Guardian a recueilli les témoignages de plusieurs universitaires noirs après sa démission. L’un d’eux résumait ainsi le sentiment partagé dans son milieu : lorsqu’une personne blanche commet une erreur, elle est généralement considérée comme un individu ayant commis une erreur ; lorsqu’une personne noire en commet une, son échec risque de devenir une preuve contre la présence même des personnes noires dans ces institutions.

Le sociologue Kehinde Andrews, premier professeur d’études noires du Royaume-Uni, est allé plus loin. Il évoque une campagne de dénigrement « coordonnée » menée par la droite, et estime que l’affaire reposait sur l’idée particulièrement implicite que les personnes noires ne seraient pas à leur place dans les universités d’élite. Il reconnaît lui-même l’existence de « problèmes » dans certains travaux d’Arday, mais considère qu’ils ne suffisent pas à caractériser un plagiat.

Le sociologue Paul Gilroy, figure majeure des études sur la race et la culture britannique, a également dénoncé le rôle des « culture warriors » et des critiques racistes dans une affaire qui, selon lui, menace désormais l’ensemble des universitaires noirs.

Arday avait-il le droit de faire des erreurs ? Bien sûr que oui comme c’est le cas dans bien des cas. Mais alors, pourquoi les erreurs d’un universitaire noir ont-elles été transformées en procès politique de la présence noire dans l’université ?

Des plagiaires blancs, des scandales oubliés

La comparaison est devenue l’un des arguments majeurs des défenseurs d’Arday. Sur BBC Newsnight, le 14 août, la députée travailliste Bell Ribeiro-Addy, qui connaissait Jason Arday, a dénoncé une « chasse aux sorcières » médiatique. Pour illustrer ce qu’elle estime être un traitement à deux vitesses, elle a cité les cas de William O’Reilly, Ross Holmes, David Lachman et Nicola Morrison, des universitaires accusés ou reconnus coupables de plagiat ou de manipulation de données, dont certains avaient pourtant poursuivi leur carrière. « La différence entre eux et lui, c’est qu’ils étaient blancs », résumait-elle.

La journaliste et universitaire Afua Hirsch, qui avait travaillé avec Arday, a elle aussi replacé l’affaire dans une histoire beaucoup plus longue de traitement différencié des universitaires noirs.

Elle rappelait notamment le cas du poète Benjamin Zephaniah, à qui Cambridge avait envisagé d’accorder une fonction universitaire en 1987. L’annonce avait déclenché une violente campagne de la presse conservatrice britannique, notamment du Sun et du Daily Mail, qui s’étaient déchaînés contre cet homme noir, rastafari, ancien délinquant et sans diplôme.

Le parallèle est brutal et les histoires sont presque similaires. Près de quarante ans plus tard, un autre homme noir arrivé à Cambridge par une trajectoire improbable devenait à son tour la cible d’une campagne médiatique particulièrement agressive.

Et Afua Hirsch ajoute : combien de scandales impliquant des universitaires blancs — plagiat, népotisme, violences sexuelles ou fautes professionnelles — avaient-ils suscité une telle mobilisation nationale ?

Une Grande-Bretagne où le racisme a changé de visage

L’affaire Arday survient dans une Grande-Bretagne où l’extrême droite est redevenue une force de mobilisation de masse et où la question migratoire, l’islam, l’identité nationale et le rejet du « wokisme » structurent une partie croissante du débat public.

Le militant d’extrême droite Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, est devenu l’une des figures les plus visibles de cette nouvelle droite britannique. Ses rassemblements londoniens attirent désormais des dizaines de milliers de personnes.

Et son audience ne se limite plus aux frontières britanniques. Elon Musk, propriétaire de X, a publiquement soutenu Robinson et amplifié à plusieurs reprises ses prises de position sur l’immigration et l’identité britannique. En 2025 déjà, Musk avait participé à distance à un rassemblement organisé par Robinson. En 2026, son influence sur les débats britanniques autour de la race et de l’immigration a encore été documentée. Une analyse du Guardian a notamment montré l’ampleur considérable de la circulation de contenus racistes et anti-immigration sur X lors des violences survenues en Irlande du Nord en juin.

Le contexte est d’autant plus lourd que les violences et crimes racistes restent massifs au Royaume-Uni. Pour l’année se terminant en mars 2025, les autorités anglaises et galloises avaient enregistré 82 490 crimes de haine à caractère raciste, soit près des trois quarts de l’ensemble des crimes de haine recensés.

Dans cette atmosphère, la guerre contre le « woke » n’est pas une simple querelle sémantique. Elle sert à délégitimer les politiques de lutte contre les discriminations, les programmes DEI, les études sur le racisme et, plus largement, la progression de personnes issues de minorités dans des institutions historiquement blanches. Jason Arday est devenu, malgré lui, un dommage collatéral de cette guerre.

Une campagne qui ne s’est pas arrêtée à son travail

Ce qui frappe dans la séquence, c’est précisément son extension. Une fois la thèse passée au crible, ce sont les marathons qu’Arday disait avoir accomplis pour lever des fonds qui ont été examinés. Puis son enfance. Puis les récits autour de son handicap et de ses difficultés d’apprentissage. Il ne s’agissait plus seulement de demander des comptes à un professeur sur ses citations, il fallait démonter le personnage tout entier.

