L’Afrique des solutions ne veut plus seulement être racontée. Elle veut être financée, accompagnée et déployée. C’est le pari affiché par la quatrième édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), qui se tiendra les 23 et 24 octobre 2026 à la mairie du XVIe arrondissement de Paris. Sous le thème « Génération solutions : l’Afrique qui crée, ose et transforme », l’événement entend réunir entrepreneurs, chercheurs, investisseurs, décideurs, médias et acteurs du changement autour d’un même objectif : faire émerger des solutions concrètes et leur donner les moyens de passer à l’échelle.
Derrière cette initiative se trouve Léonce Houngbadji, fondateur de la SAS, qui ouvrira officiellement cette quatrième édition le 23 octobre. Une ambition qui pose aussi les vraies questions business de l’initiative : quels financements pour passer du projet à l’entreprise ? Comment mesurer l’impact ? Comment pérenniser les partenariats ? Et surtout, comment transformer deux jours de rencontres en résultats économiques durables ? C’est précisément ce que nous avons voulu demander à son fondateur.

Entretien
Rapporteuses : Vous présentez la SAS comme une plateforme d’action et non comme une conférence supplémentaire. Quel est aujourd’hui son modèle économique et comment comptez-vous assurer sa pérennité financière ?
Léonce Houngbadji : La première chose à préciser est que la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) n’a pas vocation à devenir un événement qui dépendrait, année après année, de quelques sponsors pour exister. Notre ambition est plus structurante : construire dans la durée un écosystème économique, médiatique, intellectuel et relationnel au service des solutions africaines et afrodescendantes.
Le modèle économique de la SAS repose ainsi sur plusieurs piliers complémentaires : partenariats privés et institutionnels, contributions, adhésions et cotisations, offres destinées aux exposants et aux participants, prestations de communication et de production de contenus, publications professionnelles et littéraires, abonnements à nos plateformes médiatiques, formations, ainsi que programmes et initiatives développés dans la durée.
Cette diversification répond à une logique simple : nous ne voulons pas financer la SAS uniquement pour organiser la SAS. Nous voulons développer autour d’elle des activités capables de générer de la valeur, de renforcer son autonomie et de contribuer au financement de sa mission.
Depuis 2023, nous avons progressivement constitué un réseau réunissant entrepreneurs, innovateurs, créateurs, solutionneurs, médias, journalistes, communicants, investisseurs, chercheurs, universitaires, scientifiques, institutions, associations, fondations et talents. Ce réseau constitue aujourd’hui un capital relationnel important.
L’enjeu de la prochaine étape est de transformer ce réseau en écosystème actif et productif. Une rencontre doit pouvoir déboucher sur une collaboration ; une visibilité, sur une opportunité commerciale ; une compétence, sur la réponse à un besoin ; un projet, sur l’accès à un financement ; une innovation, sur un marché.
C’est cette capacité à créer des connexions utiles et mesurables qui doit progressivement constituer l’une des principales valeurs ajoutées de la SAS.
Cette dynamique dépasse par ailleurs le cadre parisien. La SAS est pensée comme une plateforme internationale, connectant la France, les pays africains et les diasporas. Les initiatives, les contenus, les formations, les rencontres et les programmes peuvent ainsi circuler entre plusieurs territoires et créer des passerelles durables entre les acteurs.
C’est pourquoi nous préférons parler de construction d’une infrastructure plutôt que de simple organisation d’un événement. Les quelques jours de programmation constituent la partie la plus visible de la SAS. Derrière cette vitrine se déploie un ensemble plus large : médias, production éditoriale, formations, publications, rencontres professionnelles, programmes de talents, expositions, dispositifs de mise en relation et mécanismes de valorisation des solutions.
Notre média Notre Voix (www.notrevoix.info), qui porte notamment cette dynamique éditoriale, enregistre aujourd’hui plus de 310 000 visiteurs par jour, selon nos données de fréquentation. Cette audience constitue un levier supplémentaire pour documenter les solutions, amplifier leur visibilité et créer des passerelles avec de nouveaux publics.
Notre objectif est donc de construire progressivement un cercle vertueux : identifier les solutions, les documenter, produire des preuves sur leur pertinence et leur impact, leur donner de la visibilité, les connecter aux compétences, aux marchés et aux capitaux dont elles ont besoin, puis suivre les résultats issus de ces connexions.
