Entre les lignes, ça crépite. Claudia Tavares écrit comme on survit : avec le sang chaud, la mémoire lourde et les cicatrices bien en vue. Dans ses romans, il n’y a pas de fioritures, juste la vie, brute et trempée dans l’encre noire de la douleur et de l’espoir. Franco-brésilienne au verbe affûté, elle mêle le geste élégant d’une styliste à la rage d’une témoin qui n’a rien oublié.
Des mots contre les ombres
Palmeira dos Índios, Brésil : l’enfance de Tavares se construit dans les livres, ceux qui ouvrent des fenêtres et ceux qui cognent. Hugo, Flaubert, mais aussi les voix qui grattent le vernis et montrent la rouille. En 1987, elle balance son premier roman, La Femme inachevée. Pas un simple coup d’essai : un tir direct. Pédophilie, intolérance religieuse, dictature militaire – le texte dérange, secoue, refuse le confort des phrases tièdes.
Retour de flamme
Il faudra quinze ans pour que la flamme remonte à la surface avec Circonstances atténuantes. L’écriture y claque comme un verdict : pas de prescription pour les blessures, pas d’amnistie pour l’injustice. Entre révolte et tendresse, elle y creuse la veine d’un humanisme indocile.
L’exil comme matière brute

En 2017, L’Exclue achève d’installer Tavares dans le paysage : elle tisse l’intime et l’universel avec le même fil tendu. La Volonté d’exister (2021) poursuit la route : des personnages cabossés, mais debout, traversant les orages avec cette obstination qui ressemble à de la grâce.
La littérature… et la samba
À Nice, elle ouvre O Corcovado, restaurant comme un bout de Rio posé sur la Côte d’Azur. Entre deux services, elle écrit. Entre deux phrases, elle danse. Claudia Tavares, c’est ce pont vivant entre le Brésil incandescent et une France qui ne sait plus toujours rêver.
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crédit : Eric FOUGERE (@eric.fougere) • Photos et vidéos Instagram