Des sabots qui fendent l’herbe, des maillets qui claquent, et le panache d’un sport trois fois millénaire : le Domaine de Chantilly déroule sa pelouse pour l’Open de France de polo, du 1er au 17 septembre. Vingt-troisième édition pour ce tournoi aussi élégant que stratégique, avec cette année, pas moins de 18 équipes internationales, 40 joueurs suréquipés, dont 14 parmi les meilleurs du monde. Sur les terrains de la Ferme d’Apremont, l’élite mondiale s’élance dans une chorégraphie millimétrée au rythme des galops.
À peine auréolée de son titre de championne du monde d’Arena polo en Argentine, la France remet les crampons, plus motivée que jamais à briller. Chantilly s’impose comme une Mecque du polo, au même titre que Deauville ou Saint-Tropez. Un triptyque très « Riviera + équitation », où le polo rime avec tradition, compétition et montures de prestige.
La crème de la crème sur la pelouse
Sur le terrain, le gotha du polo : Nico Pieres, superstar argentine au palmarès vertigineux, mais aussi les prodiges Juan Martin Zubia ou Rufino Bensadon, visages juvéniles, bras de fer, jeu léché. Six nations seront en lice : Argentine, Angleterre, Suède, Allemagne, Pays-Bas et bien sûr 13 équipes françaises qui comptent bien faire plus que de la figuration.
« L’Open de France a quelque chose de spécial. J’ai grandi ici, et c’est incroyable de voir comment le club s’est amélioré année après année », souffle Rufino Bensadon, entre deux montures.
Polo : les racines dans l’Antiquité, le galop dans l’avenir

Né quelque part en Perse, 2 500 ans avant Jésus-Christ, le polo n’a pas toujours rimé avec garden-party. D’abord entraînement militaire pour les unités de cavalerie royale, il a dérivé vers les salons dorés des élites. Surnommé « sport des rois », il devient olympique en 1900, puis en 1908, 1920, 1924 et 1936. Depuis ? Disparu des radars olympiques, mais pas des paddocks de prestige.
Paris 2024 n’a pas prévu de chukker au programme, mais un hommage est prévu pour marquer le centenaire de l’édition 1924. L’Argentine, dernière nation médaillée, continue de dominer les débats. Aujourd’hui, le polo est joué dans 84 pays, mais seuls une dizaine font du très haut niveau, dont la France. Le cœur du jeu bat toujours du côté de Buenos Aires, avec ses trois tournois mythiques qui électrisent la planète maillet.
Chevaux argentins, reines du terrain
Dans cette valse sportive, le vrai héros reste le cheval. Et pas n’importe lequel : la crème des juments argentines, élevées pour leur intelligence et leur agilité. On dit qu’elles apprennent plus vite que les mâles, et sur la pelouse, ce sont elles qui mènent la danse. Pour une rencontre de haut niveau, un joueur a besoin de 4 à 8 chevaux, chacun ne jouant que 2 à 3 minutes d’affilée. Une rotation digne d’un relais olympique, qui impose rigueur, complicité, et trois ans d’éducation avant de fouler l’herbe sacrée.
Les femmes aussi dans la mêlée

Du 12 au 17 septembre, place aux reines du polo, avec la 12e édition du tournoi féminin. Moins connu, mais tout aussi spectaculaire, ce tournoi dédié rassemble 8 équipes, dont les meilleures joueuses du monde. La France aligne une team d’élite avec Nina Clarkin, Lía Salvo ou Hazel Jackson.
« Le polo féminin évolue vite, et c’est superbe de voir les Françaises monter en puissance », confie Nina Clarkin, sans faux-semblant.
Dress code : bottes cirées et Moët & Chandon
Point d’orgue du tournoi, le dîner officiel du 15 septembre aura lieu au Potager des Princes, joli bijou de Chantilly devenu jardin japonais sous influence zen. Ce « vendredi du Polo » s’annonce résolument caliente : bar Moët, grillades à l’argentine (la fameuse asado, et la picada en mise en bouche), puis soirée dansante avec DJ au bord du terrain. Champagne, tango, et peut-être un ou deux swings de fin de soirée.
Polo Club, Domaine de Chantilly La Ferme d’Apremont, 60300 Apremont 03 44 64 04 30 poloclubchantilly.com