La pérennité économique de la SAS sera directement liée à notre capacité à démontrer cette valeur. Plus nous serons capables de créer des opportunités concrètes pour les acteurs de notre écosystème, plus nous pourrons développer des modèles économiques permettant de financer durablement cette infrastructure.
À terme, nous voulons que la SAS soit identifiée non seulement comme un rendez-vous annuel, mais comme une plateforme internationale permanente consacrée aux solutions africaines et afrodescendantes : un espace où l’on identifie, documente, connecte, accompagne et amplifie ce qui fonctionne.
Notre conviction est simple : pour permettre aux solutions africaines de changer d’échelle, il faut aussi construire autour d’elles les infrastructures de visibilité, de confiance, de compétences, de financement et de connexions qui rendent ce changement d’échelle possible. La SAS entend précisément contribuer à construire cette infrastructure.

Rapporteuses : La SAS veut faciliter l’accès au financement des projets africains. Quels types d’investisseurs souhaitez-vous attirer : fonds d’investissement, banques, corporate, business angels, institutions publiques ou philanthropes ?
L.H. : Nous ne cherchons pas un investisseur unique, mais le bon type de capital pour le bon type de projet. Une start-up technologique en phase de croissance n’a pas les mêmes besoins qu’une association qui développe un programme d’intérêt général, qu’une PME industrielle qui cherche à augmenter sa capacité de production ou qu’un projet culturel à fort impact social.
Nous voulons donc ouvrir la SAS à toute la chaîne du financement : fonds d’investissement, banques, business angels, family offices, entreprises, fondations, institutions publiques, bailleurs, philanthropes et diaspora investisseuse.
Mais attirer des financeurs ne suffit pas. Il faut aussi préparer les porteurs de solutions à leur parler. C’est pourquoi nous travaillons sur la qualité du pitch, la documentation de l’impact, la structuration des projets, la visibilité médiatique et la mise en relation ciblée.
Cette année, par exemple, dans le cadre de la SAS 2026, nous avons signé un partenariat stratégique avec InsurAngels, qui accompagne les startups à fort potentiel, notamment dans les domaines de l’assurance, de la finance numérique et des technologies émergentes, en leur offrant mentorat, structuration, accompagnement stratégique, mise en réseau et accès aux opportunités de financement.
Notre ambition est de réduire une double distance : celle qui existe entre une solution et son marché, mais aussi celle qui existe entre une solution et son financeur potentiel.
Rapporteuses : Comment sélectionnez-vous les solutions présentées ? Quels indicateurs utilisez-vous pour distinguer une innovation prometteuse d’un projet réellement capable de changer d’échelle ?
L.H. : Nous faisons une distinction fondamentale entre une bonne idée et une solution démontrée. Nous regardons d’abord le problème auquel le projet répond : est-il clairement identifié ? Quelles en sont les causes ? Ensuite, nous examinons la pertinence de la réponse, son caractère innovant, son modèle économique ou son modèle de pérennité, la qualité de son exécution et les premiers résultats disponibles.
Nous nous intéressons également à l’impact : combien de personnes sont concernées ? Quels changements sont effectivement observables ? Quels indicateurs permettent de les mesurer ? Quels sont les coûts ? Quelles sont les limites ? La solution peut-elle être reproduite ailleurs et à quelles conditions ?
Nous ne voulons surtout pas créer une vitrine de projets parfaits. Une solution sérieuse peut avoir des limites. Ce qui compte, c’est qu’elles soient identifiées, documentées et discutées.
C’est aussi le principe du journalisme de solutions que nous défendons : ne pas seulement montrer ce qui fonctionne, mais expliquer pourquoi cela fonctionne, avec quels résultats et jusqu’où cela peut fonctionner.

Rapporteuses : Vous annoncez la présentation de huit projets structurants et la mobilisation de financements pour leur déploiement. Quel montant global cherchez-vous à mobiliser en 2026 ?
L.H. : Nous avons volontairement choisi de ne pas annoncer un chiffre spectaculaire simplement pour donner une dimension financière à l’événement.