Le phénomène a profondément inquiété les universitaires noirs. Une centaine d’enseignants et chercheurs de Cambridge avaient demandé une enquête indépendante sur la manière dont l’affaire avait été gérée. Ils dénonçaient notamment les commentaires « toxiques et fréquemment racistes » qui accompagnaient la controverse et alertaient sur les dégâts infligés aux personnes de couleur au sein et autour de l’université.

Cambridge avait finalement accepté, le 12 août, une enquête indépendante sur les conditions de recrutement d’Arday en 2022 et sur son parcours au sein de l’université. Mais pour beaucoup de ses collègues, le mal était déjà fait.

« Une campagne de harcèlement » dénoncée jusque dans sa famille

Jason Arday avait démissionné de Cambridge quelques jours avant sa mort. Le vendredi 14 août, il était retrouvé sans vie dans son logement de Battersea, au sud de Londres. Il avait 41 ans. La Metropolitan Police a indiqué que sa mort était inattendue mais n’était pas considérée comme suspecte.

Aucune autorité n’a établi que la campagne médiatique avait causé sa mort, mais ses proches ont eux-mêmes fait le lien avec les mois de pression qu’il venait de subir. Dans un communiqué transmis par son éditeur Simon & Schuster UK, sa famille disait être « sous le choc » d’avoir perdu un père, un partenaire, un frère, un oncle et un fils. Elle dénonçait une campagne de désinformation et de harcèlement qui l’avait accompagné depuis son arrivée à Cambridge.

Son ami Simon Baron-Cohen, professeur et directeur de l’Autism Research Centre, a raconté avoir échangé avec lui le matin de sa mort. Arday lui avait fait comprendre qu’il ne se sentait plus capable de continuer. Baron-Cohen a insisté sur sa vulnérabilité depuis l’enfance et sur le besoin de protection et d’accompagnement qu’il aurait dû recevoir. « Je ne peux pas rester les bras croisés pendant qu’on frappe un homme à terre. Il s’agit de harcèlement incessant à l’encontre d’un homme autiste vulnérable, ce qui soulève des questions en matière de protection. Il est temps que ça cesse » avait-il déclaré auprès de la BBC.

Sadiq Khan, Bell Ribeiro-Addy, Daniel Kebede : les hommages et la colère

Après l’annonce de sa mort, les hommages ont rapidement afflué. Le maire de Londres, Sadiq Khan, a dénoncé un « harcèlement public » inacceptable et une campagne d’abus, estimant qu’Arday avait subi une humiliation publique que d’autres personnes dans une situation comparable n’auraient pas connue.

Le Premier ministre Andy Burnham a appelé à la réflexion, qualifiant sa mort de « tragédie à tant de niveaux » et invitant à s’interroger sur la manière dont les événements avaient pu conduire à cette situation.

La députée Bell Ribeiro-Addy, a évoqué une véritable « chasse aux sorcières médiatique » et insisté sur la dimension raciale de la séquence.

Daniel Kebede, secrétaire général du National Education Union, a dénoncé une destruction publique « brutale » qui avait, selon lui, libéré « une tirade de racisme ». Pour le dirigeant syndical, l’affaire n’avait jamais été simplement une question de « conduite professionnelle » ou de « plagiat ». Elle avait transformé Arday en symbole de tout ce que la droite britannique reproche aux politiques de diversité et d’inclusion.

Chez les universitaires noirs, Kehinde Andrews a dénoncé une campagne de dénigrement coordonnée. Paul Gilroy a également pris la parole pour dénoncer le rôle des « critiques racistes ». Et Afua Hirsch, qui connaissait professionnellement Arday, a averti que son histoire risquait désormais d’être utilisée par la droite pour tenter de faire reculer les politiques d’égalité raciale.

Même au-delà de ce camp, les réactions ont été fortes. Le député conservateur James Cleverly a lui aussi estimé que des institutions universitaires devaient répondre aux « questions sérieuses » sur la manière dont Arday avait été nommé puis exposé.

Le précédent Arday ne doit pas devenir une arme contre les Noirs

Il serait évidemment absurde de prétendre que les universitaires noirs devraient être dispensés de toute critique. L’égalité, précisément, suppose les mêmes exigences scientifiques pour tous. Mais l’égalité suppose aussi la même mesure.

Or c’est précisément ce que contestent aujourd’hui les universitaires noirs : non pas le droit de contrôler une thèse, mais la transformation d’un homme en spectacle public, la fouille de son existence entière et l’utilisation politique de chaque faille de son parcours. L’affaire est d’autant plus dangereuse qu’elle intervient dans un moment où les progrès de la représentation noire sont attaqués sur plusieurs fronts.

Afua Hirsch l’a résumé sans détour : “les Noirs ne demandent pas le droit de plagier, de mentir ou de falsifier leurs diplômes. Ils demandent simplement que leurs qualifications soient évaluées comme celles des autres, que leur travail soit pris au sérieux et qu’ils ne perdent pas des opportunités en raison de leur couleur de peau“.

Les erreurs académiques doivent être examinées, et les accusations doivent être vérifiées. Mais aucune erreur ne devrait transformer un homme noir en prétexte pour remettre en cause la présence de tous les autres. À Cambridge comme ailleurs, la question est désormais posée : qui a le droit à l’erreur, qui a droit au pardon, et qui doit porter sur ses épaules le poids de toute une communauté ?

Jason Arday n’aura pas eu le temps de voir la réponse. Mais son histoire risque, elle, de continuer longtemps à hanter les universités britanniques.

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