Notre priorité est de mobiliser des financements adaptés aux besoins réels des projets, et non de poursuivre un objectif de communication. Les huit projets qui seront présentés le 23 octobre prochain constituent une première sélection parmi une vingtaine de projets structurants portés ou accompagnés dans l’écosystème de la SAS.
Certains auront besoin de fonds d’amorçage, d’autres de partenaires industriels, de commandes, de financements publics, de mécénat, d’expertise ou d’investisseurs privés. Le montant pertinent doit donc être défini projet par projet. Ce qui est déjà fait.
Ce que nous voulons obtenir, ce sont des engagements qualifiés et traçables : une mise en relation qui débouche sur une négociation, un partenariat, une lettre d’intention, un financement, une commande, une expérimentation ou un accompagnement structuré. Pour nous, un financement n’a de valeur que s’il permet à une solution de franchir une étape concrète.
Rapporteuses : Le passage à l’échelle est au cœur de votre programme. Quels sont, selon vous, les principaux freins auxquels se heurtent aujourd’hui les entrepreneurs africains : financement, accès aux marchés, compétences, infrastructures ou réglementation ?
L.H. : Il serait trop simple de désigner un seul obstacle. Le problème vient souvent de l’accumulation de plusieurs fragilités.
Le financement reste évidemment déterminant, mais obtenir de l’argent ne résout pas tout. Une entreprise peut être financée et ne pas disposer des compétences nécessaires, d’un accès au marché, d’une chaîne logistique adaptée ou d’un environnement réglementaire favorable.
Le passage à l’échelle suppose donc cinq choses : un produit ou service pertinent, un modèle économique solide, des compétences, un marché et des partenaires capables d’accompagner la croissance.
C’est précisément pour cela que la SAS réunit ces acteurs dans un même espace. Nous voulons rapprocher le porteur de solution de celui qui peut investir, acheter, accompagner, former, médiatiser ou connecter.
La question n’est plus seulement : « Votre solution fonctionne-t-elle ? » Elle devient : « De quoi avez-vous besoin pour qu’elle fonctionne à une échelle dix fois, cent fois ou mille fois supérieure ? »
Rapporteuses : La diaspora africaine est présentée comme un réservoir de compétences et d’opportunités. Comment comptez-vous transformer concrètement cette diaspora en force d’investissement et de développement économique ?
L.H. : Nous devons d’abord sortir d’une vision réductrice de la diaspora africaine limitée aux transferts d’argent. La diaspora représente un capital beaucoup plus large : capital humain, entrepreneurial, financier, technologique, scientifique, commercial, culturel et surtout relationnel.
Un ingénieur installé en Europe peut apporter une expertise à un projet africain. Un entrepreneur peut ouvrir un marché ou créer une implantation. Un investisseur peut mobiliser des capitaux. Un chercheur peut contribuer à l’innovation. Un dirigeant peut faciliter une alliance stratégique. Un journaliste peut donner de la visibilité à une solution. Autrement dit, la diaspora ne doit pas seulement être considérée comme une source de financement, mais comme une force de production, de transmission et de connexion.
C’est précisément ce que nous cherchons à construire avec la SAS : des passerelles concrètes entre les talents africains et afrodescendants, les territoires africains et les marchés internationaux.
L’exemple d’Irokko illustre concrètement cette ambition. Saliou Diallo, entrepreneur guinéen établi au Canada et fondateur d’Irokko, développe des solutions à la croisée de la technologie, du climat et des enjeux de souveraineté en Afrique. Lauréat du Prix Afrique Solutions de la SAS en 2023, il a bénéficié de la visibilité et des connexions générées autour de cette reconnaissance. Cette dynamique a notamment contribué à l’ouverture d’opportunités en Afrique de l’Ouest, dont un contrat au Sénégal lié à un projet carbone structurant.
Ce type de trajectoire est important pour nous parce qu’il montre que la reconnaissance ne doit pas être une finalité. Un prix, une prise de parole ou une mise en lumière n’ont de véritable intérêt que s’ils peuvent produire des connexions, des contrats, des investissements, des partenariats, des emplois ou de nouveaux marchés.
C’est là que se situe la différence entre un événement qui rassemble et une plateforme qui construit un écosystème. Nous voulons que la visibilité soit le point de départ d’une chaîne de valeur.
La SAS identifie les solutions, les documente, les rend visibles, crée des occasions de rencontre et cherche ensuite à connecter les porteurs de projets aux compétences, aux investisseurs, aux entreprises, aux institutions et aux marchés susceptibles d’accélérer leur développement.
Et cette logique fonctionne dans les deux sens. Il ne s’agit pas uniquement de demander à la diaspora d’investir en Afrique. Il s’agit également de donner aux membres de la diaspora des moyens concrets de contribuer à des projets auxquels ils peuvent apporter leur expertise, leur réseau, leur technologie, leur capacité commerciale ou leur capital.
Notre ambition est donc de faire évoluer la relation entre l’Afrique et sa diaspora : passer d’une diaspora principalement contributrice à une diaspora coproductrice de solutions et d’opportunités.
À terme, nous voulons que chaque rencontre créée par la SAS puisse potentiellement produire une suite : une collaboration, un investissement, une implantation, une transmission de compétences, une ouverture de marché ou un projet commun.
Léonce Houngbadji
La diaspora n’est pas à côté de l’Afrique. Elle fait partie de son écosystème économique mondial. Notre rôle est de contribuer à organiser les passerelles pour que cette puissance dispersée puisse davantage se transformer en projets, en valeur et en impact sur le continent.
Rapporteuses : African Talent Impact 100 prévoit de connecter 100 talents à 100 mentors et 100 opportunités. Qui financera ce dispositif et comment mesurerez-vous ses résultats dans le temps ?
L.H. : African Talent Impact 100 est pensé comme un véritable dispositif de connexion et d’accélération. Le principe est simple : 100 talents, 100 mentors, 100 opportunités.
La SAS franchit ainsi une nouvelle étape : ne plus seulement reconnaître l’excellence africaine, mais l’activer, l’accompagner et la transformer en opportunités concrètes et en impact pour l’Afrique. Notre chaîne de valeur est claire : identifier, reconnaître, raconter, mentorer, former, connecter, financer, transformer, contribuer et transmettre.
Sur la question du financement, nous ne voulons pas faire reposer le dispositif sur un seul bailleur. Nous construirons progressivement un modèle partenarial et diversifié, associant entreprises, institutions, fondations, investisseurs, universités et acteurs de la diaspora, chacun pouvant contribuer financièrement ou en apportant des ressources, des expertises, des opportunités ou des réseaux. L’objectif est de financer non seulement le fonctionnement du programme, mais surtout les opportunités qu’il doit permettre de créer.
Le dispositif comprendra notamment un programme de mentorat panafricain, un répertoire numérique des talents africains de l’étranger, un parcours d’accompagnement allant du personal branding à la structuration de projets, ainsi qu’un Talent Lab Afrique consacré à l’innovation, à l’entrepreneuriat et au financement.
Mais nous voulons surtout éviter l’effet d’annonce. Un programme de talents n’a de valeur que s’il produit des trajectoires nouvelles. Nous mettrons donc en place un système de suivi dans le temps : nombre de talents accompagnés, mentorats effectivement engagés, emplois et stages obtenus, financements mobilisés, partenariats conclus, projets créés ou accélérés, accès à de nouveaux marchés et collaborations avec des organisations africaines.
Nous établirons un premier bilan à 12 mois, puis un suivi à 24 et 36 mois, afin de mesurer non seulement le nombre de connexions réalisées, mais surtout celles qui se sont transformées en opportunités et en résultats durables.
L’ambition est claire : passer d’une diaspora étudiante dispersée à une communauté mondiale de compétences identifiable, connectée et mobilisable, et faire du talent étudiant un véritable actif stratégique pour l’Afrique.
Rapporteuses : Vous réunissez à la SAS des entrepreneurs mais aussi de grands dirigeants, investisseurs, médias et décideurs. Comment transformez-vous ces rencontres en contrats, investissements, emplois ou partenariats effectivement signés ?
L.H. : Un networking efficace ne consiste pas à réunir mille personnes dans une salle et à espérer que les bonnes rencontres se produisent. Il faut préparer les connexions : identifier les besoins, les expertises, les offres, les intérêts communs et les acteurs capables de créer une valeur réciproque.
C’est pourquoi nous voulons progressivement passer d’un networking de volume à un networking de pertinence, fondé sur le matching : qui cherche quoi ? Qui peut apporter quoi ? Quelle rencontre peut répondre à un besoin précis et déboucher sur une opportunité concrète ?
Mais le véritable enjeu commence après la rencontre. Une rencontre n’est pas encore un résultat. Elle le devient lorsqu’elle produit une action. Nous voulons donc documenter les suites : contrats, partenariats, investissements, expérimentations, recrutements, formations, commandes, collaborations ou accès à de nouveaux marchés.
C’est cette culture de l’« après-SAS » que nous voulons installer : préparer les connexions en amont, faciliter les rencontres pendant l’événement et suivre leur concrétisation dans les mois qui suivent.
Léonce Houngbadji
Et cette dynamique est déjà engagée. À moins d’un mois de la SAS 2026, une dizaine de partenariats potentiels sont actuellement en préparation, avec l’objectif de concrétiser les accords qui auront abouti le 24 octobre 2026. Cela montre que la SAS veut progressivement passer de la mise en relation à la création mesurable de valeur.
Rapporteuses : Vous insistez beaucoup sur la mesure de l’impact. Quels indicateurs permettront, dans un an ou cinq ans, de déterminer si la SAS a réellement contribué au développement des entreprises et solutions accompagnées ?
L.H. : Nous devons apprendre à mesurer notre propre impact avec la même exigence que nous demandons aux solutions que nous valorisons.
Nous suivrons plusieurs niveaux d’indicateurs : le nombre de solutions identifiées et documentées, les financements mobilisés, les partenariats conclus, les marchés ouverts, les emplois créés ou consolidés, les personnes accompagnées, les médias mobilisés, les journalistes formés, les contenus produits et les projets effectivement passés à une nouvelle étape de développement.
Mais il y aura également des indicateurs qualitatifs : amélioration de la gouvernance, structuration du modèle économique, accès à de nouveaux marchés, acquisition de compétences, renforcement de la crédibilité ou développement de réseaux internationaux.
Léonce Houngbadji
Nous voulons surtout éviter une erreur fréquente : confondre visibilité et impact. Faire parler d’un projet est utile. Mais si, un an plus tard, cette visibilité n’a produit ni financement, ni marché, ni compétence, ni partenariat, ni changement mesurable, il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître. Notre responsabilité est donc aussi de mesurer ce que la SAS apporte réellement.
Rapporteuses : Au-delà de l’événement parisien, quelle entreprise ou quel écosystème souhaitez-vous avoir construit autour de la SAS dans cinq ans ?
L.H. : Dans cinq ans, je ne veux pas que l’on parle seulement de la SAS comme d’un événement organisé à Paris chaque année.
Je veux que l’on parle d’un écosystème international des solutions africaines et afrodescendantes, capable d’identifier les innovations, de les documenter, de les connecter aux médias, aux marchés, aux compétences et aux capitaux, puis de suivre leur trajectoire.
Léonce Houngbadji
Nous voulons construire une infrastructure composée de plusieurs briques : un réseau international de solutionneurs, un réseau de médias et journalistes de solutions, des programmes de formation, des espaces de mise en relation, des publications, des dispositifs dédiés aux talents, des outils de visibilité et, progressivement, des mécanismes permettant de rapprocher plus efficacement les projets des financeurs.
Notre ambition n’est pas de devenir un énième sommet consacré à l’Afrique. Nous voulons contribuer à créer un marché de la visibilité, de la confiance, de la connaissance et du financement autour des solutions africaines.
Car le véritable changement de récit ne consiste pas simplement à dire que l’Afrique a des solutions. Il faut pouvoir les montrer, vérifier ce qu’elles produisent, comprendre ce dont elles ont besoin, connecter ceux qui peuvent les accompagner et suivre leur passage à l’échelle.
C’est le sens de cette quatrième édition. L’Afrique ne manque pas de solutions. Elle dispose d’entrepreneurs, de chercheurs, d’innovateurs, d’agriculteurs, d’ingénieurs, de journalistes, de créateurs, d’associations et de talents qui construisent déjà des réponses.
La question désormais est de savoir comment mieux les révéler, financer, connecter et déployer. La SAS 2026 veut précisément se situer à cet endroit : entre le récit et l’action, entre la visibilité et le marché, entre l’idée et son impact.
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